Archive for the ‘Rhétorique’ Category

La vertu selon Aristote

septembre 4, 2010

Pour mettre fin aux errements qu’on peut lire sur internet à propos de la vertu, voici la définition qu’en donne Aristote dans l’Ethique à Eudème :

La vertu est une qualité qui tient le juste milieu entre deux défauts : un manque et un excès. Dans l’éthique à Eudème, la liste suivante est donnée :

MANQUE                         EXCES                               VERTU
Irascibilité                     Passivité                               Douceur
Lâcheté                        Témérité                                Courage
Impudence                   Pudibonderie                        Pudeur
Intempérance               Insensibilité                           Tempérance
Pas de nom                  Envie                                   Juste indignation
Cupidité                      Désintéressement                   Justice
Avarice                        Prodigalité                            Libéralité
Vantardise                   Ironie                                    Véracité
Haine                          Flatterie                                 Amitié
Arrogance                  Complaisance                        Gravité
Mollesse                     Austérité                                Endurance
Vanité                         Humilité                                Magnanimité
Mesquinerie                Ostentation                           Magnificence
Naïveté                       Fourberie                              Prudence

Il faut lire de cette façon : le courage est un juste milieu entre la lâcheté qui est un manque de courage, et la témérité qui est un excès de courage.
Le courage est une des  parties de la vertu.

Le mot vertu a pour racine le mot « vi », qui a donné en ancien Français le mot « vit », qui est le membre masculin; et le mot vir qui est le principe mâle ou le principe raisonnant ; c’est ce qui  caractérise l’homme ; ce qui fait la différence entre l’homme et la femme; c’est ce qu’a l’homme et n’a pas la femme.
Le vir c’est cette intelligence qui permet d’acquérir les qualités listées ci-dessus..
Cette explication est la même que celle donnée pour le mythe d’Adam et Eve. (voir catégorie religion.)

Aristote donne ensuite la brève explication suivante :

« L’homme irascible se met en colère plus qu’il ne faut, plus vite et dans plus de cas qu’il ne faut. L’homme passif connaît le défaut relativement aux cas et à la manière de se mettre en colère. Le téméraire ne craint pas ce qu’il convient de craindre au moment et de la manière qui conviennent. De même l’intempérant est plein de désirs, il connaît l’excès de tous les plaisirs possibles ; l’insensible est dans le défaut et ne désire même pas quand il vaut mieux désirer et où la nature l’exige : il est sans réaction, comme une pierre. L’homme amoureux du gain veut s’agrandir de tous les cotés ; le désintéressé ne tire d’argent de nulle part ou presque. Le vantard fait semblant d’avoir plus qu’il n’a, l’homme faussement humble moins. Le flatteur vous loue plus qu’il ne convient, le malveillant moins qu’il ne faut. Trop se plier aux volonté est de la complaisance, le faire peu et péniblement est de l’arrogance. Ne supporter aucune douleur même s’il vaut mieux en supporter, c’est de la mollesse, celui qui les supporte toutes également ne porte pas de nom en général, mais par métaphore, on le traite de souffre douleur, de misérabiliste.  Le vantard se juge digne de plus grandes récompenses qu’il n’en reçoit, le pusillanimes de moindres récompenses. Le prodigue connaît l’excès dans toutes les dépenses, l’homme sans prodigalité, est pour toutes, dans le défaut. De même aussi pour l’homme mesquin et le prétentieux : l’un dans son excès va au-delà des bienséances, l’autre dans son défaut est en deçà. Le fourbe s’enrichit de toutes les façons et par tous les moyens, le naïf n’utilise même pas les moyens qu’il faut.
L’envieux souffre d’un plus grand nombre de réussite d’autrui qu’il ne convient (ceux qui réussissent et le méritent peinent le jaloux par leur réussite), son contraire ne porte pas de nom, mais son excès se trouve dans cette absence de souffrance devant ceux qui réussissent indûment, ils se laissent faire, comme les gourmands devant la nourriture, tandis que l’autre est intraitable à cause de sa jalousie. »
Ethique à Eudème, Pocket, Agora

Cette liste est discutable, problème de traduction ou peut être certains mots ont-ils changé de sens depuis ? Par exemple :

« Trop se plier aux volonté est de la complaisance, le faire peu et péniblement est de l’arrogance. »

L’arrogance consiste à s’arroger des droits qu’on a pas; des droits sur autrui ; Se plier peu et péniblement aux volontés d’autrui est plutôt de la superbe ou de la fierté  …. Et ainsi de suite

Le raisonnement par les conséquents.

septembre 4, 2010

Admettons que nous soyons plongé dans un monde obscur, dans lequel nous ne puissions apercevoir aucune vérité, dans lequel il ne serait pas possible de mettre en relation une cause avec une conséquence.
Comment allons-nous gérer cette situation ? Une solution consiste à mettre en rapport ce qui se produit avant avec ce qui se produit après ; Ou, pour dire la même chose : à établir une corrélation entre un effet et ce qui l’a précédé ; sans qu’il n’y ait nécessairement une relation quelconque entre l’antécédent et le conséquent.
L’antécédent : ce qui se produit avant.
Le conséquent : ce qui se produit après.
De cette façon, nous ne serons assujetti à aucune vérité ; nous serons  dans un système relatif, souple, se basant sur ce qui se produit le plus souvent
Dans un premier temps il faudra tout mémoriser ;  ensuite analyser les conséquents, (les ressentis) et les différencier les uns des autres, puis faire des aller-retours dans la mémoire pour trouver les antécédents correspondants; faire une statistique de telle sorte a associer un antécédent avec son conséquent.
Par contre, nous serons assujetti à une contrainte de mémoire, car il va s’agir de retrouver dans le passé les antécédents et les conséquents. Le problème c’est la quantité de mémoire disponible, il faut tout stocker pour faire pouvoir ensuite faire des recall mémory et les comparaisons nécessaires.
Lorsqu’on voudra produire tel effet, il suffira de faire un recall mémory pour rappeler l’antécédent correspondant à l’effet désiré. Si on veut produire la colère, l’indignation, on recherchera ce qui les a produit dans le passé.

