Archive for the ‘La culpabilité et sa gestion’ Category

La théorie psychanalytique

décembre 24, 2009

Exposé tel qu’il est donné par diverses personnes, et d’après ce qu’on en peut comprendre, car tout ceci est très ésotérique, libre à chacun de juger.

L’enfant, alors qu’il est tout petit, voudrait avoir tout l’amour de sa mère pour lui tout seul et 24 heures sur 24.  Il vit difficilement les séparations. Il est obligé de constater qu’il doit partager sa mère avec une autre personne, qui a autorité sur elle, et qu’il doit renoncer à une toute-puissance. C’est ce qui est appelé complexe d’oedipe.

Bientôt, l’enfant comprend que celui qui dicte la Loi, la séparation d’avec sa mère, c’est son père.

Le père c’est la Loi. C’est cette Loi qui deviendra l’interdit de l’inceste.

Cet interdit est présent dans toutes les sociétés humaines, Lévi-Strauss dans les structures élémentaires de la parenté, racontait que les tribus les plus primitives étaient structurées de telle façon à éviter les relations incestueuses, que tous les interdits et les obligations concernant les  relations familiales ou les lieux de résidence, avaient pour but d’éviter les relations incestueuses, probablement à juste raison, car le petit nombre de personnes constituant ces tribus devait rendre la consanguinité fréquente.

Sauf évidemment exception confirmant la règle.

Cette Loi étant une Loi, sa transgression génère une culpabilité. Pour les psychanalystes c’est donc la non-séparation de l’enfant d’avec sa mère qui génère cette culpabilité. Non-séparation dans le sens affectif.

La première chose qui, pour l’enfant, prenne un sens, c’est le nom du père, c’est le mot papa et papa c’est la Loi. C’est par là qu’il entre dans le symbolique : le langage parlé. Le nom du père est le signifiant premier (le premier symbole (mot) qui prennent un sens). La cure psychanalytique est censée faire régresser jusqu’à ce nom du père dans lequel le sujet doit se  retrouver ou se reconnaître.

Les femmes ont tendance à établir une relation fusionnelle avec leurs enfants, et c’est ce qui se produit le plus souvent s’il n’y a pas de père, ou si le mari n’a pas autorité sur sa femme. Cette relation fusionnelle de la mère et de l’enfant est psychogène particulièrement pour l’enfant mâle, la fusion en fait une femelle ou un être sans identité sexuée. (Faîtes une enquête dans les milieux homosexuels)

A juste raison, il est donc dit que l’enfant quittera ses parents, et que l’homme est le chef de la femme. C’est ce qu’il doit être dans l’ordre naturel, sans aucune pression ou obligation morale.

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Eros et Thanatos

décembre 20, 2009

Je reprends les deux articles plus bas, ceux de Lacan et Unabomber.

– Le malaise exprimé par Lacan, la causalité essentielle de la folie :

«  Des frustrations pulsionnelles se seraient comme arrêtées en court-circuit sur la situation oedipienne, sans jamais plus s’engager dans une élaboration de structure. »

 » Son être est enfermé dans un cercle, sauf à ce qu’il le rompe par quelque violence »

– Le malaise à gauche, Unabomber  :

« Il arrive que l’individu de gauche, de type hyper socialisé, tente de briser le carcan psychologique qui l’enserre et revendique son  indépendance par la révolte.  Mais, pour ce faire, il doit transgresser le tabou fondamental qu’acceptent la plupart des gauchistes celui de la non-violence. Il lui faut « passer à l’acte », utiliser la violence  physique, pour renaître sous la figure de l’anarchiste.»

Les gens de gauche seraient enfermés dans un statut d’immaturité psychique dont ils ont une conscience pénible, cet  état d’infériorité génèrerait chez eux des complexes et des sentiments de culpabilité :

«Fondamentalement le gauchiste est un vaincu qui ne peut supporter sa propre faiblesse…»

«Il s’identifie aux groupes  « dont l’image est celle de la faiblesse [les femmes], de la défaite [les indiens], de l’ignominie [les homosexuels] ou de l’infériorité à quelque égard que ce soit … »

«D’ailleurs n’est-il pas caractérisé par deux traits, le sentiment d’infériorité d’une part et l’hypersocialisation de l’autre ?…»

«Il est l’héritier direct de l’esclave, tel que Nietzsche en a dressé le portrait au XIX siècle.»

« il veut que la société résolve à la place des gens les problèmes de chacun, qu’elle suffise aux besoins de chacun, qu’elle prenne en charge tout un chacun.»

« le gauchiste peut à l’occasion être un introverti éduqué dans un environnement rigide quant à la moralité. Dans ce cas, la moindre faute provoque sa honte et déclenche chez lui des sentiments de culpabilité: « Il ne peut même pas se livrer à des sentiments ou à des pensées qui sont contraires à la morale commune sans se sentir coupable ».  Il tente parfois de se défaire de ce surmoi encombrant, mais en vain, car il retourne  toujours à la bride psychologique qui le tient :

D’où sa volonté de :

« Briser le carcan psychologique qui l’enserre et revendiquer son  indépendance par la révolte.»

On retrouve toujours ces deux caractéristiques contradictoires chez les gens de gauche, à la fois leur hyper conformisme et leur révolte contre l’autorité.

[ Madame de Stael :  « La vanité souvent ne détruit la fierté, et comme rien n’est si esclave que la vanité et, au contraire,  si indépendant que la véritable fierté, il n’est pas de supplice plus cruel que la réunion de ces deux sentiments dans le même caractère. On a besoin de ce que l’on méprise, on ne peut s’y soumettre, on ne peut s’en affranchir.»]

Ils sont schizophrènes : esprits coupés, Lacan :

«Le sujet ne reconnaît pas ses propres productions comme étant siennes. C’est en quoi nous sommes tous d’accord qu’un fou est un fou

Plus loin; La belle âme, la loi du cœur :

« Tend dans sa conduite à réaliser le mal même qu’elle dénonce

C’est parce que les gens de gauche sont blancs, occidentaux, chrétiens, qu’ils s’identifient aux  blancs, occidentaux, chrétiens, et les rendent responsables de leur situation :

«  Ils haïssent les États-Unis, ils haïssent la civilisation occidentale, ils haïssent les hommes blancs, ils haïssent la rationalité. » Etouffé par le ressentiment, le gauchiste hait l’image de la force et de la réussite.»

La libération du gauchiste passerait par un rite initiatique, une élévation spirituelle, dont la forme est celle d’un renoncement à un état antérieur :

[L’enfant joue avec un objet : il est là ! il est plus là ! Il mime les absences et les retours de sa mère.]

« Dans leur caractère itératif  l’enfant y assume la répétition jubilatoire de toute séparation ou sevrage en tant que tel.

Nous pouvons concevoir ces jeux comme exprimant la première vibration de cette onde stationnaire de renoncement qui va scander l’histoire du développement psychique.

voici donc lié le Moi primordial comme essentiellement aliéné et le sacrifice primitif comme essentiellement suicidaire. »

Le gauchiste est donc prisonnier, captif et ne parvient pas à se libérer par lui-même :

«Au fond de lui même il ne croit pas qu’il possède les capacités suffisantes pour résoudre ses problèmes. Il se tient par avance pour vaincu. »

La solution passe par un deuil qu’il ne parvient pas à faire, pour surmonter cette difficulté, il renverse l’ordre du temps, il  se suicide pour renaître, d’une façon particulière :

«Son être est enfermé dans un cercle, sauf à ce qu’il le rompe par quelque violence où, portant son coup contre ce qui lui apparaît comme le désordre, il se frappe lui-même par voie de contre – coup social.»

