Adoubements – IV

On pourrait donner pour définition de l’adoubement :

Cérémonie d’initiation par laquelle les adolescents intègrent la communauté des hommes avec les mêmes droits et les mêmes devoirs, dans les société tribales : prendre femme et participer à la guerre. Ou bien rite initiatique au cours duquel une autorité, des supérieurs, des chefs font passer des épreuves, à la fin desquelles des impétrants intègrent un niveau supérieur. Du fait que ces supérieurs entérinent une élévation, il faut qu’il y ait estime, émulation et désir de ressembler à ces supérieurs. Cette reconnaissance par l’autorité ne va qu’à ceux qu’elle approuve, coopte, ET n’est accordée qu’à ceux qui le méritent et le désirent

Ou encore la chose que donne des aînés ou qu’on reçoit à la suite d’un apprentissage : diplôme, capacité, reconnaissance, entrée dans un cercle de pairs; la cérémonie de bizutage est un adoubement.

(Impétrant : celui qui obtient une charge, un diplôme, un bénéfice, un titre. Abusivement : celui qui sollicite.) On pourrait dire : Action par laquelle une autorité adoube un impétrant pour le faire pénétrer.

Dans les sociétés primitives, les adoubements sont sanctionnés par des signes de reconnaissance : des fétiches : des symboles d’un pouvoir, c’est cette chose que les policiers acquièrent avec l’uniforme, c’est ce que l’on cherche à s’approprier par le costume – cravate, par telle voiture de haut de gamme, tel passage télé.

Si on ne dispose pas du  fétiche, on n’est ni qualifié ni autorisé;  Les professeurs ne transmettent pas de fétiche à leurs élèves, il n’y a pas d’étape, de rite d’initiation à la suite duquel ils seraient autorisé à passer dans le club des adultes, ni d’épreuve de maturation dont le but serait le passage du stade d’enfant à homme, ou femme. Le diplôme est supposé faire faire le saut, c’est un fétiche qui ne rempli pas le rôle que la société est censée lui avoir dévolue. Les pauvres ne croient plus au diplôme, ils ont raison, le diplôme ne suffit plus, c’est donc qu’il n’est investit d’aucun pouvoir.

« Le…la »  est une transmission. Qu’est-ce qu’on transmet ? De qui à qui ? De quelle façon ? Qu’est-ce qui fait qu’on reconnaît chez une personne des qualités, une façon d’être, de telle sorte qu’on lui accorde une autorité, comme si elle avait été adoubée ?

« Le …la » est un synonyme de : hospitalité, nationaliser, agréer, recevoir, faire entrer, introduire, incorporer, introniser, faire chef, établir, installer, abidocher, apparier.

Pour prendre des exemples très concret, lorsque des métèques se portent garants de leurs compatriotes ou coreligionnaires pour les faire entrer dans le pays dans lequel ils sont installés afin qu’ils bénéficient des mêmes avantages, ils se font usurpateurs d’une autorité qui n’ont pas.

Ou encore, lorsque des nationaux font ami-ami avec des étrangers entrés illégalement en France et qu’ils exigent que la société leur donne des papiers, ils commettent deux abus par lesquels ils se prétendent l’autorité légitime ayant le pouvoir d’adouber des étrangers.

Poursuivant cette logique à son terme, on trouve des principes de guerre :

Cheval de Troyes : ruse destinée à convaincre des gens de laisser  pénétrer des ennemis chez eux.

Et : infiltration par ruse en arrière de lignes ennemies.

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