Mauvaise foi, colère, impudence, opiniâtreté et propagande.

Aristote; Rhétorique; Livre II

Dans cet article : Liste-des-passions- ; Aristote fait la liste des passions, des sentiments, qu’il est utile d’exciter chez les auditeurs, la vérité seule ne saurait les convaincre, les auditeurs sont des gens simples, il ne suffit pas de prouver, il faut leur faire éprouver : agir sur les esprits en excitant les passions.

«Il faut d’abord et avant tout leur plaire», dit Lebon, mais dans certains cas, lorsque la colère est méritée, il est utile que les auditeurs se mettent en colère; c’est le mépris qui existe la colère, il faut donc parfois présenter aux auditeurs les choses ou les personnes comme étant méprisables.

Le mépris est l’acte par lequel on signifie qu’une chose, une personne n’a pas de valeur : qu’elle ne peut nous faire ni bien, ni mal. Car, dit Aristote, ce qui peut nous faire du mal, on ne le méprise pas : on le craint, ce qui peut nous faire du bien, on ne le méprise pas : on le recherche. Le mépris est donc une opinion en acte, qui peut consister en parole ou se passer de parole. (si on jette un mégot de cigarette au pied d’une personne, on lui signifie son mépris.) Il précise, dans le livre II de la rhétorique, qu’il a y trois sortes de mépris : le dédain, l’esprit d’opposition et l’outrage. [Une autre traduction dit : trois sortes de dédains: mépris, vexation, outrage.] Par les dédains: on ignore volontairement, ou on maltraite pour signifier le peu de cas qu’on fait d’une personne. Par l’esprit d’opposition ou par la vexation, ou bien on contredit, ou bien on fait empêchement aux volontés d’autrui, non pas pour son propre avantage, mais pour faire pièce à cet autre. Par l’outrage, actes ou paroles, on cause des dommages ou du chagrin en des choses qui font éprouver de la honte, non pour en tirer du profit ou pour rendre la pareille, mais pour son propre plaisir. Rendre la pareille n’est pas outrager, mais se venger. La raison en est, selon Aristote, que ceux qui outragent pensent s’élever en rabaissant les autres, les jeunes et les riches y sont portés. Corriger une personne : la frapper ou lui faire la morale, la censurer ou lui donner des ordres, entre dans la catégorie des outrages lorsque le but visé est de faire sentir une supériorité : « la très haute estime et l’excellente essence en laquelle l’individu prétend agir. » comme dit Hegel. Le manque de respect entre dans l’outrage.

Passons maintenant à une autre catégorie, celle de la « stubborness »: l’entêtement stupide. L’opiniâtre, qui veut toujours avoir raison, qu’il ait raison ou tort, peu importe, est obligé, pour soutenir son point de vue de nier la réalité: il est dans le déni du réel car celui-ci lui donne tort, il doit donc aussi nier la vérité, donc s’opposer à la raison, et par suite il doit nier l’évidence: le 1+1=2.

Nier l’évidence est ce qu’on appelle être de mauvaise foi; Celui-là soutient mordicus que ce que vous croyez vrai, est en réalité faux; et que ce que vous pensez être faux, est en réalité vrai. Il soutiendra effrontément que 1+1 n’ont jamais fait 2, et par contre, insistera pour vous faire admettre qu’il est évident, et tout le monde le sait, que 1+1 font 3.

Nous avons ici les deux facettes de la propagande: l’une qui consiste à nier la réalité vécue chaque jour par les citoyens, et l’autre facette qui consiste à leur raconter des fables, des histoires; et à insister jusqu’à ce qu’ils cèdent et acceptent les mensonges qu’on veut leur faire avaler comme étant la vérité; jusqu’à ce que leur volonté renonce à nier le mensonge et à rétablir la vérité. (Il s’agit en fait de la volonté de l’opinion publique mesurée par les sondages. C’est de la guerre psychologique, en insistant c’est la volonté qu’on attaque.)

Or, dit Aristote, nier l’évidence est de l’impudence, et l’impudence est un mépris : le mépris, ce qui excite la colère. Il est donc naturel d’être en colère, et exaspéré, par les opiniâtres, ainsi que par la propagande incessante.

Mais au delà d’une simple question d’amour-propre : d’un manque de respect pour les citoyens, la propagande cherche à nuire volontairement à leurs intérêt, cette volonté de procéder injustement devrait être une nouvelle cause de colère : « Pour une chose qui réclame tout votre feu, vous êtes froid.»  Les Français qui restent froid sont des individus dont l’entendement est faussé : ils ne sentent ni l’insulte à leur intelligence, ni ne sont conscients des torts qu’ils subissent.

Définition et exemple d’opiniâtreté : Category/la-tante-a-dany/

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