Archive pour septembre 2009

Démocratie, égalitarisme et rupture.

septembre 30, 2009

La solution de Hans-Hermann Hoppe (né le 2 septembre 1949); économiste américain d’origine allemande. Interprète parmi les plus éminents de l’économie dite « autrichienne« , il se dit anarcho-capitaliste et à défaut, monarchiste.

Par Gaston de FDS :

Si l’égalitarisme démocratique est à l’origine même des problèmes liés à l’immigration, quelle est la solution ? Selon Hoppe :

«Mettre un terme à cette intégration forcée exige de s’opposer à la dictature de la majorité et suppose de mettre fin au caractère centralisé des décisions. Plus spécifiquement, le pouvoir d’inviter ou d’exclure des populations étrangères doit être retiré aux hommes de l’Etat central pour être remis aux régions, provinces, départements, villes, villages, quartiers résidentiels…»

Pour Hoppe, cet objectif passe par la décentralisation, la sécession (l’une et l’autre par essence contraires à l’égalitarisme et à la règle majoritaire) et la restauration de la liberté d’association et d’exclusion… Une bonne partie des conflits dus à l’intégration forcée disparaîtra, selon Hoppe, quand les villes et les collectivités pourront de nouveau agir comme elles le faisaient jusqu’à une période encore récente, en Europe ou aux Etats-Unis :

Hans Hoppe prône ainsi une communautarisation poussée, allant jusqu’à retirer ses fonctions régaliennes au pouvoir central (qu’il émane de Paris, de Bruxelles ou de l’ONU).

viaDémocratie, égalitarisme et immigration | François Desouche.

La conscience selon Hegel- IV

septembre 28, 2009

L’élément spirituel de l’avènement de la reconnaissance

Rappel, Définitions, Explications.

La phénoménologie de l’esprit est l’exposé de l’errance de la conscience à la recherche de la vérité et certitude d’elle-même, de son existence réelle dans ce monde

Être pour autre chose :

L’aspiration vers autre chose, le désir de s’élever, l’idéal du moi, le désir de devenir un « quelque chose » qui est au fond de soi; Ce qu’est censé se réaliser par l’effectivation.

Le pur devoir, ou l’En soi abstrait :

Le pur devoir est issu du savoir suffisant, ce savoir est la certitude d’être soi-même: « Je suis Je », il est accompagné d’un discours justificatif, qui n’est que rationalisation toute en parole destinée aux autres, il prend la forme d’une conviction morale, moralisatrice, une insistance à faire admettre l’excellente essence de celui qui s’exprime, sa « biennitude » et sa volonté du souci de l’humanité, sa bienveillance pour le monde entier.

Elément collectif des consciences de soi:

Il s’agit de la masse des conscience, de l’ensemble des consciences, de la conscience de masse, du ressenti d’appartenance à l’ensemble de la population, qui se matérialise par le suivisme de la mode, le « comme il faut », c’est une conscience collective, un égrégore opinion publique auquel on aspire dans un désir fusionnel.

Pèrexistence :

Existence dans le temps, dans la durée.

Le moment de la reconnaissance par les autres :

C’est un ADOUBEMENT, c’est par cette entrée que se trouve l’intérêt de l’exposé de Hegel. Ici on paraît être dans les nuages, alors qu’il s’agit de choses très concrètes, dans une réalité quotidienne…..à suivre !

Objectal : extérieur à soi.

« L’action reconnue reliée au savoir, au devoir, à la persuasion, en tant que reconnaissance universelle »

… doit être mise en rapport avec les histoires de conscience professionnelle, de droiture morale, avec ce que certains présentent comme la fidélité et l’honneur; car ceux-ci sont des références à un Bien et un Mal, à un devoir et une persuasion intime de ce devoir. Un état de conscience que l’on trouve dans les corps constitués.