Si on se place dans le cadre de la rhétorique il s’agit d’associer une action avec une passion, ou si l’on veut un procédé avec le sentiment qu’il produit ; son effet.
La rhétorique fonctionne de cette façon, elle est la science du vraisemblable ;et le vraisemblable ce qui se produit le plus souvent; ce qui paraît vrai, et non ce qui est vrai. Nous ne sommes pas dans le domaine de la vérité, mais dans le relativisme, car la rhétorique s’occupe de ce qui paraît vrai au plus grand nombre.

Cette façon de raisonner qui consiste à établir une corrélation entre ce qui est avant et ce qui est après, donne lieu à plusieurs paralogismes : erreurs involontaires de raisonnement. Par exemple ceci c’est passé avant cela, ceci  est donc la cause de cela. Le passage de la comète canicule précédant les fortes chaleurs de l’été, elle en est la cause; ou autre exemple le paralogisme de fausse induction, d’un exemple ou deux, on généralise. Mais aussi cette façon de raisonner pourrait être à l’origine de ce travers de l’esprit que l’on trouve chez les gens de gauche et consistant à ne prendre en considération que les conséquents, c’est à dire les apparences des choses; et à ne raisonner qu’à partir de ces apparences, en refusant de remonter aux causes.

Les sophismes d’intérêt, d’amour-propre et de passion

septembre 18, 2009

A apprendre par cœur parce que les gens qui confondent la vérité avec leur intérêt , leur amour-propre ou la passion dans laquelle ils se trouvent, sont fa-ti-gants.

Et en voilà le résultat:

Books.google.fr Logique de Port Royal;  Page 237

Le sophisme du menteur

septembre 18, 2009

Logique Port Royal

Les sophismes de la manière

septembre 18, 2009

Logique de Port Royal

Logique de Port Royal;  page 257

Le jeu politique

septembre 9, 2009

Institution Oratoire

«Il y a des hommes que l’infamie a suivis au delà du tombeau : témoins Mélius, dont la maison fut rasée, et Marcus Munilus, dont le prénom fut retiré à toute sa postérité. Il en est d’autres que nous haïssons jusque dans leurs pères et mères. Des fondateurs de villes ont encouru un opprobre éternel pour avoir rassemblé en corps de peuple une horde funeste aux autres peuples : tel est le premier auteur de la superstition judaïque. La haine qu’on porte aux Gracques a passé jusqu’à leurs lois. Enfin il est certains crimes dont la solidarité pèse sur toute postérité : tel est cet attentat inouï commis par un Perse sur une femme de Samos. A l’égard des vivants, le jugement du public dépose des mœurs; et leur bonne ou mauvaise réputation justifie l’éloge ou le blâme. Il importe cependant suivant Aristote, de considérer le lieu où l’on parle; les mœurs et les croyances des auditeurs sont d’un grand poids dans la balance; car ils admettront sans peine les vertus, qu’ils aiment, dans celui qu’on loue, ou les vices, qu’ils haïssent, dans celui qu’on blâme. On aura donc soin de bien s’assurer, avant de parler, de l’état des esprits. On aura soin aussi d y mêler toujours des louanges pour l’auditoire, car c est le moyen d’être écouté favorablement : mais autant que possible, ces louanges devront tourner en même temps à l’avantage du sujet. L’étude des lettres sera louée plus sobrement dans Sparte que dans Athènes; mais en revanche, on y exaltera la patience et le courage. Certains peuples mettent leur honneur à vivre de brigandage; d’autres, à vivre selon les lois. L’éloge de la frugalité serait peut être odieux aux Sybarites, et chez les anciens Romains c’eût été un crime capital de faire l’apologie du luxe. La même diversité se retrouve dans les particuliers : un juge penche aisément pour celui en qui il suppose des sentiments conformes aux siens. Aristote donne un autre précepte, dont Cornélius Celsus s est emparé, mais pour le pousser à l’excès: c’est de profiter de l’espèce d’affinité qui existe entre les vices et les vertus, en faisant passer, au moyen d’un léger détour des mots, un téméraire pour brave, un prodigue pour libéral, un avare pour économe,:  et réciproquement ce que ne fera jamais l’orateur, c’est à dire l’homme de bien, à moins de quelque motif d’intérêt public.»

Quintilien; Institution oratoire; livre III; PAGE 111.

http://books.google.fr; Quintilien, Institution oratoire.

«On aura donc soin de bien s’assurer, avant de parler, de l’état des esprits. On aura soin aussi d y mêler toujours des louanges pour l’auditoire, car c est le moyen d’être écouté favorablement»

A mettre en relation avec les paroles de Georges Frêche : un homme politique, qu’il aime ou non ses électeurs, se doit de les flatter. Il doit dissocier ses sentiments, de la nécessité de convaincre les gens auxquels il s’adresse. Aristote, dans sa rhétorique, précise toujours que les auditeurs sont des gens simples, qui ne peuvent suivre un raisonnement qui part de loin. Il y a une part de double-jeu : de jeu d’acteur, en politique.

«Certains peuples mettent leur honneur à vivre de brigandage; d’autres, à vivre selon les lois.»

L’honneur est une valeur individuelle, c’est l’estime de soi-même. Il se rapporte à des valeurs personnelles, c’est ce que l’on s’interdit ou ce que l’on s’oblige de faire.

Détruire les préventions

septembre 5, 2009

Rhétorique: Recettes; Calmer les passions.

«Si le public est défavorablement prévenu, les préventions portent nécessairement soit sur la personne de l’orateur, soit sur l’affaire dont il parle, soit sur le discours. En outre ces préventions proviennent soit du présent, soit du passé. Dans le cas de la prévention venant du passé, si l’on est soupçonné de quelque mauvaise action, il faut utiliser d’abord l’anticipation à l’adresse des auditeurs et dire : « Je n’ignore pas moi-même les préventions dont je suis victime, mais je vais démontrer que ces préventions sont mensongères. » Il te faut ensuite, dans l’exorde, présenter succinctement une défense, si tu as quelque chose à dire en ta faveur, et discréditer les jugements. Car nécessairement, que les préventions soient en rapport avec une affaire publique ou privée, ou bien un procès a eut lieu ou bien il doit avoir lieu, ou bien les personnes qui ont porté l’accusation refusent d’aller en justice. Il faut dire alors que le procès a été injuste, et que nous avons été victime d’une cabale fomentée par nos ennemis. Si c’est impossible, il faut dire que l’infortune subie à ce moment-là est suffisante et qu’il est juste, quand une affaire a déjà été jugée, qu’on cesse d’être en but à des préventions défavorables pour les mêmes faits. Si le procès est en attente, il faut dire que tu es prêt à soumettre tout de suite les préventions qui pèsent sur toi au jugement de la présente assemblée et que, au cas où tu serais convaincu d’avoir commis quelque délit à l’encontre de la cité, tu te condamnes toi-même à la peine de mort. Si les personnes qui nous ont mis en cause ne nous poursuivent pas en justice, il faut faire de ce fait lui-même le signe d’une fausseté de leurs imputations, car il paraîtra invraisemblable qu’après avoir porté des accusations fondées, on ne veuille pas intenter de procès. Il faut aussi dans tous les cas condamner la calomnie, en montrant que c’est une chose terrible, qui atteint tout le monde, et qui cause de nombreux maux. Il faut faire apparaître également que beaucoup de gens déjà ont été brisés par la calomnie. Il faut aussi expliquer qu’il est sot, quand on délibère pour le bien public, de s’indigner du fait des calomnies de quelques uns. Il faut aussi promettre de démontrer la justice, l’utilité et la beauté de ce que tu t’es engagé à conseiller.

Voilà de quelle manière les victimes de préventions défavorables issues du passé doivent, dans les discours au peuple, détruire ces préventions.»

Rhétorique à Alexandre; Pseudo Aristote

La res publica

septembre 4, 2009

Rhétorique a Hérénius

Les figures de rhétorique sont des procédés qui permettent d’embellir le discours, de le rendre agréable. Dans le livre IV Cicéron donne une trentaine de figures de rhétorique.

* Pour illustrer l’inconstance, il utilise l’antithèse:

« XV. L’Antithèse résulte des contrastes entre les mots ou entre les pensées :

«  Vous vous montrez cléments envers vos ennemis, et implacables pour vos amis. – Quand tout est calme, vous vous agitez; quand tout s’agite, vous êtes calme. Pour une chose qui devrait vous laissez froid, vous êtes tout feu tout flamme; pour une chose qui réclame tout votre feu, vous êtes froid. Quand il faudrait vous taire, vous criez; quand il est convenable de parler, vous gardez le silence. Vous êtes ici, vous voudriez être ailleurs; vous êtes ailleurs, vous brûlez de revenir. En temps de paix, vous cherchez la guerre ; en temps de guerre, vous regrettez la paix. Dans l’assemblée du peuple, vous parlez du courage militaire; dans le combat, votre lâcheté vous rend insupportable le son de la trompette. »

* Pour illustrer le franc-parler aussi traduit par licence :

XXXVI. La Licence est une figure où l’orateur, sans offenser ceux qu’il doit respecter ou craindre, ni ceux qui leur sont chers, use de son droit pour leur reprocher des fautes qu’il se croit fondé à relever. Par exemple :

« Vous êtes surpris, Romains, que vos intérêts soient abandonnés par tout le monde; que personne n’embrasse votre cause et ne se déclare votre défenseur?  Ne vous en prenez qu’à vous-mêmes, cessez d’en être surpris. Comment, en effet, chacun ne devrait-il pas vous fuir ?  Souvenez-vous de ceux que vous avez eus pour défenseurs ; rappelez-vous leur dévouement; et considérez ensuite comment ils en ont été récompensés. Alors vous reconnaîtrez, pour vous parler sans détour, que votre insouciance, ou si vous voulez votre lâcheté, les a laissé massacrer sous vos yeux ; tandis que leurs ennemis sont arrivés, par vos suffrages, au faite des honneurs.»

Voici un autre exemple :

« Juges, quel motif avez-vous eu pour hésiter à prononcer votre sentence, et pourquoi renvoyez-vous l’affaire à plus ample information? Les preuves du crime n’étaient-elles pas assez manifestes? Les dépositions des témoins ne les confirmaient-elles pas toutes? ses réponses n’ont-elles pas été d’une faiblesse puérile? Avez-vous craint de passer pour des hommes cruels en condamnant le coupable dès la première audience? Mais en voulant échapper à un reproche qu’on aurait été bien loin de vous faire, vous avez mérité celui de faiblesse et de lâcheté; vous avez laissé fondre sur vous et sur l’État les plus grandes calamités; et lorsque des maux plus affreux vous menacent, toujours nonchalants, vous hésitez, vous restez là à bailler. Le jour, vous attendez la nuit; la nuit, vous attendez le jour. Chaque instant vous apporte quelque nouvelle funeste; et vous laissez parmi vous l’artisan de tous vos maux , vous le nourrissez dans votre sein ; tant que vous le pouvez, vous retenez dans Rome, , le fléau de la patrie. »

*********

Il y a une espèce de Licence, qui exige une plus grande habileté; c’est celle qui consiste à reprendre ceux qui nous écoutent, de la manière dont ils veulent qu’on les reprenne; ou à paraître craindre qu’on ne reçoive mal ce que nous savons bien qu’ils écouteront avec plaisir; et toutefois à déclarer que les intérêts de la vérité nous forcent à parler. Exemple du premier cas :

