L’esprit paranoïaque

De la psychose paranoïaque dans ses rapports avec la personnalité. Lacan. 1932

« La formule d’activité la plus souhaitable pour ces sujets, c’est leur encadrement dans une communauté laborieuse, à laquelle les lie un devoir abstrait. Ces malades ne méritent pas le mépris dont les accablent certains auteurs, ils peuvent être au contraire des éléments de haute valeur pour une société qui sait les utiliser. Instituteurs, infirmières, aides de laboratoires ou de bibliothèques, employés, contremaîtres, ils révèleront des qualités morales très sûres, en mêmes temps que des capacités intellectuelles en général non médiocres. Mais la société moderne laisse l’individu dans un isolement moral cruel, et tout particulièrement sensible dans ces fonctions dont la situation intermédiaire et ambiguë peut être par elle-même la source de conflits intérieurs permanents. D’autres que nous ont soulignés l’important contingent qu’apporterait à la paranoïa ceux qu’on appelle d’un nom injustement péjoratif, les primaires: instituteurs et institutrice, gouvernantes, femmes attachées à des emplois intellectuels subalternes, autodidactes de toute espèce, e c t. Nous avons rapporté là-dessus les fines observations de Kretschmer. C’est pourquoi il nous semble que ce type de sujet doit trouver le plus grand bienfait à une intégration conforme à ses capacités personnelles, dans une communauté soumise à des règles, de ses tendances autopunitives.                        A défaut de cette solution idéale, toute communauté tendant à satisfaire plus ou moins complètement aux mêmes conditions : armée, communautés politiques et sociales militantes, sociétés de bienfaisance, d’émulation morale ou sociétés de pensées, bénéficierait des mêmes indications. On sait par ailleurs que les tendances homosexuelles refoulées trouvent dans ces expansions sociales une satisfaction d’autant plus parfaite qu’elle est à la fois plus sublimée et plus garantie contre toute révélation consciente.»  p 277

« Les chercheurs italiens modernes, attendent la clef des structures mentales de la paranoïa d’un rapprochement avec les formes, définies par les sociologues, de la pensée primitive, dit encore pensée prélogique.»

Le caractère essentiel des gens de gauche.

Cet esprit est scindé en deux entités, un idéal du Bien et un idéal du Mal. Ces deux entités se combattent l’une l’autre et cohabitent dans le même cerveau. L’une exècre l’autre. Ce qui se passe à l’intérieur de ce cerveau est projeté à l’extérieur, dans la réalité, et devient la grille de lecture et d’interprétation manichéenne de cette réalité. Le vécu est une réalité fantasmée.

D’un coté nous avons cet idéal du Bien, qui ne va pas  sans l’existence du Mal juste à coté de lui  : la défense des pauvres gens, des exploités, des opprimés, le partage, la lutte contre les inégalités, la France terre d’accueil des immigrés du monde entier, l’antiracisme; Mais en face se tient bien le Mal : d’abord tout ce qui s’oppose d’une façon ou d’une autre à ce Bien est qualifié de Mal : la droite en général, le patronat, tout ce qui s’oppose à la loi du coeur, mais aussi le fascisme, le racisme, l’antisémitisme; et toute les causes pouvant servir à cette même fin : incarner une lutte du Bien contre le Mal, l’écologie par exemple. L’esprit paranoïaque ne se définit et n’existe que dans son rapport à un ennemi qui le structure, à un Satan.

Cet esprit de type religieux est doté d’une forte conviction intime lui ordonnant de mener croisade contre le Mal, comme une mission divine confiée par on-ne-sait-quel Dieu. En pratique, on trouve une tendance à jouer les gouvernantes avec tout un chacun, à jouer les redresseurs de tort toujours à faux (fausseté du jugement), à se comporter en petit soldat vis-vis de son entourage, ou, dans le pire des cas, à être le tyran domestique voulant contrôler chacun des faits et des gestes de ses proches. (un « control freak »).

L’histoire de Frankenstein expose bien cette dualité, ce savant fou : le docteur Frankenstein, a créé un monstre horrible et lui a donné vie. Ce monstre est uniquement dans sa tête évidemment, ce monstre s’est rebellé et a échappé au contrôle de son créateur. Depuis, celui-ci s’est lancé à sa poursuite à travers le vaste monde, il doit à tout prix l’empêcher de nuire et se sent responsable du mal qu’il fait. Sa mission sur terre est de l’attraper et de le neutraliser; C’est le cas du paranoïaque de combat.

Les gens de gauche connaissent très bien ce Mal, lorsqu’ils se lancent dans le combat pour la morale, pour la restriction des libertés, pour le plus de répression, de contrôle, ils savent de quoi ils parlent, ce Mal est en eux, ils sont qualifiés pour le connaitre ! C’est la connaissance paranoïaque.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :