Mauvaise foi, colère, impudence; Suite

Les mots n’ont pas aujourd’hui le même sens que celui du temps d’Aristote, ou bien, les traducteurs ne disposent pas des mots équivalents en Français.

Aujourd’hui, ce qui excite le mépris, c’est la bassesse. Mais le sentiment correspondant n’est pas l’indifférence (à ce qui ne peut nous faire ni bien ni mal), mais l’envie d’écraser du talon cette bassesse.

Le dédain, la hauteur peut exciter la colère, mais uniquement s’il se trouve dans ce dédain quelque chose d’offensant. C’est l’offense qui excite la colère. Le mépris immérité, les dédains, la vexation et l’outrage sont bien des offenses.

Offense : de ce qui est offensif. C’est une attaque, imméritée par définition; ce n’est pas une contre-attaque… c’est un coup que l’on reçoit sans l’avoir mérité.

Dans la traduction Gallimard : colère = « désir impulsif et pénible de vengeance d’un dédain notoire, ce dédain n’étant pas mérité.» Ce désir de vengeance doit cibler une personne particulière :

«La colère est un désir de vengeance apparente accompagné de douleur contre ceux qui ont montré un injuste mépris pour nous ou pour l’un des nôtres. Si cette définition est exacte, il est nécessaire que celui qui se livre à la colère le fasse toujours, non contre l’homme en général, mais contre un homme en particulier, par exemple Cléon, et que cet homme ait fait ou ait été sur le point de faire quelque chose contre lui, ou contre quelqu’un des siens»

Pour porter les français à la colère, il faut leur monter qu’ils ont été offensés par mépris, vexation ou outrage, par une personne particulière et sans qu’ils l’aient mérité. Il faut aussi tenir compte de l’auditoire, si l’on s’adresse à une assemblée de militants ou si l’on parle à la TV, l’auditoire n’est pas le même, dans un cas il est d’esprit viril et déjà convaincu, alors que dans l’autre cas il s’agit de l’opinion publique : une entité féminine, opiniâtre, qui refuse qu’on la place devant un tort quelconque; à qui il faut plaire, c’est le plus important, Elle sera convaincue par ce qu’elle éprouvera, si elle ressent de la colère, c’est qu’elle aura été offensée, si elle éprouve de la compassion, c’est que les personnes qu’on lui aura présenté sont des victimes injustement maltraitées. Elle détestera les personnes vis-à-vis desquelles elle aura ressenti de la colère, et elle aimera celles pour lesquelles elle aura de la pitié. Ce ressenti vaut pour une preuve; lorsque l’affaire est difficile ou obscure, c’est la meilleure preuve. Il décide de ce qui est vrai ou faux, bien ou mal, juste ou injuste, il donne raison ou tort à l’orateur selon qu’il a plût ou déplût.

Voir début : les deux articles suivants.

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