C’est donc « par voie de contre-coup social.» que le gauchiste tente de se suicider, en nuisant le plus qu’il lui est possible à cette société jusqu’à ce qu’elle le mette hors d’état de nuire –  de la même façon que  la personne qui commet un Amok se suicide par personne interposée. – Son hyper conformisme lui interdisant la transgression des valeurs du « mouvement de masse avec lequel il s’identifie» et d’où est issu «son Surmoi encombrant»,  sa révolte et son suicide passe par la défense de valeurs humanistes réalisant ses deux objectifs en conformité avec ses contradictions.

Pour revenir sur la relation loi du cœur, narcissisme et imago :

« Les premiers choix identificatoires de l’enfant, choix« innocents» ne déterminent rien d’autre, en effet, à part les pathétiques « fixations» de la névrose, que cette folie par laquelle l’homme se croit homme…Il apparait que cette illusion fondamentale dont l’homme est serf…est la passion de l’âme par excellence, le narcissisme, lequel impose sa structure à tous les désirs.»  E1/ P 187

Plus loin :  « Nous croyons pouvoir désigner dans l’imago, l’objet même de la psychologie… Elle me paraît corrélative d’un espace inétendu, c’est-à-dire indivisible…d’un temps fermé entre l’attente et la détente, d’un temps de phase et de répétition…L’identification est un phénomène irréductible, et l’imago cette forme définissable dans le complexe spatio-temporel imaginaire qui a pour fonction de réaliser l’identification résolutive d’une phase psychique, autrement dit une métamorphose des relations de l’individu à son semblable.»  E1 /P187

Or, c’est ici que les athéniens s’atteignent, cette farouche détermination à mourir pour se libérer et renaître, est la toile de fond du christianisme. De quoi est-il question ? D’un homme qui serait allé volontairement à la mort, d’un agneau de Dieu qui se serait sacrifié pour racheter les hommes, et qui, après sa mort serait ressuscité. On peut remarquer que ce désir de mort et de renaissance est présent chez les personnes qui se disent païennes et antichrétiennes, comme le montre l’article d’Hervé Ryssen: «Des hommes qui errent»; que lorsque Nietzche dit : « Ce qui ne me tue pas, me rend plus fort.» c’est à la fois ce désir et cet aspiration religieuse qu’il exprime. Si le but et l’effet de la religion chrétienne est bien de parvenir à cette élévation, ou éventuellement à se libérer d’une prison mentale dans laquelle l’homme est retenu par…le péché;  et de revenir à un état original, de réaliser une résilience; alors Lacan n’aurait que redécouvert le christianisme. On peut remarquer que les rites initiatiques dans les société primitives sont en rapport avec la mort, comme l’initiation des papous qui consistent à se lancer la tête la première dans le vide, les pieds attachés par une liane; ou encore remarquer que le goût de la jeunesse pour le risque, les sports extrêmes, l’armée, le danger, pourraient être des moyens d’approcher la mort pour mûrir. Et encore que si le christianisme avait pour fonction de régler la conscience des hommes – leur difficulté de vivre- l’effacement de cette même religion a fait réapparaître les problèmes qu’elle était en charge de régler, ce qui nous a valu l’émergence d’une armée de psychologues et d’un ensemble de thérapies venues des quatre coins du monde.

Toujours est-il que dans les prières chrétiennes, qui sont à réciter à voix haute en raison du verbe créateur, il y est bien question de mort :

Dans la prière «âme du christ »:

Ne permets pas que je sois séparé de Toi.
De l’ennemi, défends-moi,
A ma mort, appelle-moi,
Ordonne-moi de venir à Toi.

Dans la prière « Je vous salue Marie» :

Sainte Marie, Mère de Dieu,
priez pour nous pauvres pécheurs,
maintenant et à l’heure de notre mort.

Dans la liturgie, la messe, ce principe de mort et de renaissance est célébré très clairement  :

Prêtre : Il est grand, le mystère de la foi.

Foule: Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire.

Prêtre: Quand nous mangeons ce pain et buvons à cette coupe, nous célébrons le mystère de la foi.

Foule: Nous rappelons ta mort, Seigneur ressuscité et nous attendons que tu viennes.

Prêtre: Proclamons le mystère de la foi:

Foule: Gloire à Toi qui étais mort. Gloire à Toi qui es vivant, notre sauveur et notre Dieu. Viens Seigneur Jésus.

Ce principe est également présent dans les religions païennes, par exemple dans l’adoration du soleil qui meurt chaque soir et renaît chaque matin :

Ainsi Eros et Thanatos, principe de vie et principe de mort, sont liés. Pourquoi et comment cela fonctionne-t-il ? Mystère ! Le comment est relatif au verbe créateur, le verbe qui transforme l’esprit en chair, la parole qui réalise ce qu’elle énonce. Par la suite j’essaierai de montrer que le verbe créateur est à l’oeuvre chez les gauchistes, et ainsi montrer qu’il n’y a pas besoin de croire à quelque chose pour que ça fonctionne, puisque les gens de gauche croient à leurs utopies irréalistes à force de les répéter comme des mantras.

L’instinct de mort

décembre 12, 2009

Les passages ci-dessous sont tirés des écrits de Jacques Lacan, le psychanalyste, idole de toute la gauche, dans les années soixante. Lacan était un juif qui a renié sa judéité, et déclaré dans sa « Lettre aux catholiques » petit livre d’une vingtaine de page que la religion catholique et apostolique romaine était la vraie religion.

Lacan relie les tendances suicidaires à la Loi du  cœur et celle-ci au narcissisme. Il donne pour exemple Alceste, dans le misanthrope de Molière :

« « Alceste…son narcissisme….il se l’exprime à lui- même sous la forme de la loi du cœur :

« Je veux qu’on soit sincère et qu’en homme d’honneur

On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur. »

« Vous croyez donc être aimé d’elle ?

Oui, parbleu, je ne l’aimerai pas, si je ne croyais l’être. » E 1 / P 173

« La Loi du cœur est le ‘’Je’’ infatué de son sentiment. » E1 / P 412

Puis la suite :

« Alceste est fou et Molière le montre comme tel, très justement en ceci que dans sa belle âme il ne reconnaît pas qu’il concourt lui-même au désordre contre lequel il s’insurge. »      E1 /   P 172

« La méconnaissance essentielle de la folie…… se révèle dans la révolte, par où le fou veut imposer la loi de son cœur à ce qui lui apparaît comme le désordre du monde, entreprise insensée …

…  Son être est donc enfermé dans un cercle, sauf à ce qu’il le rompe par quelque violence où, portant son coup contre ce qui lui apparaît comme le désordre, il se frappe lui-même par voie de contre – coup social.» E 1 / P 171

« Cette tendance suicide représente ce que Freud a cherché à situer dans sa métapsychologie sous le nom d’instinct de mort ou encore de masochisme primordial. » E 1 / P 186

Le narcissisme :

« Quand au ressort de la péripétie, il est donné par le mécanisme que, bien plutôt qu’à l’auto punition, je rapporterai à l’agression suicidaire du narcissisme.

Car ce qui met Alceste hors de lui à l’audition du sonnet d’Oronte, c’est qu’il y reconnaît sa situation, qui n’y est dépeinte que trop exactement pour son ridicule, et cet imbécile qu’est son rival lui apparaît comme sa propre image en miroir ; les propos de furieux qu’il tient alors trahissent manifestement qu’il cherche à se frapper lu- même. »                                                        E1 / P 174

L’origine de la tendance suicide :

L’enfant joue avec un objet : il est là ! il est plus là ! Il mime les absences et les retours de sa mère.

« Personne n’avait compris avant lui [Freud]  dans leur caractère itératif la répétition libératoire qu’y assume l’enfant de toute séparation ou sevrage en tant que tel.

Grâce à lui nous pouvons les concevoir comme exprimant la première vibration de cette onde stationnaire de renoncement qui va scander l’histoire du développement psychique.

Au départ de ce développement, voici donc lié le Moi primordial comme essentiellement aliéné et le sacrifice primitif comme essentiellement suicidaire :

C’est-à-dire la structure fondamentale de la folie. » E1 /  P 186

Chacune des phases du développement psychique : « Sevrage, intrusion, oedipe, puberté, adolescence,  refont chacune une nouvelle synthèse des appareils du moi. »

«  Des frustrations pulsionnelles se seraient comme arrêtées en court-circuit sur la situation oedipienne, sans jamais plus s’engager dans une élaboration de structure. »                        E1 /  P 133

Ici s’arrête ma compréhension, ensuite il s’agit d’interpréter. Lacan relie la Loi du cœur au narcissisme, qui est un concept qui reste floue, ensuite il relie le narcissisme à l’imago, qui serait une instance identique à celle qui sert à l’imprégnation chez les animaux : le fait que les canards au sortir de l’œuf prennent pour  mère le premier être vivant qu’ils voient. Voir :  » Propos sur la causalité psychique ». Toujours est-il qu’il est possible de relier des choses disparates et de donner une vue d’ensemble cohérente entre le gauchisme, la culpabilité, la religion, l’instinct de mort. La lecture de Lacan n’est pas conseillée, c’est un puzzle à reconstituer, très ésotérique. Lacan était un être ambigu qui a déclaré à la fin de sa vie à propos de la psychanalyse : «Malgré tout ce que j’ai pu en dire, je ne sais toujours pas pourquoi mes malades guérissent.» Sa vie personnelle était très agitée, entre amour et rapports de force, elle est raconté par Catherine Thuil dans « La domination ».  La référence à Lacan ne plaira pas, je le comprends, mais je suis obligé de rendre à César ce qui est à César. Je suis moi-même BCC Blanc Chrétien Caucasien.

Pour la Loi du cœur, voir ici :

https://antidragon.wordpress.com/category/loi-du-coeur/

Le gauchiste selon Unabomber

décembre 7, 2009

Avant de revenir sur ces histoires de tendances suicidaires  (ou instinct de mort),  il faut faire un détour par le malaise du gauchiste. On pourra ensuite montrer la cohérence entre des choses qui paraissent dissociées et sont pourtant liées les unes aux autres : la tendance suicidaire, la religion et l’attitude de la gauche en général.  Cet extrait tiré du livre de Jean-Marie Apostolidès, l’affaire Unabomber, en est un bon résumé  :

« Le gauchiste se prétend rebelle, mais il n’a ni la force nécessaire pour passer à l’action ni la volonté de le faire : « Bien des personnes de gauche ne sont pas aussi révoltées qu’elles le pensent » (paragraphe 24). Le gauchiste craint la solitude, il éprouve le besoin d’être entouré, c’est la raison pour laquelle il prône le collectivisme. Son identification aux groupes  « dont l’image est celle de la faiblesse (les femmes), de la défaite (les indiens), de l’ignominie (les homosexuels) ou de l’infériorité à quelques égards que ce soit » (paragraphe 13)  provient du fait qu’au fond de lui même il se sait faible. D’ailleurs n’est-il pas caractérisé par deux traits, le sentiment d’infériorité d’une part et l’hypersocialisation de l’autre ? Fondamentalement le gauchiste est un vaincu qui ne peut supporter sa propre faiblesse. Plutôt que de changer cette situation, il refusera de se confronter à toute image qui lui rappellera des valeurs qu’il est incapable d’assumer : «  les gens de gauche ont l’habitude de haïr tout ce qui renvoie l’image de la force, de l’habileté ou de la réussite. Ils haïssent les États-Unis, ils haïssent la civilisation occidentale, ils haïssent les hommes blancs, ils haïssent la rationalité. » (Paragraphe 15) étouffé par le ressentiment, le gauchiste hait l’image de la force et de la réussite. Il est l’héritier direct de l’esclave, tel que Nietzsche en a dressé le portrait au XIX siècle.

Le gauchiste est favorable à la paix, c’est un adepte de la non violence, il recherche également des solutions collectives : « il veut que la société résolve à la place des gens les problèmes de chacun, qu’elle suffise aux besoins de chacun, qu’elle prenne en charge tout un chacun. » Au fond de lui même il ne croit pas qu’il possède les capacités suffisantes pour résoudre ses problèmes. Il se tient par avance pour vaincu. Il ne trouve de force qu’en s’identifiant à un groupe, à un mouvement de masse qui lui offre une personnalité de remplacement et des objectifs de substitution pour combler le néant de sa personne: « Il ne peut se sentir fort que lorsqu’il s’associe à une grande organisation ou à un mouvement de masse avec lequel il va s’identifier » (paragraphe 19). Dès qu’il a rencontré le groupe qui répond à ses aspirations d’esclave, il en adopte les mots d’ordre, les comportements et les valeurs, même s’il ne les approuve pas, parce que son affiliation lui procure la satisfaction du « processus de pouvoir ».

Bien que souvent extraverti et conformiste, le gauchiste peut à l’occasion être un introverti éduqué dans un environnement rigide quant à la moralité. Dans ce cas, la moindre faute provoque sa honte et déclenche chez lui des sentiments de culpabilité: « Il ne peut même pas se livrer à des sentiments ou à des pensées qui sont contraires à la morale commune sans se sentir coupable » (paragraphe 26). Il tente parfois de se défaire de ce surmoi encombrant, mais en vain, car il retourne  toujours à la bride psychologique qui le tient: « l’individu de gauche, de type hyper socialisé, tente de briser le carcan psychologique qui l’enserre et revendique son  indépendance par la révolte. Mais il est généralement  trop faible pour se rebeller contre les valeurs fondamentales de la société » (paragraphe 28). Il arrive pourtant qu’à l’occasion un gauchiste parvienne à briser ce carcan et se transforme en anarchiste. Mais, pour ce faire, il doit accomplir un acte individuel de libération. Il lui faut briser les chaînes qui en font un individu hyper socialisé, c’est-à-dire un esclave. Autrement dit, il doit transgresser le tabou fondamental qu’acceptent la plupart des gauchistes celui de la non-violence. Il lui faut « passer à l’acte », utiliser la violence  physique, pour renaître sous la figure de l’anarchiste. C’est le parcours même que Théodore a accompli. La citation suivante peut être lue comme une confession à peine voilée : «  certains militants hypersocialisés vont plus loin et se révoltent contre l’un des principes fondamentaux de la société moderne en faisant usage de la violence physique. A les en croire, la violence serait pour eux une forme de « libération ». Autrement dit, lorsqu’ils utilisent la violence, ils brisent les garde-fous psychologiques qui ont servi à leur éducation. Dans la mesure où ces individus sont hypersocialisés, les barrières psychiques ont été plus contraignantes pour eux que pour les autres ; d’où leur besoin de s’en évader ». (Paragraphe 30)

En d’autres termes David est le type même du gauchiste : pacifique, honnête, inconscient des dangers qui menacent la société, complaisant à l’égard de l’idéologie de gauche, même lorsqu’il ne l’approuve pas. Contrairement à son frère, il n’a pas osé aller au bout de sa révolte. Ted a brisé « les garde-fous psychologiques qui ont servi à son éducation » ; il a rompu avec le tabou fondamental ; il est devenu un véritable anarchiste.

Gauchistes et anarchistes sont des frères ennemis. Au-delà des ressemblances superficielles, tout les sépare. Le gauchiste est fondamentalement l’allié de la technologie, cette instance toute-puissante et indifférente qui broie  ses enfants. L’anarchiste se tient du coté de la nature, de la liberté, de l’épanouissement.  L’histoire des révolutions du passé (la révolution française, la révolution russe de 1917, la révolution cubaine) se ramène à celle de la trahison qu’ont toujours perpétrée les gens de gauche, qu’ils s’appellent Robespierre, Lénine ou Castro.

Dans un premier temps ils paraissent d’accord avec les objectifs révolutionnaires, mais ils les détournent dès qu’ils en trouvent l’occasion et finissent par imposer une dictature plus sanglante que celle qu’ils ont contribués à renverser. C’est la raison pour laquelle  « la gauche représente un danger. » plusieurs paragraphe du manifeste sont consacré à ce thème. La gauche est dangereuse d’abord en ce que, comme toute religion, elle fait appel à la soumission de l’individu : « elle ne représente pas une religion au sens strict du mot dans la mesure ou sa doctrine ne postule pas l’existence d’un être surnaturel. Mais pour le militant elle remplit une fonction psychologique équivalente à celle de la religion pour certains croyants. L’individu de gauche a  BESOIN de croire à la gauche ; cela  joue un rôle essentiel dans son économie psychique. Les faits ou le raisonnement ne modifient pas sa croyance ; il est convaincu que la position de gauche est moralement Bonne (avec une majuscule), et qu’il n’a pas seulement le droit mais le devoir d’imposer la morale de gauche à tout un chacun » (paragraphe 218). En bref, le gauchiste est un « vrai croyant » qui, comme la technologie, n’a de cesse d’étendre son pouvoir sur le monde. Vous n’avez pas plutôt cédé sur un point qu’il vous présente une nouvelle demande. Et ses requêtes vont toujours dans le même sens, celui de la restriction des libertés individuelles et du contrôle plus strict des personnes : «  si vous demandiez aux gens de gauche de faire la liste de TOUTES   les choses qui vont mal dans la société, et si vous accédiez à TOUTES  leurs demandes, on peut prévoir sans risque d’erreur qu’en moins de deux ans la majorité d’entre eux trouveraient de nouveaux motifs de récrimination, quelque nouvelle « injustice » à redresser ; parce que encore une fois, l’individu de gauche est moins motivé par la détresse qu’engendrent les maux de la société que par le besoin de satisfaire son instinct de pouvoir en imposant ses vues aux autres » (paragraphe 220). »              P 150 ; 151 ;  152

Entre 1978 à 1995  Théodore Kaczynski [Unabomber] a envoyé des   colis piégés à diverses personnalités. En 1995 il promit de cesser cette activité si son manifeste était publié dans la presse. Les thèmes présents dans ce manifeste le firent reconnaître et dénoncer par un de ses proches. Il est aujourd’hui en prison et célèbre. Le Manifeste d’Unabomber est en libre accès sur le net.

Amok

novembre 22, 2009

Amok : mot malais.

« Manifestation culturellement déterminée et culturellement induite de pulsion homicide. Autrefois considéré comme un acte soudain de folie furieuse, la conduite d’Amok est aujourd’hui reconnue comme l’équivalent d’un suicide dicté par certaines circonstances socialement répertoriées : humiliations conjugales, échecs essuyés en public, e c t . L’Amok consiste à courir les chemins une arme à la main et à tuer toute personne qui viendra à passer, et ce jusqu’à ce que l’individu homicide soit mis hors d’état de nuire.

Cette conduite à été observée dans de nombreuses régions du monde : Mélanésie, Inde, Sibérie, Terre de feu. »                                                                                Dictionnaire de l’ethnologie.

***

Il faudra par la suite distinguer différentes sortes d’Amok. L’Amok pur sera celui dans lequel une personne ou des personnes descendront dans la rue et chercheront à tuer le maximum de personnes, prises au hasard, jusqu’à ce que ces personnes soient tuées elles-mêmes. L’Amok pur est un suicide, il se déroule dans un espace de temps court, quelques heures, il est rapide, violent, et se termine par la mort de ses auteurs.

Les exemples d’Amoks célèbres, celui de Colombine, dont les auteurs se sont suicidés; celui du nord-Coréen qui tua 32 personnes aux Etats-unis en 2008 (?); le mois dernier, celui du militaire psychiatre d’origine palestinienne toujours au Etats-unis; En France, celui de Richard Diurne, un français originaire de pays de l’est, me semble-t-il, qui se serait suicidé en se jetant par une fenêtre (ou aurait été suicidé ?). Il en existe de nombreux autres. Les « Serial killing » peuvent être apparentés aux Amoks, en exemple les meurtres en série commis par deux noirs américains jugés récemment, qui tuaient des gens au hasard, cachés dans une camionnette, à l’aide d’un fusil- Même si l’on voit que le temps de l’action ( la durée) et la fin ne sont pas les mêmes.

Susan Klebold sur la tuerie de Columbine | Altermedia Canada

novembre 22, 2009

De nombreux reportages à l’époque prétendirent faussement que les meurtriers étaient des “hégémonistes blancs” (white supremacists) qui voulaient éliminer une masse étudiante qu’ils jugeaient inférieure, le jour de l’anniversaire d’Adolf Hitler. Voyons à ce sujet ce que le documentariste Michael Moore, qui réalisa “Bowling for Columbine”, révéla dans une entrevue disponible sur le site de FoxNews: “L’Idée que Dylan choisit la date de la tuerie parce que c’était l’anniversaire d’Hitler, c’est ridicule. Les gens ne réalisent pas que les Klebold sont juifs. Cela n’aurait pas été la logique de Dylan.”

Plutôt qu’à un groupe “néonazi”, ils appartenaient à une clique estudiantine nommée la “Trench coat mafia”. Les manteaux longs et noirs sont des vêtements iconiques dans la culture juive. Les comportements de ses membres exhibaient également des attitudes homosexuelles.

viaSusan Klebold sur la tuerie de Columbine | Altermedia Canada.

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ici on voit bien que les médias, en cherchant à faire croire à l’opinion publique que les responsable de l’Amok de Colombine étaient des Nazis, ont cherché à charger les chrétiens des péchés d’Israël.

Les différentes façons de gérer la culpabilité

novembre 13, 2009

« La plupart des erreurs des hommes ne consistent pas à se laisser tromper par de mauvaises conséquences, mais à se laisser aller à de faux jugements dont on tire de mauvaises conséquences. »                                                                 Logique de Port Royal     P 10

Port Royal a peut-être raison ; il est possible que les hommes soient dans l’erreur de par ces raisons, mais ce serait leur supposer une volonté non malveillante ; il est plus probable, si on creuse un peu, qu’on trouve l’amour-propre et la culpabilité à l’origine de leurs erreurs. Si c’est le cas, on trouvera  leur volonté de se défausser à l’origine de leur façon de penser ou de leurs erreurs de logique, qui peuvent consister, par exemple, à raisonner à partir des conséquences et non à remonter aux causes, comme le font les gauchistes.

Il est nécessaire de distinguer plusieurs choses, d’abord la culpabilité peut-être très présente au niveau de la conscience et inhiber le sujet de telle sorte qu’elle l’empêche d’avoir une vie normale, comme c’est le cas pour les gens timides ; elle peut aussi être présente sous la forme d’une souffrance de vivre que le sujet (la personne) constate mais dont il ignore l’origine. Cette souffrance de vivre est la base sur laquelle s’appuient les chrétiens pour expliquer le péché originel: «Souffrance et tribulations pour quiconque commet le mal. » NT.

Le sujet peut aussi, comme c’est le cas pour l’opiniâtre, n’avoir aucun affect au niveau de la conscience, aucune souffrance, mais ne pas supporter qu’on lui dise qu’il a tort, qu’on lui fasse des reproches, qu’on l’attaque, et j’avais oublié le principal : qu’on le critique ! Sa culpabilité  n’est donc pas présente dans sa conscience mais ressort à travers ses réactions aux critiques : ce qui se voit dans les blame-games. Cette culpabilité n’est excitée que par l’action d’autrui, comme chez le marquis de Sade, elle ne devient présente et pénible que par la punition, ou les coups, réels ou symboliques, qu’on en reçoit, quel qu’en soit la raison, comme c’est le cas pour les enfants.

On distingue donc deux cas différents, comme le font les aliénistes, parmi les affections mentales : les névroses et les psychoses. Le névrosé est la personne qui a conscience de souffrir d’une affection mentale troublant sa vie quotidienne; alors que le psychosé, s’il a conscience de son état, n’en souffre absolument pas, et n’en est aucunement gêné ; par contre il exporte son stress chez les autres, qui en sont affectés à sa place ; c’est le débat actuel sur les psychopathes : les pervers narcissiques ou les pervers paranoïaques. Ces psychopathes sont des gens sans foi ni loi, manipulateurs et sans scrupules. Toujours selon les aliénistes et d’après le décryptage de leur charabia, il y aurait, au niveau de la conscience des psychosés, un trou dans le signifié, c’est-à-dire, quelque chose qui n’a pas de sens chez eux, cette chose serait la culpabilité. C’est une hypothèse qui doit être confirmée, mais qui expliquerait que certaines personnes, inexplicablement, n’éprouvent aucune empathie à la souffrance d’autrui, et aucun scrupules à faire le mal ou à faire souffrir autrui.

Nous avons vu que l’une des façons de gérer la culpabilité est de l’ordre du négationnisme, il s’agit de nier que le mal est le mal, comme le fait le marquis de Sade ; Une autre façon est de nier le réel, comme le font les accusés au tribunal niant les preuves de leur implication ; Une autre façon consiste à se défausser de ses erreurs et à faire porter le chapeau à des boucs émissaires; Une autre façon, c’est celle de l’opiniâtre qui refuse simplement de reconnaître qu’il a tort, qu’il s’est trompé, qu’il a mal agit. Une autre façon consiste à prévenir toute accusation et à se blanchir par avance, c’est celle des paranoïaques et des hypocrites qui se défaussent préventivement de toute accusation possible alors que personne ne les attaque, ils sont toujours sur la défensive, par exemple les gauchistes qui accusent les français d’être des salauds, des sans-cœur  responsables de tous les malheurs de l’humanité ; et qui, dans le même temps, se présentent eux-mêmes comme des blanches colombes. On peut aussi trouver des personnes qui utilisent des techniques de diversion, qui consistent à détourner les regards vers d’autres problèmes sans rapport avec la cause (eux-mêmes), c’est la technique dite du « drapeau rouge » pour faire attaquer le taureau (il me semble) ; Des techniques d’attaques préventives dans le sens d’inversion accusatoire, qui consistent à accuser préventivement, c’est important, ses accusateurs de ses propres fautes; Ou si l’on veut à éliminer ses juges potentiels.  Et enfin, provisoirement, comme déjà dit, toujours dans cette gestion de la culpabilité, les personnes qui s’excusent sans arrêt de fautes qu’elles n’ont pas commises, qui se justifient sans arrêt, ou qui s’accusent elles-mêmes de fautes en croyant les faire disparaître magiquement, exemple classique celui cité plus haut à propos des gauchistes, et enfin les personnes qui se punissent elles-mêmes sans raison, mais la punition, la repentance est un moyen d’expier ou d’expurger une culpabilité dont on ne connaît pas l’origine, et en dernier recours on trouvera les techniques qui consistent à retourner la culpabilité contre soi-même, à tort ou à raison, ce sont les tentatives de suicide ou les divers types de comportement suicidaires, qui ne sont pas toujours évident, comme on verra plus tard.

En résumé, cette culpabilité est bien présente et explique une grande partie des comportements humains. Pour raisonner à l’envers, le plus évident est que lorsqu’on dit à l’homme qu’il a tort, ou qu’il n’a pas raison, ou qu’il se trompe, qu’on l’accuse, qu’on l’attaque, qu’on le critique : il se sente coupable ; Or la culpabilité est un sentiment désagréable. Pour éviter ce ressenti, l’homme se lance dans une bataille pour prouver qu’il a raison, qu’il n’a pas tort, qu’il est faux qu’il se trompe.

Ceci expliquerait qu’il veuille toujours avoir raison et ne supporte ni  contradiction, ni contestation, ni discussion : Il ne supporte pas d’avoir tort parce que cela le culpabilise !

La négation du Mal

novembre 12, 2009

Le déni de culpabilité

Dans les prospérités du vice, le marquis de Sade invente toute une philosophie pour justifier sa perversion, son discours peut se résumer à cette maxime de La Rochefoucault :

« Notre repentir ne vient point de nos actions mais du mal qu’elles nous causent »

La stratégie qui consiste à nier : «  la tête sur le billot, niez ! » relève du négationnisme. Les négationnistes nient… Ils nient la vérité, la réalité, l’évidence, les preuves, le mal qu’ils ont fait, leur responsabilité, le mal lui-même et ainsi de suite. Mais ici, il faut distinguer deux choses qui paraissent semblables, d’une part les personnes qui nient la réalité, et d’autre part les personnes qui sont accusées d’être négationnistes parce qu’elles refusent de gober les mensonges qu’on veut leur faire avaler de toutes forces.

En résumé le marquis de Sade affirme que le Mal n’est pas le mal,  le Mal n’est que la voix du préjugé enseigné par la rumeur publique, et la crainte du châtiment à venir. La maxime de La Rochefoucault  signifie: nous n’éprouvons de culpabilité que lorsque nous sommes frappés, punis.  Bref, voici ce qu’en dit le marquis de Sade :

« Dans l’acception la plus simple et la plus commune:  le remords, c’est-à-dire l’organe de cette voix intérieure que nous venons d’appeler conscience, est une faiblesse parfaitement inutile, et dont nous devons étouffer l’empire avec toute la vigueur dont nous sommes capables; car le remords, encore une fois, n’est que l’ouvrage du préjugé produit par la crainte de ce qui peut nous arriver après avoir fait une chose défendue, de quelque nature qu’elle puisse être, sans examiner si elle est mal ou bien. Otez le châtiment, changez l’opinion, anéantissez la loi, déclimatisez le sujet, le crime restera toujours, et l’individu n’aura pourtant plus de remords. Le remords n’est donc plus qu’une réminiscence fâcheuse, résultative des lois et des coutumes adoptées, mais nullement dépendante de l’espèce du délit. Eh ! Si cela n’était pas ainsi, parviendrait-on à l’étouffer ? Et n’est-il pas pourtant bien certain qu’on y réussit, même dans les choses de la plus grande conséquence, en raison des progrès de son esprit et de la manière dont on travaille à l’extinction de ses préjugés; en sorte qu’à mesure que ces préjugés s’effacent par l’âge, ou que l’habitude des actions qui nous effrayaient parvient à endurcir la conscience, le remords, qui n’était que l’effet de la faiblesse de cette conscience, s’anéantit bientôt tout à fait, et qu’on arrive ainsi, tant qu’on veut, aux excès les plus effrayants ? Mais, m’objectera-t-on peut-être, l’espèce de délit doit donner plus ou moins de violence au remords. Sans doute, parce que le préjugé d’un grand crime est plus fort que celui d’un petit… la punition de la loi plus sévère; mais sachez détruire également tous les préjugés, sachez mettre tous les crimes au même rang, et, vous convainquant bientôt de leur égalité, vous saurez modeler sur eux le remords, et comme vous aurez appris à braver le remords du plus faible, vous apprendrez bientôt à vaincre le repentir du plus fort et à les commettre tous avec un égal sang-froid… Ce qui fait, ma chère Juliette, que l’on éprouve du remords après une mauvaise action, c’est que l’on est persuadé du système de la liberté, et l’on se dit: Que je suis malheureux de n’avoir pas agi différemment! Mais si l’on voulait bien se persuader que ce système de la liberté est une chimère, et que nous sommes poussés à tout ce que nous faisons par une force plus puissante que nous, si l’on voulait être convaincu que tout est utile dans le monde, et que le crime dont on se repent est devenu aussi nécessaire à la nature que la guerre, la peste ou la famine dont elle désole périodiquement les empires, nous serions infiniment plus tranquilles sur toutes les actions de notre vie, nous ne concevrions même pas le remords ; et ma chère Juliette ne me dirait pas que j’ai tort de mettre sur le compte de la nature ce qui ne doit l’être que sur celui de ma dépravation……

… Il y a donc de la folie, de l’extravagance, et à ne pas faire tout ce que bon nous semble, et à nous repentir de ce que nous avons fait. Le remords n’est donc, d’après cela, qu’une faiblesse pusillanime que nous devons vaincre, autant que cela peut dépendre de nous, par la réflexion, le raisonnement et l’habitude. Quel changement, d’ailleurs, le remords peut il apporter à ce que l’on a fait?  Il n’en peut diminuer le mal, puisqu’il ne vient jamais qu’après l’action commise; il empêche bien rarement de la commettre encore, et n’est donc, par conséquent, bon à rien. Après que le mal est commis, il arrive nécessairement deux choses : ou il est puni, ou il ne l’est pas. Dans cette seconde hypothèse, le remords serait assurément d’une bêtise affreuse: car à quoi servirait-il de se repentir d’une action, de quelque nature qu’elle pût être, qui nous aurait apporté une satisfaction très complète et qui n’aurait eu aucune suite fâcheuse ? Se repentir, dans un tel cas, du mal que cette action aurait pu faire au prochain, serait l’aimer mieux que soi, et il est parfaitement ridicule de se faire un chagrin de la peine des autres, quand cette peine nous a fait plaisir, quand elle nous a servis, chatouillés, délectés, en quelque sens que ce puisse être. Conséquemment, dans ce cas-ci, le remords ne saurait avoir lieu. Si l’action est découverte, et qu’elle soit punie, alors, si l’on veut bien s’examiner, on reconnaîtra que ce n’est pas du mal arrivé au prochain par notre action que l’on se repent, mais de la maladresse que l’on a eue en le commettant, de manière à ce qu’elle ait pu être découverte; et alors il faut se livrer sans doute aux réflexions produites par le regret de cette maladresse… seulement pour en recueillir plus de prudence, si la punition vous laisse vivre; mais ces réflexions ne sont pas des remords, car le remords réel est la douleur produite par celle qu’on a occasionnée aux autres, et les réflexions dont nous parlions ne sont que les effets de la douleur produite par le mal que l’on s’est fait à soi-même: ce qui fait voir l’extrême différence qui existe entre l’un et l’autre de ces sentiments, et, en même temps, l’utilité de l’un et le ridicule de l’autre. Quand nous nous sommes liés à une mauvaise action, de quelque atrocité qu’elle puisse être, la satisfaction qu’elle nous a donnée, ou le profit que nous en avons recueilli, nous console amplement du mal qui en a rejailli sur notre prochain! Avant que de commettre cette action, nous avons bien prévu le mal qu’en ressentiraient les autres; cette pensée ne nous a pourtant point arrêtés: au contraire, le plus, souvent elle nous a fait plaisir. Lui permettre plus de force après l’action commise, ou une manière différente de nous agiter, est la plus grande sottise que l’on puisse faire. Si cette action influe sur le malheur de notre vie, parce qu’elle a été découverte, appliquons tout notre esprit à démêler, à combiner les causes qui ont pu la faire découvrir; et sans nous repentir d’une chose qu’il n’a pas été en nous de pouvoir arranger autrement; mettons tout en œuvre pour ne pas manquer de prudence à l’avenir, tirons du malheur qui a pu nous arriver de cette faute l’expérience nécessaire à améliorer nos moyens, et nous assurer dorénavant l’impunité, au moyen de l’épaisseur des voiles que nous jetterons sur l’involontaire dérèglement de notre conduite. Mais, par de vains et inutiles remords, n’entreprenons point d’extirper les principes, car cette mauvaise conduite, cette dépravation, ces égarements vicieux, criminels ou atroces, nous ont plu, nous ont délectés, et nous ne devons pas nous priver d’une chose agréable. Ce serait ici la folie d’un homme qui, parce qu’un grand dîner lui aurait fait mal, voudrait à l’avenir se priver à jamais de ce repas.

La véritable sagesse, ma chère Juliette, ne consiste pas à réprimer ses vices, parce que les vices constituant presque l’unique bonheur de notre vie, ce serait devenir soi-même son bourreau que de les vouloir réprimer; mais elle consiste à s’y livrer avec un tel mystère, avec des précautions si étendues, qu’on ne puisse jamais être surpris. Qu’on ne craigne point par là d’en diminuer les délices: le mystère ajoute au plaisir. Une telle conduite, d’ailleurs, assure l’impunité, et l’impunité n’est-elle pas le plus délicieux aliment des débauches ? »                                                                Prospérités du vice.

Sade continue assez longuement, par exemple :

« Pourquoi ne se repent-on jamais d’un crime de libertinage ? Parce que le libertinage devient très promptement une habitude. II en pourrait être de même de tous les autres égarements; tous peuvent, comme la lubricité, se changer aisément en coutume. »

« Tous les êtres qui t’entoureront te paraîtront autant de victimes dévouées par le sort à la perversité de ton cœur; plus de liens, plus de chaînes, tout disparaîtra promptement sous le flambeau de tes désirs, aucune voix ne s’élèvera plus dans ton âme pour énerver l’organe de leur impétuosité, nuls préjugés ne militeront plus en leur faveur, tout sera dissipé par la sagesse. »

« Ô Juliette, si tu veux, comme moi, vivre heureuse dans le crime…   et j’en commets beaucoup….   si tu veux, dis-je, y trouver le même bonheur que moi, tâche de t’en faire, avec le temps; une si douce habitude, qu’il te devienne comme impossible de pouvoir exister sans le commettre ; et que toutes les convenances humaines te paraissent si ridicules, que ton âme flexible, et malgré cela nerveuse, se trouve imperceptiblement accoutumée à se faire des vices de toutes les vertus humaines et des vertus de tous les crimes: alors un nouvel univers semblera se créer à tes regards; un feu dévorant et délicieux se glissera dans tes nerfs, il embrasera ce fluide électrique dans lequel réside le principe de la vie »                                         P 28

Le marquis de Sade

La gestion de la culpabilité

novembre 8, 2009

La fable ci-dessous explique la façon dont la culpabilité était gérée dans la plupart des  sociétés païennes :

Les animaux malades de la peste:

Un mal qui répand la terreur,
Mal que le ciel en sa fureur
Inventa pour punir les crimes de la terre,
La Peste (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
Capable d’enrichir en un jour l’Achéron,
Faisait aux animaux la guerre.
Ils ne mouraient pas tous, mais tous étaient frappés :
On n’en voyait point d’occupés
À chercher le soutien d’une mourante vie ;
Nul mets n’excitait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’épiaient
La douce et l’innocente proie.
Les Tourterelles se fuyaient ;
Plus d’amour, partant plus de joie.
Le Lion tint conseil, et dit: « Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a permis
Pour nos péchés cette infortune ;
Que le plus coupable de nous
Se sacrifie
aux traits du céleste courroux,
Peut-être il obtiendra la guérison commune.
L’histoire nous apprend qu’en de tels accidents
On fait de pareils dévouements :
Ne nous flattons donc point, voyons sans indulgence
L’état de notre conscience.
Pour moi, satisfaisant mes appétits gloutons
J’ai dévoré force moutons ;
Que m’avaient-ils fait ? Nulle offense :
Même il m’est arrivé quelquefois de manger
Le Berger.
Je me dévouerai donc, s’il le faut ; mais je pense
Qu’il est bon que chacun s’accuse ainsi que moi
Car on doit souhaiter selon toute justice
Que le plus coupable périsse.

