La res publica

Rhétorique a Hérénius

Les figures de rhétorique sont des procédés qui permettent d’embellir le discours, de le rendre agréable. Dans le livre IV Cicéron donne une trentaine de figures de rhétorique.

* Pour illustrer l’inconstance, il utilise l’antithèse:

« XV. L’Antithèse résulte des contrastes entre les mots ou entre les pensées :

«  Vous vous montrez cléments envers vos ennemis, et implacables pour vos amis. – Quand tout est calme, vous vous agitez; quand tout s’agite, vous êtes calme. Pour une chose qui devrait vous laissez froid, vous êtes tout feu tout flamme; pour une chose qui réclame tout votre feu, vous êtes froid. Quand il faudrait vous taire, vous criez; quand il est convenable de parler, vous gardez le silence. Vous êtes ici, vous voudriez être ailleurs; vous êtes ailleurs, vous brûlez de revenir. En temps de paix, vous cherchez la guerre ; en temps de guerre, vous regrettez la paix. Dans l’assemblée du peuple, vous parlez du courage militaire; dans le combat, votre lâcheté vous rend insupportable le son de la trompette. »

* Pour illustrer le franc-parler aussi traduit par licence :

XXXVI. La Licence est une figure où l’orateur, sans offenser ceux qu’il doit respecter ou craindre, ni ceux qui leur sont chers, use de son droit pour leur reprocher des fautes qu’il se croit fondé à relever. Par exemple :

« Vous êtes surpris, Romains, que vos intérêts soient abandonnés par tout le monde; que personne n’embrasse votre cause et ne se déclare votre défenseur?  Ne vous en prenez qu’à vous-mêmes, cessez d’en être surpris. Comment, en effet, chacun ne devrait-il pas vous fuir ?  Souvenez-vous de ceux que vous avez eus pour défenseurs ; rappelez-vous leur dévouement; et considérez ensuite comment ils en ont été récompensés. Alors vous reconnaîtrez, pour vous parler sans détour, que votre insouciance, ou si vous voulez votre lâcheté, les a laissé massacrer sous vos yeux ; tandis que leurs ennemis sont arrivés, par vos suffrages, au faite des honneurs.»

Voici un autre exemple :

« Juges, quel motif avez-vous eu pour hésiter à prononcer votre sentence, et pourquoi renvoyez-vous l’affaire à plus ample information? Les preuves du crime n’étaient-elles pas assez manifestes? Les dépositions des témoins ne les confirmaient-elles pas toutes? ses réponses n’ont-elles pas été d’une faiblesse puérile? Avez-vous craint de passer pour des hommes cruels en condamnant le coupable dès la première audience? Mais en voulant échapper à un reproche qu’on aurait été bien loin de vous faire, vous avez mérité celui de faiblesse et de lâcheté; vous avez laissé fondre sur vous et sur l’État les plus grandes calamités; et lorsque des maux plus affreux vous menacent, toujours nonchalants, vous hésitez, vous restez là à bailler. Le jour, vous attendez la nuit; la nuit, vous attendez le jour. Chaque instant vous apporte quelque nouvelle funeste; et vous laissez parmi vous l’artisan de tous vos maux , vous le nourrissez dans votre sein ; tant que vous le pouvez, vous retenez dans Rome, , le fléau de la patrie. »

*********

Il y a une espèce de Licence, qui exige une plus grande habileté; c’est celle qui consiste à reprendre ceux qui nous écoutent, de la manière dont ils veulent qu’on les reprenne; ou à paraître craindre qu’on ne reçoive mal ce que nous savons bien qu’ils écouteront avec plaisir; et toutefois à déclarer que les intérêts de la vérité nous forcent à parler. Exemple du premier cas :

« Vous êtes, Romains, d’un caractère trop simple et trop facile; vous avez trop de confiance en tout le monde, vous croyez que chacun s’efforce de tenir ses promesses. Vous vous trompez, et, depuis longtemps, vous êtes abusés par de fausses espérances. C’est que, dans votre folie, alors qu’une chose était en votre pouvoir, vous avez mieux aimez la demander à d’autres que de la prendre directement. »

*********

(La figure de) L’Image est le rapport d’un objet avec un autre, exprimé par une espèce de similitude. On s’en sert pour l’éloge, ou pour le blâme. Pour l’éloge, comme dans cet exemple :

« Il marchait au combat, avec la force du taureau le plus  fougueux, et l’impétuosité du lion le plus terrible. »

Pour le blâme, et dans l’intention d’exciter la haine, l’envie ou le mépris; la haine, par exemple :

« Ce misérable qui, tous les jours, au milieu du forum, comme un dragon à crête, se glisse les dents aiguës, le regard empoisonné, l’haleine fétide; promenant sans cesse autour de lui ses  regards pour essayer de trouver une victime, sur laquelle sa gorge puisse lancer son souffle malsain, que sa gueule puisse toucher, ses dents mordre, sa langue couvrir de bave.»

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :