Posts Tagged ‘relativisme’

Dans la tête de Monsieur Tout-le-monde

juin 26, 2009

Ou celle de l’opinion publique.

1984

Il s’arrêta un instant en haut de l’escalier. De l’autre côté de l’allée, il y avait un petit bistrot sale dont les fenêtres paraissaient couvertes de givre, mais qui étaient simplement en réalité, enduites de poussière.

Un très vieil homme , courbé, mais actif, dont les moustaches blanches se hérissaient comme celles d’une crevette, poussa la porte tournante et entra.

Tandis que Winston le regardait, il lui vint à l’idée que le vieillard, qui devait avoir au moins quatre vingt ans, était déjà un homme mûr au moment de la révolution. Lui, et quelque autres comme lui, étaient les derniers liens existant actuellement avec le monde capitaliste disparu. Dans le parti lui-même, il ne restait pas beaucoup de gens dont les idées avaient été formées avant la Révolution. La vieille génération avait en grande partie été balayée au cours des grandes épurations qui avaient eu lieu entre mil neuf cent cinquante et mil neuf cent soixante dix. Le petit nombre de ceux qui avaient survécu  avait depuis longtemps été amené, terrifié, à une complète abdication intellectuelle. S’il y avait quelqu’un au monde capable de faire un exposé exact des conditions de vie dans la première partie du siècle, ce ne pouvait être qu’un prolétaire.

« Parlez-moi de votre vie quand vous étiez petit garçon. A quoi ressemblait-elle à cette époque ? Les choses étaient-elles meilleures qu’à présent ? [Lui demanderait-il]

[ Dans le bistrot :]

–  Vous avez dû voir de grand changement, depuis que vous étiez jeune, dit timidement Winston.

Les yeux bleus du vieillard erraient de la cible des flèches au bar et du bar à la porte, comme s’il pensait que c’était dans le bar que les changements avaient eu lieu.

– La bière était meilleure, dit-il finalement. Et moins chère ! Quand j’étais jeune, la bière blonde, nous l’appelions wallop, elle coûtait quatre sous la pinte. C’tait avait la guerre, bien sûr.

– Quelle guerre était-ce ? Demanda Winston.

– C’est tout des guerres, répondit vaguement le vieillard.

[Winston va chercher des bières afin de les lui offrir]

– Vous êtes  beaucoup plus vieux que moi, dit Winston. Vous deviez être déjà un homme fait quand je suis né. Vous pouvez vous rappeler comment était la vie avant la révolution. Les gens de mon âge ne connaissent réellement rien de ce temps-là. Nous pouvons seulement nous renseigner en lisant des livres, mais ce que disent les livres peut ne pas être vrai. Je voudrais avoir votre opinion là-dessus […] il y avait une oppression, une injustice, une pauvreté très grande…E c t [Winston expose ce qu’il sait].  Il y avait un  petit nombre de capitalistes qui buvaient du champagne, portait des hauts-de-forme.

Le visage du vieillard s’éclaira soudain.

– Haut de forme, répéta-t-il. C’est drôle qu’vous en parlez. La même chose m’est v’nu dans l’esprit, seul’ment hier, j’sais pas pourquoi. J’m’disais justement, y a du temps qu’j’ai pas vu un haut-de-forme. Tous partis, oui. La dernière fois qu’j’en portais un, c’étais à l’enterrement d’ma sœur. Et c’tait…non, j’pourrais pas vous dire la date, mais ça d’vait être y a cinquante ans. Bien sûr, on l’avait seul’ment loué pour la circonstance, vous comprenez.

– Ce n’est pas très important les hauts-de-forme dit Winston. Le point est que ces capitalistes et quelques hommes de loi et quelques prêtres qui vivaient d’eux, étaient des seigneurs de la terre. Tout était pour eux. Vous les gens ordinaires, les travailleurs vous étiez leurs esclaves…e c t [bestiaux, coucher avec vos filles…fouetter] Tous les capitalistes ne se déplaçaient qu’entourés d’une bande de laquais qui….

Le visage du vieillard s’éclaira encore.