— Sire, dit le renard, vous êtes trop bon Roi ;
Vos scrupules font voir trop de délicatesse ;
Eh bien, manger moutons, canaille, sotte espèce,
Est-ce un péché ? Non non. Vous leur fîtes Seigneur
En les croquant beaucoup d’honneur.
Et quant au berger, l’on peut dire
Qu’il était digne de tous maux,
Étant de ces gens-là qui sur les animaux
Se font un chimérique empire. »
Ainsi dit le renard, et flatteurs d’applaudir.
On n’osa trop approfondir
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puissances
Les moins pardonnables offenses.
Tous les gens querelleurs, jusqu’aux simples mâtins,
Au dire de chacun, étaient de petits saints.
L’âne vint à son tour, et dit : « J’ai souvenance
Qu’en un pré de Moines passant,
La faim, l’occasion, l’herbe tendre, et je pense,
Quelque diable aussi me poussant,
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue.
Je n’en avais nul droit, puisqu’il faut parler net. »
À ces mots on cria haro sur le baudet.
Un Loup quelque peu clerc prouva par sa harangue
Qu’il fallait dévouer ce maudit animal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout le mal.
Sa peccadille fut jugée un cas pendable.
Manger l’herbe d’autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n’était capable
D’expier son forfait : on le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable,
Les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir.

Jean de La Fontaine
Recueil II, livre VII

Les animistes sacrifient des poulets, mais les sacrifices humains de masse étaient la règle du temps des conquistadors, chez les Aztèques et les Incas. Ils sont toujours en vigueur aujourd’hui dans nos sociétés civilisées et chrétiennes, ils sont juste dissimulés, car ils sont une partie semble-t-il de l’âme humaine. La religion Chrétienne est basée sur le sacrifice de Jésus qui a dit à ses apôtres : «  buvez et mangez car ceci est ma chair et mon sang ».

Toutes les religions, toutes les cultures géraient la culpabilité par des sacrifices d’animaux ou  des sacrifices humains, d’une façon ou d’une autre. Ici, on se sent coupable parce qu’on est frappé, on attribue les coups reçus à des Dieux. On imagine que la nature à une âme humaine (animisme) et qu’elle se venge des hommes qui l’ont offensée. Pour réparer la faute commise, on imagine d’offrir en sacrifice le faible ou l’andouille qui se sait pas se défendre, rebaptisé pour l’occasion le plus coupable, qui est celui à qui on peut imputer la culpabilité : l’âne.

Le principe est celui du bouc émissaire qu’on charge de tous les péchés d’Israël, avant de le sacrifier pour l’envoyer Ad Padre se présenter devant Dieu en rachat des fautes de ceux qui l’ont envoyé.

«Bouc émissaire : bouc que le grand prêtre chargeait de tous les péchés d’Israël et dont l’immolation effaçait tous les péchés d’Israël.   »                   Dictionnaire des expressions.

«Tous les péchés d’Israël : ensemble des péchés, faute, erreurs qu’on reproche à un groupe humain quelconque, pays, nation…     »                   Dictionnaire des expressions.

Actuellement on voit bien que le bouc émissaire du système est le peuple français à qui sont reproché tous les péchés d’Israël, c’est le cas de le dire. Si on dresse une nouvelle fois la liste des péchés : les  Français sont des colonialistes ayant exploités et pillés l’Afrique (selon les imbéciles gauchistes), des esclavagistes, des brutes bêtes et méchantes, avinées, racistes, fascistes e c t .

Qu’y a-t-il de si désagréable dans le fait qu’on vous adresse des reproches, qu’on vous accuse, qu’on vous dise que vous avez tort, que vous vous êtes trompé, qu’on vous attaque ? C’est qu’on fait de vous le coupable qu’on prépare à son sacrifice.

Celui qui vous accuse a peut-être raison; peut-être a-t-il tort; peut-être dit-il la vérité; peut-être vous accuse-t-il à tort; peut-être se trompe-t-il; peut-être vous calomnie-t-il !? Si vous ne vous défendez pas, vous serez l’âne de la fable, le lion dira à l’assemblée : « Tout le monde est d’accord pour celui-là ? Alors sacrifié !» Vous porterez le chapeau, vous serez le fusible qui sautera et le problème sera réglé !

Il existe d’autres façons de gérer la culpabilité.

Le mythe d’Adam et Êve

novembre 7, 2009

Êve a convaincu Adam de manger du fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, transgressant tous deux un  commandement de Dieu et acquerant ainsi la connaissance du bien et du mal. Par  cette connaissance, ils savent qu’ils sont nus, ils se vêtissent, ils acquièrent la pudeur. Pour les punir de leur désobéissance, Dieu les chasse du paradis, ils deviennent mortels. Ou, ayant acquis la connaissance du bien et du mal,  ayant acquis la conscience, ils savent qu’ils vont mourir. En raisonnant par syllogisme, on peut interpréter de cette façon : par la transgression des commandements de Dieu, de la Loi, on devient coupable (par définition), mortel, destiné à mourir, donc condamné à mort.

Êve a écouté le serpent, c’est un symbole qui a plusieurs sens. Lorsque Jésus traite les pharisiens de race de serpent, engeance de vipère, c’est une façon de leur signifier leur scélératesse. Mais le serpent est aussi  une métaphore visuelle (?) du membre masculin, donc un symbole du principe mâle, du Vir d’Aristote,  de ce qui donne l’intelligence.

Plusieurs interprétations sont possibles. 1) Êve a commis une scélératesse en relation avec le sexe en vue d’acquérir la connaissance du bien et du mal : du Vir, du principe mâle. C’est le péché originel, de là découlent les tribulations et les souffrances des hommes et des femmes :

«   Alors Yahvé dit au serpent : « Parce que tu as fais cela, maudit sois-tu entre tous les bestiaux et toutes les bêtes sauvages. Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre tous les jours de ta vie.Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon. »

A la femme il dit : «  Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ta convoitise te poussera vers ton mari et celui-ci dominera sur toi. »

A l’homme il dit : « Parce que tu as écouté la voix de la femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger, maudit soit le sol à cause de toi !          A force de peine tu en tireras subsistance, tous les jours de ta vie. Il produira pour toi épines et chardon et tu mangeras l’herbe des champs. A la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes au sol, puisque tu en fus tiré. Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise. » »

***

Dieu dit au serpent : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. »

Deux sens possibles suivant que le serpent symbolise la scélératesse ou l’Homme.

Dieu dit à la femme : « Ta convoitise te poussera vers ton mari et celui-ci dominera sur toi. »

Ce que convoite la femme, c’est le Vir. Ce qui domine la femme c’est le Vir.

2)  Une deuxième interprétation du mythe serait de dire que la scélératesse est un moyen d’acquérir la connaissance humaine, d’approcher de la mort  et de Dieu.

On pourrait résumer ce mythe simplement en utilisant des mots grossiers pour qualifier Êve et sa descendance. Les pères de l’église chrétienne ont ensuite créé un autre mythe, celui de la vierge Marie, qui a annulé celui d’Adam et Êve car il était fataliste et contenait une malédiction.

 

Source, Bible; Génèse 2-16 :

«Yahvé Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d’Eden pour le cultiver et le garder.

« Et Yahvé Dieu fit à l’homme ce commandement : « Tu peux manger de tous les arbres du jardin. Mais de l’arbre de la connaissance du bien et du mal tu ne mangeras pas, car, le jour où tu en mangeras, tu mourras. »

Yahvé Dieu dit : «  Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie. »

Yahvé Dieu modela encore du sol toutes les bêtes sauvages et tous les oiseaux du ciel, et il les amena à l’homme pour voir comment celui-ci les appellerait : chacun devait porter le nom que l’homme lui aurait donné. L’homme donna des noms à tous les bestiaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes sauvages, mais, pour un homme, il ne trouva pas l’aide qui lui fut assortie. Alors Yahvé Dieu fit tomber une torpeur sur l’homme, qui s’endormit.  Il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. Puis de la côte qu’il avait tiré de l‘homme, Yahvé Dieu façonna une femme et l’amena à l’homme.

Alors celui-ci s’écria :

« Pour le coup, c’est l’os de mes os et la chair de ma chair. »

Celle-ci sera appelée femme.

Car elle fut tirée de  l’homme, celle-ci ! »

C’est pourquoi l’homme quitte son père et sa mère et s’attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair.

Or tous deux étaient nus, l’homme et la femme, et ils n’avaient pas honte l’un devant l’autre.

 

3/    le récit du paradis

 

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que Yahvé Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors Dieu a dit : Vous ne mangerez pas de tous les fruits du jardin ? ». La femme répondit au serpent : «  Nous pouvons manger des fruits des arbres du jardin. Mais du fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous ne mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sous peine de mort. »

Le serpent répliqua à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront et vous serez comme des dieux, qui connaissent le bien et le mal. »  La femme vit que l’arbre était bon à manger et séduisant à voir, et qu’il était, cet arbre, désirable pour acquérir le discernement. Elle prit de son fruit et mangea. Elle en donna aussi à son mari, qui était avec elle, et il mangea.

Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrir et ils connurent qu’ils étaient nus ; ils cousirent des feuilles de figuiers et se firent des pagnes.

Ils entendirent le pas de Yahvé Dieu qui se promenait dans le jardin à la brise du jour, et l’homme et la femme se cachèrent devant Yahvé Dieu parmi les arbres du jardin. Yahvé Dieu appela l’homme : «  Où est-tu ? » Dit-il. « J’ai entendu ton pas dans le jardin, répondit l’homme ; j’ai eu peur parce que je suis nu et je me suis  caché ». Il reprit : «  Et qui t’a appris que tu étais nu ? Tu as donc mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? «  L’homme répondit : « C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’ai mangé ! ». Yahvé Dieu dit à la femme : «  Qu’as-tu fait là ? » Et la femme répondit : «  C’est le serpent qui m’a séduite et j’ai mangé ! »

Alors Yahvé dit au serpent : « Parce que tu as fais cela, maudit sois-tu entre tous les bestiaux et toutes les bêtes sauvages.

Tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la terre tous les jours de ta vie.

Je mettrai une hostilité entre toi et la femme, entre ton lignage et le sien. Il t’écrasera la tête et tu l’atteindras au talon. »

A la femme il dit : «  Je multiplierai les peines de tes grossesses, dans la peine tu enfanteras des fils. Ta convoitise te poussera vers ton mari et celui-ci dominera sur toi. »

A l’homme il dit : « Parce que tu as écouté la voix de la femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais interdit de manger, maudit soit le sol à cause de toi !

A force de peine tu en tireras subsistance, tous les jours de ta vie. Il produira pour toi épines et chardon et tu mangeras l’herbe des champs. A la sueur de ton visage tu mangeras ton pain, jusqu’à ce que tu retournes au sol, puisque tu en fus tiré. Car tu es glaise et tu retourneras à la glaise. »

L’homme appela sa femme « Eve » parce qu’elle fut la mère de tous les hommes. Yahvé Dieu fit à l’homme et à sa femme des tuniques de peau et les en vêtit. Puis Yahvé Dieu dit : «  Voilà que l’homme est devenu comme l’un de nous,  pour connaître le bien et le mal !  Qu’il n’étende pas maintenant la main, ne cueille aussi de l’arbre de vie, n’en mange et ne vive pour toujours. ! »  Et Yahvé Dieu le renvoya du jardin d’Eden pour cultiver le sol d’où il avait été tiré.

Il bannit l’homme et il posta devant le jardin d’Eden les chérubins et la flamme du glaive fulgurant pour garder le chemin de l’arbre de vie. »

Le Blame-game

novembre 6, 2009

« Il n’y a point de personnes qui aient plus souvent tort que celles qui ne peuvent souffrir d’en avoir »                                                                                                    La Rochefoucault

Les opiniâtres, les ambitieux, les malhonnêtes gens, les égoïstes, les personnes qui se trompent toujours, les « loi du cœur », les « loi du plus fort » et d’autres…  se mettent sans arrêt en faute. Lorsque leurs torts leur sont reprochés, elles ne le supportent pas, elles nient ; mais elles ne nient pas seulement les fautes commises ; la réalité ; la vérité ; l’évidence ; elles nient aussi leurs responsabilités dans les problèmes qu’elles ont crées :                                                   CE N’EST PAS DE LEUR FAUTE !

Mais il y a faute, il faut donc bien que le tort soit d’un coté ou de l’autre. En niant l’évidence, en refusant de reconnaître leurs torts, elles rejettent ce tort qui passe sur le compte d’une autre personne. Admettons, dans le cadre d’un travail, une erreur a été commise, il s’agit de déterminer qui est l’auteur de la faute afin d’éviter que la même erreur ne se reproduise et ne fasse à nouveau perdre de l’argent à l’entreprise. Admettons que le responsable de la faute refuse systématiquement de reconnaître ses torts, nie, mente et soit de mauvaise foi ; la faute ne peut donc lui être imputé, le tort non plus et la culpabilité non plus !…….

Mais il y a faute, il faut donc que celle-ci soit à quelqu’un….

La partie se joue à trois :

Il y a X ; il y a la Faute ;  et il y a Y.                                                     Il faut que la faute soit à X ou à Y                                                      Si X est le fautif, en rejetant cette sa faute, c’est exactement comme s’il la mettait sur le compte de Y.

C’est le « Blame-game » ; le jeu :

Qui a raison ; Qui a tort ? À qui la faute ? Qui est le coupable ?  Si ce n’est moi, c’est donc toi !

Le plus souvent les blame-games se jouent à deux personnes, le fond de la plupart des querelles consiste à savoir qui a raison, qui à tort ; il est sous-entendu que si ce n’est moi, c’est donc toi.

Les opiniâtres, particulièrement pleins d’amour-propre et voulant toujours avoir raison, se trouvent pris dans ces jeux de culpabilité. Leur attitude qui consiste à raisonner à l’envers pour nier leur implication, est une habitude qui fausse leur raison et leur jugement, provocant  ces situations qu’ils détestent tant.

Il s’agit bien d’une histoire de culpabilité, car celui a tort, c’est le coupable, et le coupable c’est le condamné à mort, symboliquement, mais la limite du symbolique à la réalité est floue, et la culpabilité, un sentiment extrêmement désagréable.  Le plus souvent les querelles les plus enflammées portent sur des futilités et pourtant dégénèrent violemment. Qu’il y a-t-il de si insupportable ?

Mais encore, ces gens qui se trompent, qui vous trompent, qui se veulent vos bergers, qui prétendent connaître votre bien et le vouloir pour vous ; vous placent dans des situations fausses. Elles vous font du tort ou vous placent dans votre tort, et ensuite en refusant de reconnaître leur  responsabilité, vous font porter le chapeau à leur place.

Ceux qui comprennent le caractère opiniâtre et le Blame-game peuvent voir de leurs yeux la culpabilité « agir » certaines gens; Ils passent leur vie à se défausser des problèmes qu’ils  créent ; ils sont pris dans les filets de cette culpabilité à leur insu et à leurs dépends, et dans le même temps, la nie en raillant le christianisme et le péché originel…qui en affirment l’existence.

C’était l’introduction vers la culpabilité, le plan est ici :

https://antidragon.wordpress.com/2009/11/01/manque-de-temps/

Le caractère opiniâtre =>

https://antidragon.wordpress.com/category/la-tante-a-dany/

Le résultat des Blame-games =>

https://antidragon.wordpress.com/2009/09/18/les-sophismes-dinteret-damour-propre-et-de-passion/