« Vous êtes, Romains, d’un caractère trop simple et trop facile; vous avez trop de confiance en tout le monde, vous croyez que chacun s’efforce de tenir ses promesses. Vous vous trompez, et, depuis longtemps, vous êtes abusés par de fausses espérances. C’est que, dans votre folie, alors qu’une chose était en votre pouvoir, vous avez mieux aimez la demander à d’autres que de la prendre directement. »

*********

(La figure de) L’Image est le rapport d’un objet avec un autre, exprimé par une espèce de similitude. On s’en sert pour l’éloge, ou pour le blâme. Pour l’éloge, comme dans cet exemple :

« Il marchait au combat, avec la force du taureau le plus  fougueux, et l’impétuosité du lion le plus terrible. »

Pour le blâme, et dans l’intention d’exciter la haine, l’envie ou le mépris; la haine, par exemple :

« Ce misérable qui, tous les jours, au milieu du forum, comme un dragon à crête, se glisse les dents aiguës, le regard empoisonné, l’haleine fétide; promenant sans cesse autour de lui ses  regards pour essayer de trouver une victime, sur laquelle sa gorge puisse lancer son souffle malsain, que sa gueule puisse toucher, ses dents mordre, sa langue couvrir de bave.»

Les réfutations sophistiques -3

août 12, 2009

Compléments

– Il faut que celui qui enseigne n’interroge pas mais donne lui-même les éclaircissements, tandis que c’est celui qui dispute qui doit seulement interroger.

– En outre réclamer une réponse par oui ou par non n’est pas le rôle de celui qui démontre, mais de celui qui procède à un examen critique. En effet la critique est une espèce de la dialectique, et a en vue non pas celui qui sait, mais celui qui ignore et prétend savoir.

– Ainsi le combat déloyal dans la discussion est l’éristique : car ceux qui sont résolus à vaincre de toute façon s’emparent de tous les moyens pour y parvenir. Ceux donc qui, pour le seul plaisir de la victoire, agissent ainsi, sont généralement considérés comme des gens disputeurs et querelleurs, tandis que ceux qui ont en vue d’acquérir cette réputation qui mène à gagner de l’argent sont des sophistes : car la sophistique avons-nous dit est une sorte d’art de tirer un profit pécuniaire d’une sagesse purement apparente, et c’est pourquoi les sophistes ne recherchent qu’une démonstration purement apparente. Au surplus ce sont les mêmes arguments qu’emploient les querelleurs et les sophistes, mais ce n’est pas en vue des mêmes fins ; le même argument sera sophistique et éristique, mais non sous le même rapport : en tant que ce qu’il vise est une victoire apparente, il sera éristique, et en tant que c’est une sagesse apparente, il sera sophistique, car la sophistique est une certaine sagesse apparente mais sans réalité.

– La dialectique procède par interrogation.

– C’est encore un principe élémentaire pour obtenir de l’adversaire qu’il énonce soit quelque erreur, soit quelque paradoxe, de ne jamais poser directement une question controversée, mais de prétendre qu’on interroge que par simple désir de s’instruire : car cette façon d’interroger donne du champ pour l’attaque.

– On doit argumenter à partir des désirs et des opinions déclarées.

– La critique est une espèce de la dialectique.

Sophiste célèbre

Sophiste célèbre

Les sophistes se sont fait journalistes, ils se sont vendu à l’oligarchie.

Les réfutations sophistiques – 2

août 11, 2009

Des différentes espèces d’arguments dans la discussion.

II

Il y a quatre genres d’arguments dans la discussion : les arguments didactiques,(1) dialectiques, (2) critiques et éristiques.

– Sont didactiques les arguments qui concluent à partir de prémisses propres à chaque discipline, et non des opinions de celui qui répond ; sont dialectiques les arguments qui concluent à partir de prémisses probables, à la contradictoire de la thèse donnée ; critiques ceux qui raisonnent à partir de prémisses qui semblent vraies à celui qui répond, et que doit nécessairement connaître celui qui se donne pour posséder la science(3) ; sont éristiques, enfin, les arguments qui concluent, ou paraissent conclure, à partir de prémisses, probables en apparence mais qui en réalité ne le sont pas (4) ; Les arguments démonstratifs ont été discutés dans les Analytiques, et les arguments dialectiques et critiques dans un autre traité (Topiques) ; parlons à présent des arguments litigieux et éristiques.

III

Les cinq buts de l’argumentation sophistique.

Il faut bien voir quels sont les buts que se proposent ceux qui luttent et qui s’étudient à vaincre dans les discussions. Il sont au nombre de cinq : la réfutation, l’erreur, le paradoxe, le solécisme, et en cinquième lieu, le fait de réduire son contradicteur à un pur verbiage. (5)

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1. Par exemple, les arguments politiques ici, sont didactiques.

2. La dialectique (dialogue) fonctionne par question – réponse, c’est typiquement les dialogues de Platon. Socrate, en effet, démontre à l’aide des prémisses probables concédées par ses adversaires, qu’ils ont tort.

Les prémisses probables sont du style : une mère aime ses enfants. Ceux qui ont souffert du mal haïssent toujours. Les amis se font toujours du bien. E c t

Socrate : une mère aime ses enfants ; es-tu d’accord ?

3. Critique « à partir de prémisses qui semblent vraies à celui qui répond » et uniquement à celui qui répond, non pas à tout le monde ; Ce sont donc des arguments « Ad Hominen ».

La critique aurait pour but de détromper. En transposant les choses aujourd’hui, on pourrait dire que la critique s’adresse à l’opinion publique : c’est le journalisme. Ceux-ci, en effet, argumentent – non pas en fonction de ce qui semble vrai à celui qui répond – mais en fonction de ce que croit l’opinion publique (c’est la même chose en raison des sondages), et dans le but avancé, prétendu, de détromper cette opinion.

Ce qui semble vrai à celui qui répond cela s’appelle :  son opinion.

4. Aristote fait un parallèle entre l’éristique et la sophistique. L’éristique cherche à vaincre dans une discussion par tous moyens : mauvaise foi, déni, mensonge…Le sophiste lui, s’il ment, veut surtout paraître sage.

5. Aristote fait ensuite une analyse en détail, mais c’est assez compliqué.

Les réfutations sophistiques

août 6, 2009

Définitions

I

Parlons maintenant des réfutations sophistiques (1), c’est-à-dire des réfutations qui n’en ont que l’apparence, mais qui sont en réalité des paralogismes (2) et non des réfutations. (3)

Cette confusion se produit en vertu d’une certaine ressemblance.

Le syllogisme (4) est un raisonnement dans lequel certaines prémisses étant posées, une conclusion en découle nécessairement, par le moyen des prémisses posées ; la réfutation est un raisonnement avec contradiction de la conclusion. (5) Or cela les sophistes ne le font pas mais paraissent seulement le faire.

Il existe et un syllogisme et une réfutation apparents et non réels. Et puisque certaines gens trouvent leur avantage à paraître sage plutôt qu’à l’être sans le paraître (car la sophistique est une sagesse apparente mais sans réalité, et le sophiste, un homme qui tire un profit pécuniaire d’une sagesse apparente mais non réelle), il est clair qu’il leur est nécessaire aussi de paraître faire œuvre de sagesse, plutôt que de le faire réellement sans le paraître. Et pour comparer les choses une à une, la tâche de celui qui sait c’est de ne pas dire soi-même de mensonges au sujet de ce qu’il sait et de pouvoir démasquer celui qui en dit ; et cette double tâche consiste, l’une à pouvoir donner la raison des choses, et l’autre à pouvoir la recevoir d’autrui. Il en résulte nécessairement que ceux qui veulent être sophistes doivent rechercher les arguments du genre dont nous venons de parler : cela pour eux en vaut la peine, puisque c’est une capacité de cette sorte qui fera paraître sage, et c’est là ce qu’ils se trouvent précisément avoir en vue.

Qu’ainsi il y ait un tel genre d’arguments, et que ce soit une capacité de ce genre que recherchent ceux que nous appelons sophistes, c’est là une chose évidente.

****

1.  Pour dire les choses autrement les réfutations sophistiques sont les âneries que les gauchistes répondent aux militants FN. Ici on s’intéresse aux réponses qui sont faites et en particulier  aux réponses fausses.

2. un paralogisme est un raisonnement faux, involontairement la plupart du temps,  (paralogisme : contre la logique) contrairement au sophisme : raisonnement volontairement faux dont le but est de tromper.

L’étymologie du mot sophiste est sophia: la sagesse. Ce sont des gens qui cherchent à paraître sages comme le dit Aristote.

3. Les sophistes ne font ni raisonnements véritables, ni réfutations véritables.

4. Un syllogisme est un raisonnement juste composé de deux prémisses et d’une conclusion. Des deux prémisses, la majeure est celle qui renferme la mineure.

Majeure : tous les hommes sont mortels.

Mineure : Socrate est un homme.

Conclusion : Socrate est mortel

Les syllogismes sont étudiés dans les analytiques ; On peut mettre les syllogismes en équation à l’aide des signes plus grand, plus petit, appartient, n’appartient pas, inclus, non inclus, inter e c t . . La théorie des ensembles est étudiée en mathématiques, classe de cinquième.

Mineure : Si la suisse est plus petite que la France.

Majeure : Si la France est plus petite que les Etats-Unis.

Conclusion : la Suisse est plus petite que les Etats Unis.

SI S < F et F< EU alors S < EU

5. la réfutation doit contredire l’énoncé de l’adversaire de façon définitive.

***

Les réfutations sophistiques font partie des cinq livres de l’organon d’Aristote, la logique, ce sont des livres ardus dont l’utilité n’est pas toujours évidente.

2- La suppression de la rhétorique

août 5, 2009

Tiré de : « L’art de parler » ; anthologie de manuel d’éloquence.

La mise à l’écart de l’art de parler, qui affecte l’enseignement secondaire et la formation des professeurs à l’école normale supérieure, affecte aussi l’enseignement spécial. Si l’Ecole Royale militaire (fondée en 1751 et souvent saluée par les encyclopédistes comme un modèle de progrès, refondée en 1803, notre Saint-Cyr) conserve entre 1790 et 1792, son cours d’éloquence (la Morale en action (2) des oratoriens Bérenger et Guibaud, 1783, réédité 160 fois jusqu’en 1794) à l’Ecole polytechnique, la question de son enseignement, au sein des belles lettres se pose en 1805. Il en sort le cours de 1806-07 dont la chaire est confiée à F. Andrieux. Le Cours est une déclaration d’intention (3) (complété par le neveu M Andrieux : Rhétorique française; 1825).  C’est la première formalisation d’un art d’écrire bureaucratique (le rapport) qui deviendra vite un style officiel de parole, processus inverse de la tradition – chez Aristote c’est le parler qui devient l’écrit – mais dans le droit fil rationaliste tiré depuis La Ramée, par Descartes et Condorcet. (4) C’est l’ancêtre du style énarque. (5)

1) Rhétorique à laquelle on donne des noms différents : éloquence, art de parler, art oratoire, dialectique parfois.

2) Livre à conseiller ou à retrouver (?) pour les personnes qui s’intéresse à la tradition.( Les deux grands auteurs classiques étudiés depuis l’antiquité sont Cicéron et Quintilien : institution oratoire en 12 livres.)

Après recherche, la Morale en action peut se lire ici, ce n’est pas un cours d’éloquence comme l’affirme l’auteur plus haut ( Salazar):http://books.google.fr/books?id=kX0DAAAAQAAJ&pg=PA1&dq=la+morale+en+action#v=onepage&q=&f=false

3) « le cours est une déclaration d’intention »

Cette phrase peut être prise en deux sens, dans le premier sens : le cours n’est pas réellement un cours de Rhétorique mais une déclaration d’intention de faire un cours de Rhétorique. Dans le deuxième sens, le cours de rhétorique est l’apprentissage des déclarations d’intentions. Regardez les discours politiques de Ségolène Royale ou Martine Aubry, ce sont des déclarations d’intentions : « Nous allons faire ceci – cela ».

4) C’est une volonté des révolutionnaires de supprimer la Rhétorique.

5) C’est Aurélie Filippetti la député socialiste, qui, sur Canal+ a donné une des règles pour répondre aux interviews, règles qui s’apprennent probablement à l’ENA : il ne faut répondre ni oui ni non, mais développer, même si la question n’appelle que la réponse oui ou non. C’est ici qu’est utile ce que les rhétoriciens appellent l’invention, ou l’art de trouver ce que l’on va dire, les arguments en général.

Les cinq qualités de l’orateur

août 5, 2009

Selon Cicéron, rhétorique à Hérénius.

J’enseignerai d’abord quelles sont les qualités nécessaires à l’orateur; je ferai voir ensuite comment il convient de traiter ces différents genres. Il faut dans l’orateur l’invention, la disposition, l’élocution(1), la mémoire et la prononciation(2). L’invention lui fait trouver les moyens sûrs ou vraisemblables d’assurer le succès de sa cause. La disposition est l’ordre dans la distribution des parties; elle lui indique la place où chacune doit être mise. L’élocution approprie aux idées fournies par l’invention les mots et les tours qui leur conviennent le mieux. La mémoire fixe solidement dans l’esprit les pensées, les mots et la disposition du discours. La prononciation fait nuancer avec grâce la voix, la physionomie et le geste. Nous avons trois moyens d’acquérir tous ces avantages : l’art, l’imitation, l’exercice. L’art, c’est l’ensemble des préceptes qui tracent la route de l’éloquence et enseignent à suivre cette route. L’imitation nous fait travailler avec un zèle intelligent pour ressembler à certains modèles. L’exercice est le continuel usage de la parole, et l’habitude qu’on s’en fait.

(1) L’élocution est l’embellissement du discours, l’ornement à l’aide des figures de rhétorique données à la fin du livre.

(2) La prononciation aussi appelé action, ce qu’on appelle aujourd’hui l’élocution, c’est la voix, le ton, les gestes.

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Pour les qualités telles qu’elles entendues aujourd’hui, voir la catégorie rhétorique et les moeurs oratoires, ici :

https://antidragon.wordpress.com/2009/06/22/des-moeurs-considerees-dans-l%E2%80%99orateur/


Buts de la rhétorique

août 3, 2009

Rhétorique à Hérénius

Car vraiment, il y a des avantages appréciables à savoir parler avec abondance, à être maître de sa parole lorsque c’est un jugement droit, (à être maître) du tact et de la méthode qui règlent l’emploi de ces qualités.

Le devoir de l’orateur est d’être en état de parler sur tout ce qui, de  par la coutume ou la loi, touche les rapports entre les citoyens, et de le faire en se conciliant, du mieux qu’il peut, l’assentiment de l’auditeur.

A compléter

Rhétorique à hérénius Ciceron

août 3, 2009

Synopsis du début du livre

Il y a trois genres de causes :

– Démonstratif – Délibératif – Judiciaire.

Cinq qualités de l’orateur :

– L’invention – La disposition –  L’élocution  – La mémoire-  L’action.

Trois moyens de les acquérir :

– Théorie – Imitation – Exercice.

Six parties dans un discours :

– Exorde – Narration – Division – Confirmation – Réfutation – Péroraison.

Quatre genres de la cause :

– Noble – Honteux – Douteux – Bas.

Deux sortes d’exorde :

– Direct – Par insinuation.

Trois cas où l’on ne peut employer l’exorde direct:

–  Si la cause a quelque  chose de honteux. – Si l’auditoire est gagné d’avance. – Si l’attention de l’auditoire est fatiguée.

Trois façons de préparer l’esprit des auditeurs :

– Eveiller leur attention, leur intérêt, leur sympathie.

Quatre moyen de se concilier leur sympathie :

– Parler de nous – Eloge – Parler de nos adversaires – Blâme. – Parler de nos auditeurs – Eloge. – Parler des faits même de la cause.

Trois genres de narration :

– 1) Exposé des faits – 2) Celle qui prépare à autre chose – 3)  Etrangère aux causes réelles :  elle a deux espèces: A) Relatives aux faits, elle a trois parties: le récit légendaire, l’histoire, la fiction, B) Relatives aux personnes : présenter les traits de caractère.

Trois qualités dans la narration:

– Brièveté – Clarté – Vraisemblance.

L’exorde

août 3, 2009

Cicéron; de l’invention :


«XV. L’Exorde est cette partie du discours où l’on essaye de préparer favorablement l’auditeur. On y réussit quand on parvient à lui inspirer de la bienveillance, de l’attention, de l’intérêt. Aussi l’orateur, pour faire un bon exorde, doit-il connaître parfaitement la nature de sa cause. Les causes sont honnêtes, extraordinaires, honteuses, douteuses ou obscures. La cause est honnête, quand l’auditoire est, de lui-même, et avant que nous prenions la parole, prévenu en notre faveur; extraordinaire, quand les esprits sont indisposés contre nous ; honteuse , si l’auditeur la dédaigne et n’y attache pas grand intérêt; douteuse, si le point à juger est incertain, ou si la cause, tout à la fois honnête et honteuse, prévient également pour et contre elle; obscure enfin, si elle se refuse à l’intelligence des auditeurs, ou si la multiplicité des incidents y répand de la confusion. Chacun de ces genres de causes si différents demande donc un exorde différent. Et d’abord, nous distinguerons en général deux sortes d’exordes : l’exorde direct, et l’exorde par insinuation. Le premier cherche ouvertement, et dès les premières paroles, à disposer l’auditoire à la bienveillance, à l’attention et à l’intérêt. L’insinuation se cache avec adresse, et, par des détours presque inaperçus, se glisse dans l’esprit de l’auditeur.
Dans une cause extraordinaire, si les esprits ne sont pas tout à fait indisposés contre vous, tâchez de vous les rendre favorables par l’exorde direct. Sont-ils violemment animés, vous êtes forcé de recourir & l’insinuation; car demander ouvertement à un homme encore irrité son indulgence et son amitié, c’est le plus sûr moyen, non seulement d’être refusé, mais de l’irriter encore et d’enflammer sa haine. Dans une cause honteuse, pour éloigner le mépris, il faut fixer l’attention de l’auditeur. La cause est-elle douteuse, si le point à juger est incertain, commencez par le point à juger; si elle est tout à la fois honnête et honteuse, pour vous concilier la bienveillance, ne la montrez que sous le jour le plus avantageux. Dans une cause honnête, vous pouvez omettre l’exorde, ou si vous le jugez à propos, commencer par la narration, par la citation de la loi, ou par quelque raisonnement solide pour appuyer vos paroles; ou, si vous voulez un préambule, employez les moyens de bienveillance pour achever de gagner votre auditoire. Dans une cause obscure, que l’exorde direct rende d’abord les esprits dociles et attentifs.»

http://remacle.org/bloodwolf/orateurs/invention1.htm

Rhétorique à Hérénius

IV. Il conviendra, par conséquent, que l’exorde soit approprié au genre de la cause. Il y a deux sortes d’exordes : le simple début, que les Grecs appellent προομιον, et celui qui se fait par insinuation, qu’ils nomment φοδος. L’exorde n’est qu’un simple début quand, dès l’abord, nous disposons l’esprit de l’auditeur à nous écouter; il a pour objet de nous le rendre attentif, docile, bienveillant. Si notre cause est douteuse, afin d’empêcher que ce qu’elle a de honteux ne puisse nous nuire, nous commencerons par attirer la bienveillance. Si elle est du genre bas, nous exciterons l’attention; si elle est honteuse, il faudra recourir à l’insinuation, dont il sera parlé tout à l’heure, à moins que nous n’ayons trouvé le moyen de capter la bienveillance en incriminant notre adversaire. Si elle est honnête, nous pourrons indifféremment faire usage du simple début, ou nous en passer. Si nous voulons l’employer, il faudra montrer en quoi la cause est honnête, ou bien exposer en peu de mots notre sujet. Si nous y renonçons, il sera nécessaire de faire valoir, en commençant, une loi, un écrit, ou quelque autre circonstance capable d’offrir à notre cause l’appui d’un argument irrésistible.

http://remacle.org/bloodwolf/orateurs/herennius1.htm

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Les quatre genres de la cause : Noble – Honteux – Douteux – Bas.

Noble: honnête, louable, digne d’être défendu.

Honteux : extraordinaire ou malhonnête, indigne, ne pouvant être défendu publiquement.

Douteux : lorsqu’il y a un mélange de noble et de honteux.

Bas : humble, sans intérêt.

Il y a des contradictions ou des ambiguités suivants les livres et les traductions.

Buts de l’exorde

août 3, 2009

1) Capter l’intérêt

Puisque nous voulons captiver l’intérêt, la bienveillance et l’attention de l’auditeur, nous allons indiquer les moyens d’y parvenir. Nous pourrons captiver son intérêt, si nous savons exposer rapidement le fond de la cause, et fixer son attention; car c’est nous témoigner de l’intérêt que de consentir à nous écouter. Nous commanderons l’attention en promettant de parler de choses importantes, nouvelles, extraordinaires, ou de faits qui regardent l’Etat ou l’auditoire lui-même, ou bien le culte des dieux immortels, en priant que l’on nous écoute avec soin, et en faisant l’énumération des points que nous allons traiter. Quant à la bienveillance, il y a quatre moyens de se la concilier, c’est de parler, ou de soi, ou de ses adversaires, ou de ses auditeurs, ou de la cause elle-même.

http://remacle.org/bloodwolf/orateurs/herennius1.htm

Se concilier la bienveillance / la sympathie

août 3, 2009

Rhétorique à Hérénius

Quant à la bienveillance (1) , il y a quatre moyens de se la concilier, c’est de parler, ou de soi, ou de ses adversaires, ou de ses auditeurs, ou de la cause elle-même.

V. Pour attirer la bienveillance en parlant de nous-même, nous ferons un éloge modeste de nos services; nous rappellerons notre conduite envers la république, envers nos parents, nos amis ou ceux même qui nous écoutent, pourvu que tous ces souvenirs se lient à notre cause. Nous pourrons tracer aussi le tableau de nos disgrâces, de nos besoins, de notre abandon, de nos malheurs; supplier les auditeurs de nous prêter secours, en leur témoignant que nous n’avons pas voulu placer en d’autres nos espérances. Nous obtiendrons la bienveillance en parlant de nos adversaires, lorsque nous en ferons des objets de haine, d’envie ou de mépris : de haine, en signalant dans leur conduite quelque trait d’infamie, d’orgueil, de perfidie, de cruauté, de présomption, de malice, de perversité, d’envie; en produisant au grand jour leur violence, leur tyrannie, leurs intrigues, leur opulence, leurs dérèglements, l’abus qu’ils font de leur noblesse, le nombre de leurs clients, de leurs hôtes, leurs liaisons, leurs alliances, et en prouvant qu’ils mettent plus de confiance dans ces avantages que dans la justice de leur cause; enfin, de mépris, en dévoilant leur ignorance, leur lâcheté, leur mollesse, leurs excès. On pourra se concilier la bienveillance en parlant des auditeurs, par l’éloge du courage, de la sagesse, de la douceur, de l’éclat de leurs jugements; par la considération de l’estime qu’ils vont mériter, de l’attente qu’ils doivent remplir. Le sujet lui-même appellera la bienveillance, quand nous exalterons la bonté de notre propre cause en méprisant celle de nos adversaires.

(1) dans une autre traduction, la bienveillance est appelée sympathie

http://remacle.org/bloodwolf/orateurs/herennius1.htm


Les quatres constitutions.

août 2, 2009

Aristote   384-322 av. J.-C;  Rhétorique. Livre I, 8

« I. La condition la plus importante, la principale pour pouvoir persuader et délibérer convenablement, c’est de connaître toutes les espèces de gouvernement et de distinguer les moeurs, les lois et les intérêts de chacun d’eux.


II. En effet, tout le monde obéit à la considération de l’utile; or il y a de l’utilité dans ce qui sert à sauver l’Etat. De plus, l’autorité se manifeste de par celui qui la détient; or les conditions de l’autorité varient suivant la forme de gouvernement. Autant d’espèces de gouvernement, autant d’espèces d’autorité.


III. Il y a quatre espèces de gouvernement : la démocratie, l’oligarchie, l’aristocratie, la monarchie; de sorte que l’autorité qui gouverne et celle qui prononce des jugements se composent toujours d’une partie ou de la totalité des citoyens.


IV. La démocratie est le gouvernement dans lequel les fonctions sont distribuées par la voie du sort; l’oligarchie, celui où l’autorité dépend de la fortune ; l’aristocratie, celui où elle dépend de l’éducation;  […] La monarchie, comme son nom l’indique aussi, est le gouvernement où un seul chef commande à tous. Il y a [1366a] deux monarchies : la monarchie réglée, ou la royauté, et celle dont le pouvoir est illimité, ou la tyrannie.


V. On ne doit pas laisser ignorer la fin de chacune de ces formes gouvernementales, car on se détermine toujours en vue de la fin proposée. La fin de la démocratie, c’est la liberté; celle de l’oligarchie, la richesse; celle de l’aristocratie, la bonne éducation et les lois; celle de la tyrannie, la conservation du pouvoir. II est donc évident qu’il faut distinguer les moeurs, les lois et les intérêts qui se rapportent à la fin de chacun de ces gouvernements, puisque la détermination à prendre sera prise en vue de cette fin.


VI. Comme les preuves résultent non seulement de la démonstration, mais aussi des moeurs (et en effet, nous accordons notre confiance à l’orateur en raison des qualités qu’il fait paraître, c’est à dire si nous voyons en lui du mérite, ou de la bienveillance, ou encore l’un et l’autre), nous devrions nous mêmes posséder la connaissance du caractère moral propre à chaque gouvernement; car le meilleur moyen de persuader est d’observer les moeurs de chaque espèce de gouvernement, suivant le pays où l’on parle. Les arguments seront produits sous une forme en rapport avec les mêmes (moeurs). En effet, les moeurs se révèlent par le principe d’action; or le principe d’action se rapporte à la fin (de chaque gouvernement).

viaAristote 33 vmc : Démocratie, oligarchie, aristocratie, monarchie, tyrannie [Rhéto.L I, 8] – Archipope Philopolis.

Définition de la république: Googlebook Politique, Aristote; page 147 :

Un autre éditeur donne la traduction de politie à la place de république.

Aristote définie bien la politie comme un gouvernement en vue du bien général et non d’un seul, d’une minorité (comme dans l’oligarchie) ou d’une majorité.  ( relative ou au delà de 51%.)

http://books.google.fr/books?id=KzgLAAAAQAAJ&pg=PA517&dq=aristote+politique#v=onepage&q=&f=false

De la raison

juin 28, 2009

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Dans la droite ligne des révolutionnaires, de Descartes, de Condorcet, des républicains, des Athées ;  les rationalistes ont érigé la RAISON en nouvel Être suprême.

Haïssants  ce qu’ils ne comprenaient pas : ils ne pouvaient  s’en emparer pour en faire un instrument de sujétion de leurs contemporains; Ils ont donc rejeté tout ce qui leur paraissait irrationnel en le traitant d’obscurantisme et de charlatanisme car il ne fallait pas qu’un domaine quelconque échappe à leur emprise.

Qu’est-ce que la raison ?  C’est une logique qui joue avec les concepts, les ordonne : les met en ordre,  leur donne un sens.

Eriger la RAISON en Être suprême, c’était prendre la partie pour le tout; C’était prendre l’absence de raison pour la cause des superstitions , ce qu’elle est parfois : (dénombrement imparfait) ; Et c’était prendre pour cause ce qui n’est point cause.

La révolution fut un renard à la queue coupée prêchant à ses congénères : «  c’est bien mieux et c’est plus propre ainsi !».

Pourquoi ? Parce que la raison ne fait qu’analyser des principes, mais ces principes ne viennent pas de la raison elle-même, la raison connaît ces principes par son entourage, par les parents, par l’éducation, parce qu’ils sont verbalisés, mais au départ ces principes viennent des sens, du cœur et de l’esprit, de la nature.

En faisant l’apologie de la RAISON, les Français se sont amputé d’une partie d’eux-mêmes, encouragés, persuadés par l’intimidation de tous ces beaux parleurs, miroitant une carrière d’apparatchik : savant éclairant son peuple au service de l’humanité.

Voilà l’erreur que la révolution Française a léguée à son peuple et les monstres qu’elle a enfanté pour qu’elle perdure : le rationalisme, l’Etat, le fonctionnariat, l’éducation Nationale.