L’instinct de mort

Les passages ci-dessous sont tirés des écrits de Jacques Lacan, le psychanalyste, idole de toute la gauche, dans les années soixante. Lacan était un juif qui a renié sa judéité, et déclaré dans sa « Lettre aux catholiques » petit livre d’une vingtaine de page que la religion catholique et apostolique romaine était la vraie religion.

Lacan relie les tendances suicidaires à la Loi du  cœur et celle-ci au narcissisme. Il donne pour exemple Alceste, dans le misanthrope de Molière :

« « Alceste…son narcissisme….il se l’exprime à lui- même sous la forme de la loi du cœur :

« Je veux qu’on soit sincère et qu’en homme d’honneur

On ne lâche aucun mot qui ne parte du cœur. »

« Vous croyez donc être aimé d’elle ?

Oui, parbleu, je ne l’aimerai pas, si je ne croyais l’être. » E 1 / P 173

« La Loi du cœur est le ‘’Je’’ infatué de son sentiment. » E1 / P 412

Puis la suite :

« Alceste est fou et Molière le montre comme tel, très justement en ceci que dans sa belle âme il ne reconnaît pas qu’il concourt lui-même au désordre contre lequel il s’insurge. »      E1 /   P 172

« La méconnaissance essentielle de la folie…… se révèle dans la révolte, par où le fou veut imposer la loi de son cœur à ce qui lui apparaît comme le désordre du monde, entreprise insensée …

…  Son être est donc enfermé dans un cercle, sauf à ce qu’il le rompe par quelque violence où, portant son coup contre ce qui lui apparaît comme le désordre, il se frappe lui-même par voie de contre – coup social.» E 1 / P 171

« Cette tendance suicide représente ce que Freud a cherché à situer dans sa métapsychologie sous le nom d’instinct de mort ou encore de masochisme primordial. » E 1 / P 186

Le narcissisme :

« Quand au ressort de la péripétie, il est donné par le mécanisme que, bien plutôt qu’à l’auto punition, je rapporterai à l’agression suicidaire du narcissisme.

Car ce qui met Alceste hors de lui à l’audition du sonnet d’Oronte, c’est qu’il y reconnaît sa situation, qui n’y est dépeinte que trop exactement pour son ridicule, et cet imbécile qu’est son rival lui apparaît comme sa propre image en miroir ; les propos de furieux qu’il tient alors trahissent manifestement qu’il cherche à se frapper lu- même. »                                                        E1 / P 174

L’origine de la tendance suicide :

L’enfant joue avec un objet : il est là ! il est plus là ! Il mime les absences et les retours de sa mère.

« Personne n’avait compris avant lui [Freud]  dans leur caractère itératif la répétition libératoire qu’y assume l’enfant de toute séparation ou sevrage en tant que tel.

Grâce à lui nous pouvons les concevoir comme exprimant la première vibration de cette onde stationnaire de renoncement qui va scander l’histoire du développement psychique.

Au départ de ce développement, voici donc lié le Moi primordial comme essentiellement aliéné et le sacrifice primitif comme essentiellement suicidaire :

C’est-à-dire la structure fondamentale de la folie. » E1 /  P 186

Chacune des phases du développement psychique : « Sevrage, intrusion, oedipe, puberté, adolescence,  refont chacune une nouvelle synthèse des appareils du moi. »

«  Des frustrations pulsionnelles se seraient comme arrêtées en court-circuit sur la situation oedipienne, sans jamais plus s’engager dans une élaboration de structure. »                        E1 /  P 133

Ici s’arrête ma compréhension, ensuite il s’agit d’interpréter. Lacan relie la Loi du cœur au narcissisme, qui est un concept qui reste floue, ensuite il relie le narcissisme à l’imago, qui serait une instance identique à celle qui sert à l’imprégnation chez les animaux : le fait que les canards au sortir de l’œuf prennent pour  mère le premier être vivant qu’ils voient. Voir :  » Propos sur la causalité psychique ». Toujours est-il qu’il est possible de relier des choses disparates et de donner une vue d’ensemble cohérente entre le gauchisme, la culpabilité, la religion, l’instinct de mort. La lecture de Lacan n’est pas conseillée, c’est un puzzle à reconstituer, très ésotérique. Lacan était un être ambigu qui a déclaré à la fin de sa vie à propos de la psychanalyse : «Malgré tout ce que j’ai pu en dire, je ne sais toujours pas pourquoi mes malades guérissent.» Sa vie personnelle était très agitée, entre amour et rapports de force, elle est raconté par Catherine Thuil dans « La domination ».  La référence à Lacan ne plaira pas, je le comprends, mais je suis obligé de rendre à César ce qui est à César. Je suis moi-même BCC Blanc Chrétien Caucasien.

Pour la Loi du cœur, voir ici :

https://antidragon.wordpress.com/category/loi-du-coeur/

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2 Comments »

  1. 1
    LGS Says:

    Comme je te l’ai dit sur le site de Boris, j’ai connu le frère de Lacan, j’ai été certain par la suite qu’il était juif ! Mon Dieu quel malheur cette engeance aura entrainé dans ma vie. j’en rigole maintenant.
    Je suis surpris qu’un psy comme toi ait quelques idées de Boris.
    Je honnis la psychanalyse, ne serait-ce que par ses origines et quand je vois ses effets chez les gens…

  2. […] Antidragon : l’instinct de mort […]


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