De l’indignation

L’indignation est la passion ou le sentiment d’une injustice, on s’indigne lorsque des personnes jouissent de biens qu’elles ne méritent pas, – Ex :les voleurs –  mais l’on s’indigne également à la vue de malheurs immérités ; Lorsqu’on est spectateur d’une agression violente et gratuite, on se sent indigné.

Il faut bien distinguer l’action, de la passion : ce qui provoque l’indignation : les faits eux-mêmes, du sentiment excité. Par le récit d’une injustice (l’action), on fait naître la passion d’indignation dans l’esprit des auditeurs; Ce récit peut être réel, fictif ou mensonger. Dans ces trois cas, l’auditeur éprouvera de l’indignation. L’homme de la rue conclura de la vérité de son ressenti à la vérité du récit qui lui est fait. C’est pourquoi on cherche à émouvoir les auditeurs, ou la foule, pour les convaincre de la vérité de ce qui leur est raconté. Cette vérité du sentiment, cette réalité du ressenti, – la certitude sensible chez Hegel – est confondue avec le Réel.

On peut éprouver de l’indignation par empathie, si une personne exprime son indignation de façon véhémente, l’auditeur conclura de la sincérité de celui qui s’exprime, à la réalité de l’injustice relatée, par simple contagion : ressenti du ressenti d’autrui.

Il faut donc bien distinguer les faits eux-mêmes, 1) d’abord du récit qui en est fait, qui peut être vrai, vraisemblable ou mensonger.2) de la passion de celui qui s’exprime, passion qui peut être réelle, mais qui peut aussi être simulé, comme le récit peut être fabulé.

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Selon Aristote, il y a indignation lorsqu’il y a bonheur immérité ; Crainte lorsqu’il y a malheur pouvant aussi nous toucher ; Pitié pour le malheur immérité d’autrui;  Envie pour le bonheur mérité d’autrui, passion vile car l’envie cherche nuire pour priver son prochain de ses biens mérités, alors que l’émulation le met en état de les acquérir. On éteint l’indignation en excitant la pitié ; on éteint la pitié en excitant l’indignation.

Aristote rhétorique

§ 1. Définition de l’indignation ; en quoi elle diffère de l’envie.

«Avoir pitié a surtout pour contraire ce qu’on appelle s’indigner. En effet, à la douleur que cause un injuste malheur, est opposée en quelque sorte une douleur qui vient du même sentiment moral, celle que cause un bonheur immérité. Ces deux affections naissent d’un sentiment honnête ; car, si, à la vue de ceux qui souffrent injustement, nous devons compatir et avoir pitié, nous devons également nous indigner à la vue de ceux qui sont heureux sans le mériter. Ce qui arrive en dehors du mérite est injuste ; et voilà pourquoi nous attribuons l’indignation, même aux dieux. Il semblerait aussi que l’envie est en quelque sorte opposée à la pitié, puisqu’elle se rapproche de l’indignation, et qu’elle se confond avec elle ; mais c’est une tout autre chose. L’envie est bien aussi une douleur qui nous trouble à la vue du bonheur d’autrui; mais elle ne s’attaque pas à l’indigne; elle s’attaque à notre égal et à notre semblable.»

http://books.google.fr/books?pg=PA193&dq=aristoteles+rh%C3%A9torique&id=-BoTAAAAQAAJ#v=onepage&q=&f=false

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