La conscience selon Hegel

Phénoménologie de l’esprit

Conscience aventureuse

Conscience aventureuse

Selon Hegel, la vie est une succession d’états de conscience résultant de l’errance de la conscience à la recherche de la vérité et certitude d’elle-même ; De son essence, de son être, ou du savoir absolu d’elle-même.

Cette théorie de la vie : succession d’états de conscience, prévalait autrefois en psychologie. On constate en effet que la conscience évolue au cours de la vie, la conscience de l’enfant n’est pas celle du jeune homme, de l’homme mûr, puis du vieillard. Ce que décrit Hegel est une phénoménologie, une évolution sans cause connue de phénomènes sans liens logiques les uns avec les autres, comme des phénomènes météo.

Plus ou moins, car les auteurs sont ésotériques, la conscience évoluerait selon les schémas donnés par Hegel, dans lesquels on retrouverait des caractéristiques communes à toutes les consciences : savoir, devoir, persuasion, conviction intime, raison, vérité, bien et mal, croyance.

Après un feuilletage rapide on pourrait, pour simplifier et interpréter Hegel, noter les points suivants :

« La conscience est Je, rien d’autre. »    P 23

« Son critère de vérité est l’identité à soi-même. »  P 44

« Je suis Je »   P 103

« La conscience de soi est tout simplement désir. »  P 104

« Pour la conscience de soi est bon et en soi l’objet dans lequel elle se trouve, tandis qu’est mauvais celui dans lequel elle trouve le contraire de soi ; le bien est l’identité, et le mal la non – identité de la  réalité objectale avec elle. »                                              P 338

«  La relation de la conscience qui trouve identique est le bien, et celle qui trouve non identique est le mal. »                       P 340

Hegel précise que pour la conscience est le bien : l’universel, l’essence, l’être pour soi ; Est le mal : la singularité, le fait de suivre sa propre voie et Loi.

L’idéalisme :

Il semble qu’il y ait, dans chaque conscience, un savoir, un devoir, une croyance ou une conviction morale et un concept de la raison.

1°  La raison

Il semble, qu’à un moment donné une conscience s’aperçoive qu’elle a une RAISON, et que de ce constat découle un genre d’idéalisme :

« Sa vérité est ce qui, dans le syllogisme où les extrêmes se présentaient comme absolument disjoints l’un de l’autre, apparaît comme le terme médian qui …est l’unité qui sait immédiatement l’un et l’autre et les met en relation, et la conscience de leur unité, qu’il énonce à la conscience, et, partant, à lui-même, est la certitude d’être toute vérité. »                                                      Hegel / P 163

La raison serait donc cette chose qui fait l’union dans un raisonnement. Le « Je » est le mouvement de cette raison et ce « Je » est la certitude d’être toute vérité. Il s’agit d’un mouvement simple comme tout syllogisme, du style théorie des ensemble étudié au collège, par exemple si a > b et b > c alors : a > c.  Le monde que cette conscience croit comprendre à l’aide de cette raison lui devient alors familier :

« La pèrexistence du monde devient à ses yeux sa propre vérité et présence ; elle est certaine de ne faire en lui que l’expérience d’elle-même. La raison est la certitude qu’à la conscience d’être toute réalité ; c’est ainsi que l’idéalisme formule le concept de la raison. De même que la conscience qui entre en scène comme raison a immédiatement cette certitude en soi, de même l’idéalisme l’énonce également immédiatement : Je suis Je. »                         P 178

« Sa pensée est elle-même immédiatement l’effectivité ; elle se rapporte donc à celle-ci comme idéalisme. Pour elle, en ce qu’elle se saisit ainsi, c’est comme si le monde se mettait seulement à lui advenir ; auparavant, elle ne le comprend pas. »              P 163

Cet idéalisme est vide, puisqu’il ne s’agit que d’affirmer sa certitude que « Je suis-je » ;  Ce constat de la raison raisonnante qui se dit « Je suis Je »  tout le monde peut le faire :

« La conscience ne fait qu’assurer être toute réalité, mais ne conçoit pas cela elle-même….l’idéalisme qui commence par cette affirmation, n’est donc aussi bien que pure assurance qui ne se conçoit pas elle-même, ni ne peut se rendre concevable à d’autres…..c’est donc avec un même bon droit qu’à coté de l’assurance de cette certitude-là se dressent aussi les assurances de ces certitudes-ci. La raison en appelle à la conscience de soi de chaque conscience : Je suis Je ; mon objet et essence est ce Je ; et aucune conscience ne lui déniera cette vérité. »                                                                             P 166

2 ° Dans toute conscience existe une croyance, définition :

« Il y a au-delà de ce monde, (de la culture) le monde non effectif de la pure conscience, ou de la pensée. Ce monde a pour contenu ce purement pensé, la pensée est son élément absolu. Mais dès lors que la pensé est d’abord l’élément de ce monde-ci, la conscience ne fait qu’avoir ces pensées, mais elle ne les pense pas encore, ou ne sait pas que ce sont des pensées ; celles-ci sont au contraire pour elles dans la forme de la représentation. »                                   P 475

Pour Hegel la croyance est cet ensemble de préjugés et de superstitions qui fut combattue par les lumières, il nous donne la raison pour laquelle l’idéaliste a tant de mal à abandonner ses croyances :

« Il semble que le comportement des lumières à l’égard de la croyance déchire la belle unité de la confiance et de la certitude immédiate, souille sa conscience spirituelle par de basses pensées de l’effectivité sensible, et détruise l’état d’esprit rassuré et sûr qui est le sien dans sa soumission, par la vanité de l’entendement, de la volonté propre et de l’accomplissement de sa propre visée. »          P 520

Aujourd’hui, la croyance : « l’ensemble des préjugés et superstitions »  est passée à gauche et présenté par celle-ci comme les nouvelles lumières devant éclairer le monde, avec la volonté de les imposer à tout un chacun…

La partie importante :

3°  Savoir/devoir/conviction morale/ persuasion :

« Son savoir incomplet, parce qu’il est son savoir, a pour la conscience consciencieuse valeur de savoir parfait et suffisant. »                                                                                                  P 592

« En outre, ce soi-même , en tant que savoir identique à soi, est l’universel pur et simple, de telle sorte que ce savoir, précisément en tant qu’il est son propre savoir, qu’il est persuasion, est le devoir. »                                                                                             P 588

« La conviction morale….est l’esprit certain de lui-même, qui a sa vérité chez lui-même et en lui-même, dans son Soi-même, dans son savoir en tant que savoir du devoir. »                              P 597

« Le contenu du langage de la conviction morale est le Soi-même qui se sait comme essence.»                                                   P 602

Le baratin de la conviction morale :

« « Je » suis l’essence. Je suis Je ; C’est  moi ! »

« Le savoir immédiat de Soi-même certain de lui-même est loi et devoir ; son intention par le fait même qu’elle est son intention, est ce qui est juste et droit ; il est seulement requis qu’il sache cela, et en outre qu’il dise qu’il est persuadé de ce que son savoir et vouloir est ce qui est juste. »                                                               P 603

La conviction morale se persuade de la façon suivante :

« La forme de la certitude immédiate de soi-même, sait son savoir ou son être pour soi comme l’essence, en la forme que l’assurance de la conscience est persuadée du devoir, et sait, en tant que conviction morale, le devoir à partir d’elle même ; cette assurance assure donc que la conscience est persuadée de ce que sa persuasion intime est l’essence. »

Mais tout ceci est vide, il ne s’agit que de l’errance de la conscience à la recherche d’elle-même :

« Pour la conviction morale c’est la certitude de soi-même qui est la vérité immédiate pure ; et cette vérité est donc sa certitude immédiate de soi-même représentée comme un contenu…….ce contenu a valeur, en même temps, d’essentialité morale ou de devoir. Le pur devoir….est tout simplement indifférent à l’égard de quelque contenu que ce soit, et supporte n’importe quel contenu. Ici, il a en même temps la forme essentielle de l’être pour soi, et cette forme de la persuasion individuelle n’est rien d’autre que la conscience de la vacuité du pur devoir » »                                                 P  594.

« L’esprit certain de lui-même repose, comme conviction morale en soi-même, et son universalité réelle, ou encore son devoir, réside dans sa pure persuasion du devoir, elle est pure au sens où rien en elle, aucun contenu, n’est devoir. »                                    P 593

Le pur devoir est donc…un pur devoir, il est vain, par conséquent la conviction morale est vide, conséquence :

« Les autres ne savent donc pas si cette conviction morale est bonne ou mauvaise, ou plus exactement, non seulement ils ne peuvent pas le savoir, mais ils sont au contraire obligés de la prendre pour mauvaise. De même, en effet, qu’elle est libre de la déterminité du devoir, et du devoir comme étant en soi, eux-mêmes le sont pareillement. Ce qu’elle vient leur exhiber, ils savent le contrefaire eux-mêmes : c’est quelque chose par quoi seul le Soi-même d’un autre, et non pas le leur est exprimé ; non seulement  ils s’en savent libres, mais ils doivent même dissoudre cette chose dans leur propre conscience, la réduire à néant par le jugement et l’explication, afin de préserver leur Soi-même. »                                             P 600

Définitions :

La pérexistence du monde : l’existence du monde dans sa pérennité, tel qu’il est, sera, a toujours été.

Immédiateté : tout de suite, sans intermédiaire, au niveau du ressenti. Ici et maintenant.

Effectivité : fait de rendre réel, effectif, présent, réalisé.

Idéalisme

Idéalisme


Publicités

5 Comments »

  1. […] la-conscience-selon-Hegel […]

  2. 2
    oim Says:

    si a > b et b > c alors : a > b. 🙂

  3. 3
    antidragon Says:

    Exact, je modifie, merci.

  4. […] (1) voir ici et la catégorie associée : Antidragon : la-conscience-selon-hegel/ […]

  5. […] Après Mai 68, les gens de gauche, dotés de cette : « sensibilité particulière à la propagande », ont constitué en savoir suffisant ce qu’ils ont trouvé dans l’air du temps  : la tolérance, l’humanisme, l’anti-Racisme, le pacifisme, l’homme citoyen du monde. Avec cela, Ils n’avaient pas besoin d’en savoir davantage, ils en savaient suffisamment, ils possédaient tout ce dont ils avaient besoin. « « Son savoir incomplet, parce qu’il est son savoir, a pour la conscience consciencieuse valeur de savoir parfait et suffisant. »  P 592» Hegel. antidragon. la-conscience-selon-hegel/ […]


RSS Feed for this entry

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :