Archive for the ‘opinion’ Category

L’utilité des sondages

septembre 11, 2009

Le système pour sa gestion propre, dispose de deux moyens, l’un d’action, l’autre de vérification des effets de l’action : les médias pour l’action et les sondages pour la vérification.

D’abord, vous passez à la TV : vous faites un discours; puis vous lancez un sondage pour connaître les effets de votre prestation, ou de votre discours.

Lors du premier contact avec les sondés, les sondages ne sont pas présentés pour ce qu’ils sont, une raison, autre que politique, est avancée; sans quoi la plupart des sondés refuseraient de répondre; C’est la théorie de l’engagement qui postule qu’une action engage à la poursuite. C’est-à-dire si l’on accepte de répondre à quelques questions présentées comme anodines, on se sent obligé, par la suite de continuer à répondre, par l’effet de l’acceptation, le « oui », et le fait d’avoir commencé; Alors même que l’on s’aperçoit que les questions vont au-delà de ce à quoi l’on accepte de répondre; et au-delà de ce à quoi le sondeur s’était engagé. Mais le rythme des questions est mené tambour battant et ne laisse pas le temps au sondé de se reconnaître.

Evidemment, les politiques ont besoin de savoir ce que pense les Français, il leur faut connaître leur degrés de confiance dans l’électorat : ce qui plait et déplait, enfin de modifier leur communication.

La règle de base de toute manipulation c’est de se déterminer d’après les autres, APRES les autres. Il faut donc d’abord savoir ce que les Français pensent : l’état de l’opinion publique, pour savoir ce qu’on va dire afin d’obtenir l’accord, l’assentiment, le suffrage.

J’ai été plusieurs fois sondé, personnellement, mais le but est de ne sonder que le minimum de Français, de telle sorte qu’ils restent dans l’ignorance des moyens par lesquels on leur arrache leurs pensées. Quelques personnes suffisent pour connaitre l’état de l’opinion, pour une raison simple, c’est que les lois, l’éducation, les médias sont les mêmes pour tout le monde, en France.

Le système repose sur la confiance qui lui est accordée. Si les Français en venaient, un jour, à postuler la malveillance du système à leur égard: ou ils ne répondraient plus aux sondages ou ils mentiraient aux sondeurs, et une donnée essentielle manquerait à la conduite du pays : la connaissance de « l’opinion » de l’opinion publique; Encore celle-ci pourrait-elle être connue par d’autres moyens, mais aussi longtemps que le système est obligé de respecter la démocratie, uniquement dans les formes, il doit faire avec l’opinion publique et lui donner l’impression qu’elle est libre.

Dessin de Konk :



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L’Elysée fait la pluie et les sondages

septembre 11, 2009

Source ; Polémique Info :

L’Elysée a participé au financement de certains sondages via un cabinet secret. C’est l’une des conclusions que l’on peut tirer du rapport de la Cour des comptes sur la gestion des services de la Présidence de la République.

Une enquête vient d’être demandée par le Parti Socialiste dans un communiqué de presse :

« Des sondages payés et commandités par l’Elysée ou l’officine qui agit pour son compte ont été régulièrement publiés par des médias bien peu scrupuleux comme s’il s’agissait de sondages réalisés en toute indépendance. Ces sondages étaient bien évidemment expurgés de toutes les données gênantes pour Nicolas Sarkozy. C’est un proche conseiller du président qui servait d’intermédiaire et construisait les questionnaires. Tout cela a été réalisé sur fonds publics pour des montants considérables. »

Ce lien présenté – même indirect – entre l’Elysée et le petit monde du sondage est contre-nature : il peut en découler d’évidentes manipulations vis-à-vis de l’opinion publique. Notamment lorsque le lecteur ignore que l’enquête qu’il consulte a été en partie impulsée par… le pouvoir en place.

Peut-on vraiment être étonné ? Lorsqu’on devient fanatique de l’utilisation de sondages pour faire sa politique principalement basée sur la communication, il y a des tentations auxquelles il est difficile de résister.

Voilà une nouvelle polémique qui ne manquera pas de faire réfléchir sur les liens entre le pouvoir politique et les médias.

viaL’Elysée fait la pluie et les sondages – polémiques.info.

Voir ici aussi pour les petits arrangements :

« au prix du marché : 1200 € par question par téléphone, 800 pour la question dans une enquête réalisée par Internet. A titre de comparaison, le budget annuel que le Service d’information du gouvernement (SIG) consacre aux enquêtes d’opinion s’élève à 4,5 millions d’euros. »

http://www.marianne2.fr/Sondages-de-l-Elysee-Buisson-s-explique-avec-moderation_a181963.html


Dans la tête de Monsieur Tout-le-monde

juin 26, 2009

Ou celle de l’opinion publique.

1984

Il s’arrêta un instant en haut de l’escalier. De l’autre côté de l’allée, il y avait un petit bistrot sale dont les fenêtres paraissaient couvertes de givre, mais qui étaient simplement en réalité, enduites de poussière.

Un très vieil homme , courbé, mais actif, dont les moustaches blanches se hérissaient comme celles d’une crevette, poussa la porte tournante et entra.

Tandis que Winston le regardait, il lui vint à l’idée que le vieillard, qui devait avoir au moins quatre vingt ans, était déjà un homme mûr au moment de la révolution. Lui, et quelque autres comme lui, étaient les derniers liens existant actuellement avec le monde capitaliste disparu. Dans le parti lui-même, il ne restait pas beaucoup de gens dont les idées avaient été formées avant la Révolution. La vieille génération avait en grande partie été balayée au cours des grandes épurations qui avaient eu lieu entre mil neuf cent cinquante et mil neuf cent soixante dix. Le petit nombre de ceux qui avaient survécu  avait depuis longtemps été amené, terrifié, à une complète abdication intellectuelle. S’il y avait quelqu’un au monde capable de faire un exposé exact des conditions de vie dans la première partie du siècle, ce ne pouvait être qu’un prolétaire.

« Parlez-moi de votre vie quand vous étiez petit garçon. A quoi ressemblait-elle à cette époque ? Les choses étaient-elles meilleures qu’à présent ? [Lui demanderait-il]

[ Dans le bistrot :]

–  Vous avez dû voir de grand changement, depuis que vous étiez jeune, dit timidement Winston.

Les yeux bleus du vieillard erraient de la cible des flèches au bar et du bar à la porte, comme s’il pensait que c’était dans le bar que les changements avaient eu lieu.

– La bière était meilleure, dit-il finalement. Et moins chère ! Quand j’étais jeune, la bière blonde, nous l’appelions wallop, elle coûtait quatre sous la pinte. C’tait avait la guerre, bien sûr.

– Quelle guerre était-ce ? Demanda Winston.

– C’est tout des guerres, répondit vaguement le vieillard.

[Winston va chercher des bières afin de les lui offrir]

– Vous êtes  beaucoup plus vieux que moi, dit Winston. Vous deviez être déjà un homme fait quand je suis né. Vous pouvez vous rappeler comment était la vie avant la révolution. Les gens de mon âge ne connaissent réellement rien de ce temps-là. Nous pouvons seulement nous renseigner en lisant des livres, mais ce que disent les livres peut ne pas être vrai. Je voudrais avoir votre opinion là-dessus […] il y avait une oppression, une injustice, une pauvreté très grande…E c t [Winston expose ce qu’il sait].  Il y avait un  petit nombre de capitalistes qui buvaient du champagne, portait des hauts-de-forme.

Le visage du vieillard s’éclaira soudain.

– Haut de forme, répéta-t-il. C’est drôle qu’vous en parlez. La même chose m’est v’nu dans l’esprit, seul’ment hier, j’sais pas pourquoi. J’m’disais justement, y a du temps qu’j’ai pas vu un haut-de-forme. Tous partis, oui. La dernière fois qu’j’en portais un, c’étais à l’enterrement d’ma sœur. Et c’tait…non, j’pourrais pas vous dire la date, mais ça d’vait être y a cinquante ans. Bien sûr, on l’avait seul’ment loué pour la circonstance, vous comprenez.

– Ce n’est pas très important les hauts-de-forme dit Winston. Le point est que ces capitalistes et quelques hommes de loi et quelques prêtres qui vivaient d’eux, étaient des seigneurs de la terre. Tout était pour eux. Vous les gens ordinaires, les travailleurs vous étiez leurs esclaves…e c t [bestiaux, coucher avec vos filles…fouetter] Tous les capitalistes ne se déplaçaient qu’entourés d’une bande de laquais qui….

Le visage du vieillard s’éclaira encore.

Laquais, dit-il, ça c’est un mot qu’j’ai pas entendu’y a bien longtemps. Laquais, ça me ramène en arrière, vrai ! Ca m’revient, oh ! y a combien d’années, j’sais pas . Quelques fois j’allais à Hyde Park le dimanche e c t  […]

Winston avait l’impression de jouer aux propos interrompu. (sic)

–  Ce que je voudrai réellement savoir est ceci…dit-il. Pensez-vous que vous avez maintenant plus de liberté qu’a cette époque ? Est-ce que vous êtes davantage traité comme un être humain ?

[ réponse évasive]

– Et est-ce que c’était l’habitude, je répète seulement ce que j’ai lu dans les livres d’histoire, est-ce que c’était l’habitude que ces gens et leurs domestiques vous fassent descendre du trottoir dans le caniveau ?

– Un d’eux m’a poussé un’fois, dit le vieillard, j’m’en souviens comme si c’était hier. C’était l’soir des régates. L’était toujours bien tapageurs, les soirs d’régates, et j’rentre dans un jeun’type dans l’av’nue d’Shaftesbury. Tout à fait chic qu’i était. Chemise tuyau de poêle, par’dessus noir. Et comme y zigzaguait su’l’trottoir, J’lui ai rentré d’dans sans faire attention. L’dit : «  vous pouvez pas r’garder où vous allez non ? J’dis : «  vous l’avez acheté, l’bon sang d’trottoir ? «  L’dit : «………. e c t …..»

Un sentiment d’impuissance s’empara de Winston. La mémoire du vieil homme n’était qu’un monceau de détails, décombres de sa vie. On pourrait l’interroger toute une journée sans obtenir aucune information réelle

– Peut-être me suis-je mal exprimer, comment …[ la vie ? …en ce temps-là… ?  ]

[ Deux pages plus tard ]

« Ils se rappelaient un millier de choses sans importance : une querelle avec un collègue, la recherche d’une pompe à bicyclette perdue, l’expression d’un visage d’une sœur morte depuis longtemps, les tourbillons de la poussière par un matin de vent d’il y avait soixante dix ans, mais tous les faits importants étaient en dehors du champ de leur vision. Ils étaient comme les fourmis. Elles peuvent voir les petits objets, mais non les gros.»

1984 ; George Orwell; P 119 à 127

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Voilà ce qu’il reste dans la tête des gens ordinaires : des détails, des choses sans importance, des anecdotes qui les ont touchées personnellement…. !

Ils comprennent peu dans l’instant présent, par conséquent ils ne mémorisent pas,  ils n’apprennent pas, ils se souviennent de peu.

François Bayrou a tort !?

juin 11, 2009

Pourquoi ?

« On ne rencontre partout que des esprits faux…….qui ne font point de différence entre parler et parler, ou qui ne jugent de la vérité des choses que par le ton de la voix : celui qui parle facilement et gravement a raison ; celui qui a quelque peine à s’expliquer, ou qui fait paraître quelque chaleur, a tort. Ils n’en savent pas davantage. »https://antidragon.wordpress.com/2009/06/08/1-lopinion-publique-est-une-foule/

Donc François Bayrou a eu tort; Pourtant dans la même vidéo, Philippe De Villiers montre une chaleur encore plus grande, et on ne lui en tient pas rigueur, son résultat électoral est de 4.8 %, c’est un excellent résultat.

Quel est la différence entre l’un et l’autre ? L’un donne l’impression d’être  spontané, naturel, sincère ? L’autre de n’être pas naturel, d’avoir prémédité ? Il n’y a pas réellement de différence. Les choses se passent au niveau du ressenti, de l’impression, et non de la raison.

Pourtant du point de vue de l’opinion publique De Villiers a raison et Bayrou a tort.

J’avais noté que le ton ne constitue pas une preuve, pourtant ici l’on a tendance à donner raison à cette femme qui parle de façon agressive :

https://antidragon.wordpress.com/2009/05/29/extreme-gauche/

Et ici on a tendance à donner raison aux jeunes qui sont agressifs envers Bruno Gollnish :

https://antidragon.wordpress.com/2009/05/28/deplorables-medias/

Pourquoi ? Si quelqu’un connait la réponse ………?!

Bayrou gère très bien la situation, Aristote dit que la repentance ou les remords que l’on montre sont comme une réparation du mal qu’on a fait, nul doute que Bayrou sera pardonné, c’est déjà oublié :


Exercice répétitif

juin 4, 2009

*

La liberté d’expression a des limites. De quel droit Christophe Barbier et ses comparses peuvent-ils encore nuire dans cette campagne pour les élections européennes ? Voilà que sur une tribune publique, ce petit journaliste, se comportant en procureur de procès de Moscou, fait l’apologie de la dictature, en appelle à la suppression de la démocratie, tiens des propos indécents contre d’honorables citoyens !

Nous sommes dans un pays dans lequel on laisse la violence se développer en toute impunité, les pires criminels ne prennent que quelques années de prison, la liberté régresse chaque jour, on renvoie des professeurs d’université, on met en prison des historiens pour délits d’opinion, et voilà qu’un petit journaliste poussant encore plus loin, par convenance personnelle, en appelle au rétablissement de la terreur ?  Et on lui offre la direction d’un journal ? On lui tend un micro à la TV ? Il a droit aux respect des autorités de la république ? Il peut demander l’interdiction d’un parti politique ?

Alors oui, comme tout démagogue, il peut flatter les bas instincts de la populace en appelant au lynchage public de la liste Dieudonné; Il peut appeler les foules stupides à leur démon liberticide.  Mais jusqu’à quand ?

Il est nécessaire que ces journalistes, agissant plutôt sur commande et par intérêt personnel,  qu’au nom des grands principes, ne puissent pas dire n’importe quoi, sans être contredit.

Il faut que le peuple Français rappelle à ces journalistes le respect des droits élémentaires, notamment l’article 11 de la DDH, cette fois ci, ils ont franchis les bornes, ils ridiculisent le peuple, ils foulent aux pieds les principes,  il serait temps de donner un coup d’arrêt à ces pouvoirs imposteurs qui se croient les propriètaires de la parole publique.

Altermédia allemagne

mai 29, 2009

La surveillance de l’état :

Comme une grenouille dans l’eau chaude

Soumission à l’opinion.

mai 26, 2009

Coeur et opinion

J’ai aussi vu naître un amour très ardent dans le cœur d’une dame envers quelqu’un pour qui elle n’avait auparavant pas la moindre affection, uniquement parce qu’elle avait entendu dire que l’opinion de nombreuses personnes était qu’ils s’aimaient l’un l’autre. Et je pense que la cause en est qu’un jugement aussi général lui paraissait un témoignage suffisant pour lui faire croire que cet homme était digne de son amour, et qu’il semblait presque que la rumeur publique se faisait un ambassadeur de son amant beaucoup plus véridique et digne d’être cru qu’il n’aurait pu le faire lui-même avec des lettres ou des paroles, ou encore avec une autre personne agissant en son  nom. C’est pourquoi la rumeur publique, parfois, loin de nuire, est très utile.

Le livre du courtisan : Castiglione, 1580

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Il lui semblait presque que la rumeur publique se faisait un ambassadeur de son amant beaucoup plus véridique et digne d’être cru…………..que son propre coeur ?

Idiotes utiles

mai 26, 2009