Laquais, dit-il, ça c’est un mot qu’j’ai pas entendu’y a bien longtemps. Laquais, ça me ramène en arrière, vrai ! Ca m’revient, oh ! y a combien d’années, j’sais pas . Quelques fois j’allais à Hyde Park le dimanche e c t  […]

Winston avait l’impression de jouer aux propos interrompu. (sic)

–  Ce que je voudrai réellement savoir est ceci…dit-il. Pensez-vous que vous avez maintenant plus de liberté qu’a cette époque ? Est-ce que vous êtes davantage traité comme un être humain ?

[ réponse évasive]

– Et est-ce que c’était l’habitude, je répète seulement ce que j’ai lu dans les livres d’histoire, est-ce que c’était l’habitude que ces gens et leurs domestiques vous fassent descendre du trottoir dans le caniveau ?

– Un d’eux m’a poussé un’fois, dit le vieillard, j’m’en souviens comme si c’était hier. C’était l’soir des régates. L’était toujours bien tapageurs, les soirs d’régates, et j’rentre dans un jeun’type dans l’av’nue d’Shaftesbury. Tout à fait chic qu’i était. Chemise tuyau de poêle, par’dessus noir. Et comme y zigzaguait su’l’trottoir, J’lui ai rentré d’dans sans faire attention. L’dit : «  vous pouvez pas r’garder où vous allez non ? J’dis : «  vous l’avez acheté, l’bon sang d’trottoir ? «  L’dit : «………. e c t …..»

Un sentiment d’impuissance s’empara de Winston. La mémoire du vieil homme n’était qu’un monceau de détails, décombres de sa vie. On pourrait l’interroger toute une journée sans obtenir aucune information réelle

– Peut-être me suis-je mal exprimer, comment …[ la vie ? …en ce temps-là… ?  ]

[ Deux pages plus tard ]

« Ils se rappelaient un millier de choses sans importance : une querelle avec un collègue, la recherche d’une pompe à bicyclette perdue, l’expression d’un visage d’une sœur morte depuis longtemps, les tourbillons de la poussière par un matin de vent d’il y avait soixante dix ans, mais tous les faits importants étaient en dehors du champ de leur vision. Ils étaient comme les fourmis. Elles peuvent voir les petits objets, mais non les gros.»

1984 ; George Orwell; P 119 à 127

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Voilà ce qu’il reste dans la tête des gens ordinaires : des détails, des choses sans importance, des anecdotes qui les ont touchées personnellement…. !

Ils comprennent peu dans l’instant présent, par conséquent ils ne mémorisent pas,  ils n’apprennent pas, ils se souviennent de peu.

Moyens d’entrer dans les cœurs

juin 21, 2009

Le coté manipulatoire:

« Le vrai moyen d’apprendre à connaître les passions, c’est de les étudier dans son propre cœur. Tous les hommes en portent en eux-mêmes le germe plus ou moins développé, d’où naissent à peu près dans tous, les mêmes sentiments et les mêmes affections. Les uns s’en laissent dominer, les autres y résistent : c’est la différence de l’homme vertueux à celui qui ne l’est pas.

Imposez-vous donc la loi de descendre en vous-même, quand vous voudrez peindre les passions. C’est moi que j’étudie, disait Fontenelle, quand je veux connaître les autres.

Moyens d’entrer dans les cœurs

Maintenant par quelles avenues pénétrerons-nous dans le cœur de ceux que nous voulons émouvoir ? C’est ce qui demande encore un examen très réfléchi. Il faut employer tantôt la douceur et les promesses, tantôt la crainte et les menaces. Ici faites valoir des ruses innocentes ; là déployez la force ouvertement. Présentez à l’un l’appât des récompenses ; éblouissez les yeux de l’autre par l’éclat de la gloire. Couvrez celui-ci de confusion, lancez contre lui les traits du ridicule ; faites trembler celui-là par l’aspect des dangers, de la servitude, de la mort. On a comparé très ingénieusement l’orateur qui veut gagner les cœurs au général qui fait le siège d’une ville. On peut approfondir et étendre cette comparaison par la réflexion. Elle donne une idée plus juste de l’art admirable de triompher des cœurs par le talent de la parole, et du discernement exquis qu’il suppose dans l’orateur. »

Abbé Girard ; Préceptes de rhétorique

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« 121.  C’est par les passions que l’éloquence triomphe et qu’elle règne sur les cœurs. Celui qui sait les exciter à propos maîtrise à son gré les esprits, il les fait passer de la tristesse à la joie, de la pitié  à la colère. Aussi véhément que l’orage, aussi rapide que les torrents, aussi brûlant que la foudre, il tonne, il brille, il renverse tout par les flots de son éloquence.

123. Pour maîtriser les passions et les employer à propos, deux conditions sont nécessaires à l’orateur : il doit posséder lui-même certaines qualités personnelles, et, en second lieu, il doit connaître les ressorts qui servent à exciter ou à calmer les passions.»

Cours élémentaire de rhétorique. M l’abbé de Verniolles P 61

Délit d’opinion

juin 15, 2009

Christine Angot est caractéristique de l’extrêmisme de gauche, il est interdit, selon elle, d’avoir certaines opinions, elle s’indigne comme si Zemmour avait commis un délit :

Sous culture gauchiste

juin 4, 2009

Les thématiques sont les suivantes : nous, les blancs, les français blancs et chrétiens, avons colonisé et pillé l’Afrique, le moyen-âge était une période obscurantiste, notre religion est débile, nous avons mené des croisades et fait des guerres de religion, le commerce des esclaves, la tyrannie des rois de France e c t

Un post au hasard :

« Est-ce que le noir est un être vraiment humain? Telle était la question que nos élites de l’époque se posaient afin de justifier l’esclavagisme. Les Espagnols ont volé l’Amérique du Sud, les Indiens d’Amérique ont été réduit à des moins que rien en les abreuvant d’alcool. Je ne parle pas des Indiens, des Chinois, des Arabes et autres peuples qui ont du supporter notre arrogance. »

Ce ne sont pas leurs propres idées que ces gens mettent en avant, c’est ce qu’ils ont entendu, ce qui est dans l’air, dans l’air du temps, ce qu’ils saisissent au milieu du magma indifférencié en croyant qu’il s’agit de la vérité, s’en persuadant, et par suite, cherchant à en persuader quiconque.

Ces imbéciles ne font que répéter comme des perroquets ce qu’ils entendent, une illumination de science infuse leur descendant du ciel, ils s’imitent les uns les autres dans un besoin de repentance et de communion.

« L’un prenant exemple sur l’autre, la foule finit bientôt par leur ressembler » Aristote.

L’anticommunisme d’Aristote

mai 30, 2009

Définition:

« Ainsi on peut admettre que les citoyens échangent en commun enfants, femmes et biens, comme dans la république de Platon : Socrate y dit, en effet, que doivent être communs les enfants, les femmes et les acquêts; sur ce point faut-il donc préférer l’état de choses actuel ou suivre la législation décrite dans la république ? »

Principale objection :

« La formule proposée offre encore un autre  inconvénient, car on se préoccupe très peu de ce qui est commun au très grand nombre; on se soucie surtout de ses biens propres, mais moins des biens communs, si ce n’est dans la mesure de son intérêt personnel; on les néglige davantage, entre autres raisons, parce qu’un autre, pense-t-on, en prend soin : c’est ce qui arrive dans le service domestique, où de nombreux serviteurs font quelque fois moins de besogne qu’un nombre moindre. Si chaque citoyen a mille fils, ceux-ci ne sont pas les fils de chacun, mais le premier venu est également le fils du premier venu, si bien que tous s’en désintéresseront également. »

Aristote ; Politique ; livre II.

Le cas Wolton

mai 27, 2009

Du relativisme culturel


Wolton est un de ces étatistes qui pense que l’état est tout puissant, qu’il façonne l’homme selon son bon plaisir, que les lois font les hommes, qu’ils ne sont que le produit de la culture dans laquelle ils ont grandit.

S’il déplore que le conflit des tigres Tamoul soit aussi peu médiatisé, hypocrisie, c’est que ce conflit préfigure un peu trop un futur possible de la France.

Ses amis préfèrent le passer sous silence et éviter une reconnaissance éventuelle de culpabilité pour avoir mis en place et soutenu le système actuel qui pourrait finir en bain de sang.