La vertu selon Aristote

Pour mettre fin aux errements qu’on peut lire sur internet à propos de la vertu, voici la définition qu’en donne Aristote dans l’Ethique à Eudème :

La vertu est une qualité qui tient le juste milieu entre deux défauts : un manque et un excès. Dans l’éthique à Eudème, la liste suivante est donnée :

MANQUE                         EXCES                               VERTU
Irascibilité                     Passivité                               Douceur
Lâcheté                        Témérité                                Courage
Impudence                   Pudibonderie                        Pudeur
Intempérance               Insensibilité                           Tempérance
Pas de nom                  Envie                                   Juste indignation
Cupidité                      Désintéressement                   Justice
Avarice                        Prodigalité                            Libéralité
Vantardise                   Ironie                                    Véracité
Haine                          Flatterie                                 Amitié
Arrogance                  Complaisance                        Gravité
Mollesse                     Austérité                                Endurance
Vanité                         Humilité                                Magnanimité
Mesquinerie                Ostentation                           Magnificence
Naïveté                       Fourberie                              Prudence

Il faut lire de cette façon : le courage est un juste milieu entre la lâcheté qui est un manque de courage, et la témérité qui est un excès de courage.
Le courage est une des  parties de la vertu.

Le mot vertu a pour racine le mot « vi », qui a donné en ancien Français le mot « vit », qui est le membre masculin; et le mot vir qui est le principe mâle ou le principe raisonnant ; c’est ce qui  caractérise l’homme ; ce qui fait la différence entre l’homme et la femme; c’est ce qu’a l’homme et n’a pas la femme.
Le vir c’est cette intelligence qui permet d’acquérir les qualités listées ci-dessus..
Cette explication est la même que celle donnée pour le mythe d’Adam et Eve. (voir catégorie religion.)

Aristote donne ensuite la brève explication suivante :

« L’homme irascible se met en colère plus qu’il ne faut, plus vite et dans plus de cas qu’il ne faut. L’homme passif connaît le défaut relativement aux cas et à la manière de se mettre en colère. Le téméraire ne craint pas ce qu’il convient de craindre au moment et de la manière qui conviennent. De même l’intempérant est plein de désirs, il connaît l’excès de tous les plaisirs possibles ; l’insensible est dans le défaut et ne désire même pas quand il vaut mieux désirer et où la nature l’exige : il est sans réaction, comme une pierre. L’homme amoureux du gain veut s’agrandir de tous les cotés ; le désintéressé ne tire d’argent de nulle part ou presque. Le vantard fait semblant d’avoir plus qu’il n’a, l’homme faussement humble moins. Le flatteur vous loue plus qu’il ne convient, le malveillant moins qu’il ne faut. Trop se plier aux volonté est de la complaisance, le faire peu et péniblement est de l’arrogance. Ne supporter aucune douleur même s’il vaut mieux en supporter, c’est de la mollesse, celui qui les supporte toutes également ne porte pas de nom en général, mais par métaphore, on le traite de souffre douleur, de misérabiliste.  Le vantard se juge digne de plus grandes récompenses qu’il n’en reçoit, le pusillanimes de moindres récompenses. Le prodigue connaît l’excès dans toutes les dépenses, l’homme sans prodigalité, est pour toutes, dans le défaut. De même aussi pour l’homme mesquin et le prétentieux : l’un dans son excès va au-delà des bienséances, l’autre dans son défaut est en deçà. Le fourbe s’enrichit de toutes les façons et par tous les moyens, le naïf n’utilise même pas les moyens qu’il faut.
L’envieux souffre d’un plus grand nombre de réussite d’autrui qu’il ne convient (ceux qui réussissent et le méritent peinent le jaloux par leur réussite), son contraire ne porte pas de nom, mais son excès se trouve dans cette absence de souffrance devant ceux qui réussissent indûment, ils se laissent faire, comme les gourmands devant la nourriture, tandis que l’autre est intraitable à cause de sa jalousie. »
Ethique à Eudème, Pocket, Agora

Cette liste est discutable, problème de traduction ou peut être certains mots ont-ils changé de sens depuis ? Par exemple :

« Trop se plier aux volonté est de la complaisance, le faire peu et péniblement est de l’arrogance. »

L’arrogance consiste à s’arroger des droits qu’on a pas; des droits sur autrui ; Se plier peu et péniblement aux volontés d’autrui est plutôt de la superbe ou de la fierté  …. Et ainsi de suite

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