Escalade du conflit et rupture

Il arrive parfois qu’il y ait un désaccord entre deux personnes. La situation est si fréquente que chacun a eut l’occasion de l’expérimenter. Il se peut que le bon sens prévale et qu’après une période de mésentente, le désaccord disparaisse de lui-même comme un jour de mauvais temps en été, mais il arrive aussi que ce ne soit pas le cas et qu’aucun terrain de conciliation ne soit trouvé. Alors le conflit évolue dans le mauvais sens. Bien souvent la cause du conflit est puérile, le plus souvent il s’agit d’un abus si évident qu’on se demande comment il peut perdurer; voyez la guerre des voisins sur TF1; Pourtant, au départ, presque toujours, l’une des deux personnes a fait connaître ce désaccord gentiment en espérant qu’il ne s’agisse que d’un malentendu.

On pense d’abord qu’un simple exposé du problème suffira à le résoudre, c’est ce qui arrive le plus souvent, mais si cet essai échoue et que le désaccord persiste, une étape est franchie, les deux parties s’expliquent à nouveau, elles argumentent, en appellent à la raison, à la bonne foi, en pensant toujours à une résolution rapide.

Si l’exposé du problème n’a pas d’effet et que le désaccord porte sur des choses inacceptables, si l’un des deux protagonistes a raison et l’autre a tort, il s’ensuit une nouvelle discussion au cours de laquelle les passions s’échauffant, les points sont mis sur les i.

Si aucune solution n’est trouvée, il s’ensuit une escalade dans le  rapport conflictuel, le ton monte, il y a franche explication, puis dispute, ce temps est assez long avec un crescendo.

Si les explications sont ignorées et les tentatives de conciliation inutiles, si d’un coté il y a un entêtement volontaire dans l’erreur, un refus de reconnaître l’évidence ; la forme du conflit passe à l’expression du mépris de façon verbale mais polie. Des deux cotés car il y a un effet miroir, l’un reprochant à l’autre ce que l’autre a à lui reprocher, c’est l’inversion accusatoire: ce n’est pas moi, c’est toi !

Après un certain temps,  le conflit s’installe, il devient une affaire personnelle mettant en jeu l’amour-propre de chacun des protagonistes, si l’un a raison c’est que l’autre a tort, c’est le point de non-retour;   L’exaspération montant, le conflit prend la forme du manque de respect, des insultes sont échangées. De l’un coté, c’est le temps de l’appel au respect, à la politesse, à la tolérance, à l’exigence de considération due à tout être humain, et simultanément celui du déni et de la mauvaise foi.

Si la situation n’évolue pas, si l’intolérable se poursuit malgré les tentatives de conciliation, alors la situation s’aggrave, devient dramatique, c’est le temps des menaces; c’est l’avant dernière étape avant les coups.

*

Il y a des personnes qui sont si butées dans leurs certitudes, si entêtées dans leurs convictions, qu’il est impossible de leur faire comprendre quoique ce soit, même 1 et 1 font 2. Elles ne comprennent, même, qu’il y a désaccord que lorsqu’elles sont menacées, alors, une petite lumière s’allume au fond de leur cerveau : « Ha ! Il y a quelque chose qui ne va pas !». Dans certains cas, c’est le seul moyen de s’en faire comprendre.  Dans certains cas bien précis, lorsqu’on vous manque de respect, lorsque vos demandes sont  lettres mortes, lorsque vous avez les moyens de ce que vous promettez, il réside un pouvoir dans cette avant-dernière étape.

Ce qui ne s’applique pas seulement aux petites frappes de cité qui ne connaissent et ne respectent que la force, et auxquelles on ne peut inspirer de respect qu’en inspirant de la crainte.

Dans un conflit, il y a deux étapes distinctes, le début du conflit, le temps de l’unicité : le temps au cours duquel on pense qu’une solution est possible. Le point de non retour est le moment où l’on prend conscience qu’il ne peut y avoir d’accord, vient alors le second temps, celui de la séparation. Ce tranchage du lien doit s’inscrire dans une politique de rupture, car l’un des protagoniste n’y a pas intérêt, il y perd ce qu’il y trouvait dans l’abus générateur du conflit ; alors, l’un voulant la séparation et l’autre non, c’est volonté contre volonté, une guerre psy.

Lorsque l’avant dernière étape s’adresse à l’autorité, c’est qu’elle n’est plus respectée mais méprisée : considérée comme inférieure, c’est que des étapes ont  été franchie : celles du désaccord, du mépris, des insultes, de l’exigence de déférence, et enfin l’étape dans laquelle l’exigence d’obéissance est perçue comme un indû, une offense, une volonté d’avilissement. On n’obéit pas à des gens qu’on méprise car on les considère comme des inférieurs, l’exigence d’obéissance de la part de gens qu’on méprise est perçue comme avilissante, même si ces gens méprisés sont des supérieurs sociaux, ils nous rabaissent, cette exigence est offensante, elle met en colère, et dans la colère il n’y a pas de crainte, la crainte du pouvoir n’a donc plus d’effet ; c’est le moment où l’autorité n’est plus l’autorité, c’est le temps de la révolte ou de la révolution.

Relisez les posts ici, les étapes ci-dessus s’y trouvent :

http://vge-europe.eu/index.php?post/2008/07/25/Reponse-de-VGE

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