PHENOMENOLOGIE :

«Cet Être pour autre chose est donc la substance qui est en soi, distincte du Soi-même. La conviction morale n’a pas abandonné le pur devoir, ou l’En soi abstrait; le devoir est au contraire le moment essentiel qui consiste à se comporter par rapport à d’autres comme universalité. La conviction morale est l’élément collectif des consciences de soi, et cet élément est la substance dans laquelle l’acte à pérexistence et effectivité : le moment de la reconnaissance par les autres. La conscience de soi morale n’a pas ce moment de l’être reconnu, du pur être conscient qui existe, qui est là; et du coup, n’est tout simplement pas conscience agissante, effectivante. Son En soi, pour elle, est ou bien l’essence ineffective abstraite, ou bien l’être comme une effectivité qui n’est pas spirituelle. Tandis que l’effectivité de la conviction morale, qui, elle, est une effectivité qui est un Soi-même, c’est-à-dire l’existence consciente de soi-même, l’élément spirituel de l’avènement de la reconnaissance.  C’est pourquoi l’activité n’est que la transposition de son contenu singulier dans l’élément objectal, où il est universel et reconnu, et c’est cela précisément, le fait qu’il soit reconnu, qui fait de l’action une effectivité. Reconnue et, par la même effective, l’action l’est parce que l’effectivité existante est immédiatement reliée à la persuasion ou au savoir, ou encore, parce que le savoir de sa finalité est immédiatement l’élément de l’existence, est la reconnaissance universelle. L’essence de l’action, en effet, le devoir consiste dans la persuasion qu’a de lui la conviction morale; c’est cette persuasion qui est l’En soi lui-même. Celui-ci est la conscience de soi universelle en soi, ou encore l’être-reconnu et par là même, l’effectivité. Ce qui est fait avec la persuasion du devoir est donc immédiatement quelque chose qui a consistance et existence.                                                                           Phénoménologie de l’esprit.» Hegel. P 589

Mauvaise foi, colère, impudence; Suite

septembre 26, 2009

Les mots n’ont pas aujourd’hui le même sens que celui du temps d’Aristote, ou bien, les traducteurs ne disposent pas des mots équivalents en Français.

Aujourd’hui, ce qui excite le mépris, c’est la bassesse. Mais le sentiment correspondant n’est pas l’indifférence (à ce qui ne peut nous faire ni bien ni mal), mais l’envie d’écraser du talon cette bassesse.

Le dédain, la hauteur peut exciter la colère, mais uniquement s’il se trouve dans ce dédain quelque chose d’offensant. C’est l’offense qui excite la colère. Le mépris immérité, les dédains, la vexation et l’outrage sont bien des offenses.

Offense : de ce qui est offensif. C’est une attaque, imméritée par définition; ce n’est pas une contre-attaque… c’est un coup que l’on reçoit sans l’avoir mérité.

Dans la traduction Gallimard : colère = « désir impulsif et pénible de vengeance d’un dédain notoire, ce dédain n’étant pas mérité.» Ce désir de vengeance doit cibler une personne particulière :

«La colère est un désir de vengeance apparente accompagné de douleur contre ceux qui ont montré un injuste mépris pour nous ou pour l’un des nôtres. Si cette définition est exacte, il est nécessaire que celui qui se livre à la colère le fasse toujours, non contre l’homme en général, mais contre un homme en particulier, par exemple Cléon, et que cet homme ait fait ou ait été sur le point de faire quelque chose contre lui, ou contre quelqu’un des siens»

Pour porter les français à la colère, il faut leur monter qu’ils ont été offensés par mépris, vexation ou outrage, par une personne particulière et sans qu’ils l’aient mérité. Il faut aussi tenir compte de l’auditoire, si l’on s’adresse à une assemblée de militants ou si l’on parle à la TV, l’auditoire n’est pas le même, dans un cas il est d’esprit viril et déjà convaincu, alors que dans l’autre cas il s’agit de l’opinion publique : une entité féminine, opiniâtre, qui refuse qu’on la place devant un tort quelconque; à qui il faut plaire, c’est le plus important, Elle sera convaincue par ce qu’elle éprouvera, si elle ressent de la colère, c’est qu’elle aura été offensée, si elle éprouve de la compassion, c’est que les personnes qu’on lui aura présenté sont des victimes injustement maltraitées. Elle détestera les personnes vis-à-vis desquelles elle aura ressenti de la colère, et elle aimera celles pour lesquelles elle aura de la pitié. Ce ressenti vaut pour une preuve; lorsque l’affaire est difficile ou obscure, c’est la meilleure preuve. Il décide de ce qui est vrai ou faux, bien ou mal, juste ou injuste, il donne raison ou tort à l’orateur selon qu’il a plût ou déplût.

Voir début : les deux articles suivants.

Moeurs et passions

septembre 26, 2009

Les passions ne concernent que l’auditeur, le juge, l’opinion publique :

«La suspicion, la pitié, la colère et les autres passions qui agitent l’âme,  ne regardent pas la cause elle-même, mais ne s’adressent qu’au juge.»

Pour convaincre cet auditeur, il faut le mettre en de bonnes dispositions :

« Un jugement étant la fin de toute espèce de discours, puisqu’il y a jugement dans les assemblées du peuple aussi bien que dans les tribunaux, il faut non-seulement considérer le discours en lui-même, afin de le rendre démonstratif et convaincant, mais il faut encore que l’orateur possède certaines qualités, et qu’il dispose l’auditeur d’une certaine façon *. Car il est très important pour l’orateur qui se propose de persuader, dans le genre délibératif surtout, et aussi dans le genre judiciaire, de se montrer doué de certaines qualités, et disposé à soutenir les intérêts des auditeurs ; et de plus, que les auditeurs eux-mêmes soient bien disposés pour lui. Dans les discours politiques, les qualités personnelles de l’orateur ont une plus grande importance ; mais dans les plaidoyers, ce sont les dispositions de ceux qui écoutent. Nos jugements varient selon que nous aimons ou haïssons, selon que nous sommes en colère ou de sang-froid. Les choses nous paraissent différentes, si nous avons une prévention en faveur de celui que nous allons juger, il nous semble, ou qu’il n’a pas commis d’injustice, ou que sa faute est légère ; le contraire arrive si nous avons une prévention défavorable. Poursuivons-nous de nos désirs et de nos espérances une chose dont la possession nous serait agréable, il nous semble qu’elle ne peut manquer d’arriver, et d’être pour nous un bien. Il en est tout autrement pour l’homme indifférent2 et pour celui qui doule du succès.»

On convainc le juge à l’aide de trois preuves :

« Les preuves que l’art de la parole nous fournit sont de trois espèces. Les premières dépendent des mœurs de l’orateur ; les secondes des divers sentiments qu’on inspire à l’auditeur ; les troisièmes se trouvent dans le discours lui-même, en tant qu’on démontre ou qu’on semble démontrer.1) L’orateur prouve par les mœurs, lorsqu’il parle de manière à inspirer de la confiance dans son caractère personnel ; car l’homme honnête nous persuade mieux et plus vite dans toutes les circonstances en général, mais surtout et d’une manière absolue, quand la vérité n’est pas facile à saisir et qu’elle reste dans le doute. Il faut que cette confiance naisse du discours lui-même, et non de l’opinion que nous avons déjà sur le caractère de l’orateur. Car il ne faut pas croire ce qu’ont écrit quelques-uns de ceux qui se sont occupés de la rhétorique, savoir que l’honnêteté de l’orateur ne contribue en rien à la persuasion ; c’est au contraire dans cette honnêteté que consiste, pour ainsi dire, toute la force de la persuasion 2). L’orateur prouve par le moyen des auditeurs, lorsqu’il excite les passions ; car nos jugements ne sont pas les mêmes, quand nous cédons à la douleur ou à la joie, à l’amitié ou à la haine. Voilà, disons nous, la seule partie de l’art que les rhéteurs de nos jours essaient de traiter. Nous en parlerons en détail quand nous nous occuperons des passions.3) Nous prouvons enfin par le discours lui-même, lorsque, par ce qu’il y a de persuasif dans chaque sujet, nous établissons le vrai et le vraisemblable.

Le caractère de l’orateur est une preuve: Des mœurs oratoires.

«Si l’orateur veut que sa parole produise la conviction, il doit posséder trois qualités, qui, indépendamment des preuves, sont pour nous autant de motifs qui nous portent à croire. Ces qualités sont la prudence, la probité et la bienveillance. Dans les discours et dans les délibérations publiques, on ne s’écarte de la vérité que parce qu’on manque de ces trois qualités, ou même d’une seule. Car c’est l’ignorance qui égare notre jugement; ou bien, le jugement étant droit, c’est la méchanceté qui nous empêche de dire franchement ce que nous pensons ; ou bien encore, nous sommes, il est vrai, prudents et probes, mais nous manquons de bienveillance ; ce qui fait que nous ne donnons pas les meilleurs conseils, quand nous pourrions le faire. Ces trois qualités sont les seules. Tout orateur qui paraîtra les posséder portera nécessairement la conviction dans l’esprit des auditeurs. Mais comment paraître prudent et probe ? Il faut voir à cet égard ce que nous avons dit quand nous avons parlé des vertus. Car les mêmes moyens qu’on emploie pour faire paraître les autres prudents et probes, on peut les employer pour soi-même. Quant à la bienveillance et à l’amitié, nous allons en parler maintenant, en traitant des passions.»

Le ressenti, les émotions sont des preuves :

«Les passions sont des mouvements de l’âme, qui changent nos jugements, et qui sont accompagnés de douleur et de plaisir3. Telles sont la colère, la pitié, la crainte, et toutes les autres émotions semblables, ainsi que leurs contraires. Mais en chacune d’elles, il faut considérer successivement trois choses : relativement à la colère, par exemple, quels sont les hommes sujets à se mettre en colère, qui sont ceux contre lesquels on se met ordinairement eu colère, et enfin, qu’elles s’ont les raisons pour lesquelles on se met en colère. En effet, si nous connaissions un seul, ou même deux de ces points, et non tous les trois, il nous serait impossible d’exciter la colère. II en est de même pour les autres passions. De même donc que nous avons déjà décrit les propositions qui conviennent à chaque genre, nous allons maintenant procéder et diviser d’après la méthode que nous venons d’indiquer.»

Aristote+Rhétorique+ Google Book

Mauvaise foi, colère, impudence, opiniâtreté et propagande.

septembre 25, 2009

Aristote; Rhétorique; Livre II

Dans cet article : Liste-des-passions- ; Aristote fait la liste des passions, des sentiments, qu’il est utile d’exciter chez les auditeurs, la vérité seule ne saurait les convaincre, les auditeurs sont des gens simples, il ne suffit pas de prouver, il faut leur faire éprouver : agir sur les esprits en excitant les passions.

«Il faut d’abord et avant tout leur plaire», dit Lebon, mais dans certains cas, lorsque la colère est méritée, il est utile que les auditeurs se mettent en colère; c’est le mépris qui existe la colère, il faut donc parfois présenter aux auditeurs les choses ou les personnes comme étant méprisables.

Le mépris est l’acte par lequel on signifie qu’une chose, une personne n’a pas de valeur : qu’elle ne peut nous faire ni bien, ni mal. Car, dit Aristote, ce qui peut nous faire du mal, on ne le méprise pas : on le craint, ce qui peut nous faire du bien, on ne le méprise pas : on le recherche. Le mépris est donc une opinion en acte, qui peut consister en parole ou se passer de parole. (si on jette un mégot de cigarette au pied d’une personne, on lui signifie son mépris.) Il précise, dans le livre II de la rhétorique, qu’il a y trois sortes de mépris : le dédain, l’esprit d’opposition et l’outrage. [Une autre traduction dit : trois sortes de dédains: mépris, vexation, outrage.] Par les dédains: on ignore volontairement, ou on maltraite pour signifier le peu de cas qu’on fait d’une personne. Par l’esprit d’opposition ou par la vexation, ou bien on contredit, ou bien on fait empêchement aux volontés d’autrui, non pas pour son propre avantage, mais pour faire pièce à cet autre. Par l’outrage, actes ou paroles, on cause des dommages ou du chagrin en des choses qui font éprouver de la honte, non pour en tirer du profit ou pour rendre la pareille, mais pour son propre plaisir. Rendre la pareille n’est pas outrager, mais se venger. La raison en est, selon Aristote, que ceux qui outragent pensent s’élever en rabaissant les autres, les jeunes et les riches y sont portés. Corriger une personne : la frapper ou lui faire la morale, la censurer ou lui donner des ordres, entre dans la catégorie des outrages lorsque le but visé est de faire sentir une supériorité : « la très haute estime et l’excellente essence en laquelle l’individu prétend agir. » comme dit Hegel. Le manque de respect entre dans l’outrage.

Passons maintenant à une autre catégorie, celle de la « stubborness »: l’entêtement stupide. L’opiniâtre, qui veut toujours avoir raison, qu’il ait raison ou tort, peu importe, est obligé, pour soutenir son point de vue de nier la réalité: il est dans le déni du réel car celui-ci lui donne tort, il doit donc aussi nier la vérité, donc s’opposer à la raison, et par suite il doit nier l’évidence: le 1+1=2.

Nier l’évidence est ce qu’on appelle être de mauvaise foi; Celui-là soutient mordicus que ce que vous croyez vrai, est en réalité faux; et que ce que vous pensez être faux, est en réalité vrai. Il soutiendra effrontément que 1+1 n’ont jamais fait 2, et par contre, insistera pour vous faire admettre qu’il est évident, et tout le monde le sait, que 1+1 font 3.

Nous avons ici les deux facettes de la propagande: l’une qui consiste à nier la réalité vécue chaque jour par les citoyens, et l’autre facette qui consiste à leur raconter des fables, des histoires; et à insister jusqu’à ce qu’ils cèdent et acceptent les mensonges qu’on veut leur faire avaler comme étant la vérité; jusqu’à ce que leur volonté renonce à nier le mensonge et à rétablir la vérité. (Il s’agit en fait de la volonté de l’opinion publique mesurée par les sondages. C’est de la guerre psychologique, en insistant c’est la volonté qu’on attaque.)

Or, dit Aristote, nier l’évidence est de l’impudence, et l’impudence est un mépris : le mépris, ce qui excite la colère. Il est donc naturel d’être en colère, et exaspéré, par les opiniâtres, ainsi que par la propagande incessante.

Mais au delà d’une simple question d’amour-propre : d’un manque de respect pour les citoyens, la propagande cherche à nuire volontairement à leurs intérêt, cette volonté de procéder injustement devrait être une nouvelle cause de colère : « Pour une chose qui réclame tout votre feu, vous êtes froid.»  Les Français qui restent froid sont des individus dont l’entendement est faussé : ils ne sentent ni l’insulte à leur intelligence, ni ne sont conscients des torts qu’ils subissent.

Définition et exemple d’opiniâtreté : Category/la-tante-a-dany/

La lutte des lumières contre la superstition

septembre 23, 2009

« L’intelligence pure sait la croyance comme l’opposé d’elle-même, de la raison et vérité. De même qu’à ses yeux la croyance, de manière générale, est un tissu de superstitions, de préjugés et d’erreurs, de même, elle voit la conscience de ce contenu continuer à s’organiser en un règne de l’erreur, au sein duquel l’intelligence fausse se trouve être une première fois comme la masse générale de la conscience, (1)de manière immédiate, spontanée et sans réflexion en soi-même ; mais où elle a aussi chez elle le moment de la réflexion interne, ou de la conscience de soi séparé de la spontanéité naïve, (2)qui est comme une intelligence et une intention mauvaise qui demeure à l’arrière plan, et par lesquelles cette conscience est bernée. La première, la masse est la victime de la tromperie d’une prêtrise qui s’emploie à la réalisation de son envieuse vanité, c’est-à-dire de son désir de rester seule en possession de l’intelligence, ainsi qu’à l’accomplissement de ses autres intérêts personnels, et en même temps se conjure avec le despotisme ; lequel à son tour, comme unité vide de ce règne réel et de ce règne idéal, domine la mauvaise intelligence et la mauvaise intention des prêtres, et réunit l’une et l’autre en elle-même, tire de la bêtise et de la confusion du peuple par le moyen de la prêtrise trompeuse, tout en méprisant l’un et l’autre, l’avantage de la domination tranquille et de l’accomplissement de ses envies et de son arbitraire, mais en même temps, est tout autant l’un et l’autre le même étouffement de l’intelligence, la même superstition et la même erreur.

« Contre ces trois cotés de l’ennemi, les Lumières de partent pas sans faire de différences.[…] Ce n’est pas la volonté de la prêtrise trompeuse et du despote oppresseur qui est l’objet immédiat de leur activité, mais c’est l’intelligence sans volonté, qui ne se singularise pas en être pour soi, le concept de la conscience de soi qui a son existence dans la masse, mais n’y est pas encore présent comme concept. »  Phénoménologie;  P 489

*

Hegel pointe ici :

« La croyance, tissu de superstitions, de préjugés et d’erreurs, et sa conscience « règne de l’erreur » au sein duquel existe une « intelligence fausse ».

Le combat des lumières se menait contre : « l’intelligence sans volonté, qui ne se singularise pas en être pour soi : le concept de la conscience de soi qui a son existence dans la masse. »

Pour transposer les choses à aujourd’hui, cette : « conscience sans volonté, qui a son existence dans la masse » : c’est l’opinion publique, mais considérée comme un ressenti d’appartenance à une communauté spirituelle, un égrégore, un être collectif auquel cette conscience s’identifie, et qu’elle  prend pour la vérité; C’est « ce monde » : l’air du temps ; la mode qui vous dit ce que vous devez penser et comment vous devez vous habiller. – Le conformisme bêlant de la jeunesse correspondant à ce besoin fusionnel de ne faire qu’un avec l’égrégore opinion publique, qui est comme une mère avec laquelle il voudrait vivre en parfaite harmonie. Gustave Lebon insiste sur ce coté féminin de la foule dont la voix est l’opinion publique. C’est quasiment du domaine religieux, mais ayant éliminé la religion de la vie publique, elle réapparait dans la vie quotidienne, comme le ferait un retour du refoulé.

Ensuite Hegel remarque une schizophrénie de la croyance car elle est une première fois comme « la masse générale de la conscience, immédiate, spontanée et sans réflexion » ; et ensuite, c’est aussi une : « conscience de soi, séparé de la spontanéité naïve, qui est comme une intelligence et une intention mauvaise qui demeure à l’arrière plan. »

L’opinion publique : « la masse générale de la conscience » est schizophrène ou à double visage, (1) et (2). D’un coté c’est le peuple, noble et fier, de l’autre coté c’est la masse, la plèbe. D’un coté, on la trouve bienveillante, généreuse, désintéressée ; et de l’autre, elle est malintentionnée, calculatrice et cruelle. Chez Hegel, tout se passe dans la conscience, mais la conscience introjecte ce qu’elle ressent du monde extérieur, ou la perception qu’elle en a, puis prend cet introjecté  pour la réalité.

Cette : « conscience sans volonté, qui ne se singularise pas, et qui a son existence dans la masse. » C’est ce que l’on trouve chez les fonctionnaires. Elle est parfois confondue avec le peuple, la volonté populaire ou la démocratie entendue dans ce sens,

Pour continuer les parallèles entre aujourd’hui et ce que racontait Hegel, la prêtrise trompeuse serait l’ensemble des journalistes médiats et une partie de la fonction publique. Les croyances et superstitions : l’idéologie de gauche. Le despote au dessus qui profite : l’oligarchie. Tous trois étant : « même étouffement de l’intelligence, même superstition et même erreur. » Les lumières se répartissant actuellement entre les chrétiens croyants, les patriotes et les nationalistes. Ils se battent aujourd’hui contre cette intelligence sans volonté qui a son existence dans la masse, contre cette opinion publique toute puissante, comme une mère à la fois aimante et terrible; ou encore cette masse trompée. Ces consciences superstitieuses se trouvent surtout à gauche, mais ont leur équivalent à droite dans les consciences raisonnables, toujours modérés, mais dénuées de volonté.


Encore un article à venir sur Hegel, encore un petit peu plus compliqué que celui-ci.

Hegel et le politiquement correct

septembre 21, 2009

«Le cours du monde» cette : « lutte universelle de tous contre tous, dans laquelle chacun fait valoir sa propre  singularité»; Ces querelles dans lesquelles chacun veut que soit reconnu son: «Je suis Je»;  « Cet enquerellement universel où chacun tire à soi ce qu’il peut. » et qui pourtant :« semble être un ordre public»; Ce cours du monde triomphe de la vertu, pour qui: «l’abstraction sans essence est l’essence»; De cette vertu vide qui s’exprime dans la loi du coeur à propos de la souffrance, de ce monde égoïste et cruel, de l’individualisme et de la course à l’argent pour « le plus grand malheur d’une humanité abusée et exploitée par ces despotes ripailleurs, ces prêtres qui pratiquent l’abaissement.» ; Cette fausse vertu finit par céder et laisser la place, dans la conscience, au cours du monde  :

« Le cours du monde triomphe donc de ce qui constitue la vertu par opposition à lui ; il triomphe d’elle, pour qui l’abstraction sans essence est l’essence. Cependant, il ne triomphe pas de quelque chose de réel, mais de la création de différences qui n’en sont pas, il triomphe de ces discours pompeux sur le plus grand bien de l’humanité, et sur l’oppression qu’elle subit, le sacrifice pour le bien, et tous ces talents gâchés : ce genre d’essences et de fins idéales s’effondrent comme autant de paroles vides qui élèvent le cœur et laissent la raison vide ; qui édifient certes, mais pour ne rien construire ; toutes déclamations qui n’ont pour contenu précis que la très haute estime de l’excellente essence en laquelle l’individu qui se dit agir en vue de ces nobles fins et profère ces excellentes formules, tient sa propre personne – Emphase qui s’enfle la tête et l’enfle aux autres, mais aux proportions d’une inconsistante enflure.- La vertu antique avait sa signification sûre et déterminée, car elle avait en la substance du peuple un fondement riche de contenu et avait pour fin un bien effectif déjà existant ; c’est pourquoi elle n’était pas dirigée contre l’effectivité en tant qu’invertissement universel, ni contre un cours du monde. Mais la vertu que nous examinons est sortie de la substance, est une vertu sans essence, une vertu issue de la seule représentation et de parole dépourvue de tout contenu . – Ce vide de l’éloquence en lutte avec le cours du monde se découvrirait aussitôt, s’il fallait dire ce que ces formules signifient –  c’est pourquoi on les présuppose connues. Celui qui irait demander qu’on dise ce supposé connu, ou bien serait abreuvé d’une nouvelle prolifération de formules, ou bien se verrait opposer l’appel au cœur supposé dire à l’intérieur ce qu’elles signifient, c’est-à-dire que serait avouée l’incapacité à le dire en fait. – Il semble d’ailleurs que la nullité de ce genre d’éloquence ait atteint de manière inconsciente pour la culture de notre époque le niveau d’une certitude, dès lors que tout intérêt a disparu de la masse entière de ces formules et de la façon d’en user pour se pavaner ; et cette perte s’exprime dans le fait qu’elle ne provoquent plus guère que l’ennui. »

La vertu et le cours du monde /  P 326

Phénoménologie de l’esprit, Hegel, 1807

*

Ces formules vides sont toujours à l’oeuvre, c’est l’idéologie :

« Le candidat qui peut découvrir une formule neuve, bien dépourvue de sens précis, et par conséquent adaptable aux aspirations les plus diverses, obtient un succès infaillible….

Le vague même qui les estompe augmente leur mystérieuse puissance. »  Lebon

antidragon; la manipulation de l’opinion publique


Système et idéologie

septembre 21, 2009

Questions réponses 2 – Jean-Pierre CHEVALLIER, business économiste

« Question : Une remarque de ce post m’a plus particulièrement fait réagir, c’est celui qui dit qui tout ceci (dette, déficit etc…) n’intéressent personne en France. Je pense, mais c’est tout à fait personnel et discutable, que cela tient plus à un (malheureux) déficit en culture économique qu’un véritable dédain. Je suis moi-même titulaire d’un diplôme du supérieur et les (maigres) connaissances économiques que je possède viennent de livres généraux ou de revues spécialisées (aucune formation, même minimale, formation nécessaire pourtant aujourd’hui pour quiconque prétend être informé).

En fait, plus je lis d’articles ou de billets économiques comme les vôtres, plus je me demande si ça n’est pas précisément cette ignorance qui nous coûte très cher… Les Français ne sont des veaux que dans la mesure où ça profite au berger…

Réponse : Hé oui ! Le problème fondamental est le manque de culture économique et financière des Français, même dans les milieux dits bien informés, économiques, et libéraux… et ceci nous coûte cher ! cf. la réaction des Américains face à la grève dans le métro à New York, ou aux fonds de pension… rejetés même par Laurence Parisot et par les libéraux…»

viaQuestions réponses 2 – Jean-Pierre CHEVALLIER, business économiste.

*

« Pourquoi cette initiative ?
Ni les citoyens ni la classe dirigeante n’ont une idée précise de l’efficacité des différentes façons d’administrer un pays. Les chiffres de croissance ou de création d’emplois dans les pays qui mènent une politique alternative sont généralement inconnus. Les citoyens forment leur opinion sur la base de sentiment, d’intuition vague ou sur base d’une idéologie rigide. Même nos dirigeants décident les lignes politiques sur base des mêmes motifs irrationnels, et non pas sur des critères scientifiques ou des constatations empiriques.»

http://www.workforall.org/html/faq_fr.html

*

La perception due à l’idéologie :« une société pervertie par le « néo libéralisme », une sorte de « jungle ultra libérale » sans foi ni loi, mondialisée, dérégulée, ou la concurrence nécessairement la plus sauvage broie les plus faibles.»

Et la réalité : une société étatisée, entièrement socialiste,ici :

http://www.objectifliberte.fr/2009/09/une-societe-liberale-ou-ca.html

La conscience selon Hegel- III

septembre 18, 2009

Marx n’a pas inventé le concept de « classe sociale », celui-ci est exposé de façon très claire dans la politique d’Aristote, c’est une lutte pour le pouvoir entre différentes factions qui n’ont pas les mêmes intérêts.  Il n’a pas inventé le concept de conscience, celui-ci se trouvait chez Hegel, et enfin Marx n’a pas inventé non plus le concept de conscience de classe, celui-ci se trouvait chez Aristote, ici :  Aristote; Politique; Riches et pauvres; Marx, comme tous ces intellectuels partisans, a surtout rendu les choses obscures; sa renommé vient probablement de la publicité que lui a fait sa propre communauté à travers les médias qu’elle détient; De la même façon qu’aujourd’hui, la célébrité des artistes vient de la voix des médias plutôt que de leur talent, exemple, Amy Winehouse…..

La conscience comme exposé par Hegel et Aristote se forme lentement au fil des années qui comptent, principalement les années de l’enfance, et selon les modalités du vécu de ces années : des expériences de vie. Ce qui différencie par exemple un Barnier : le ministre,  d’un SDF alcoolique, c’est que l’un a accumulé dans sa mémoire des expériences pénibles, douloureuses et que celles-ci sont présentes à chaque instant dans sa conscience : il boit pour compenser le stress qu’il éprouve, il se sent disqualifié et minable, alors que le premier par les souvenirs d’expériences rassérénantes, de confort de vie aisé, d’adoubement, est sûr de lui-même, bien dans sa peau et se sent qualifié. Ce qui veut dire que la différence entre l’un et l’autre n’est pas une différence d’intelligence ou d’utilisation adroite de la raison, mais une différence d’état de conscience. Pour l’un et l’autre, la vérité de la réalité (le réel) sont différentes, ils jugent de la réalité à travers leur état de conscience, celle-ci venant de la somme des expériences accumulées en mémoire. Il est évident qu’une personne déprimée n’aura pas la même appréciation des évènements à venir qu’une personne optimiste, c’est une différence de subjectivité, les « sujets » sont différents. Même si la conscience est un état relativement stable dans le temps, elle varie aussi en fonction des circonstances provisoires, telle situation rendra joyeux, ou provoquera telle émotion affectant l’état de conscience, puisque sentiment et émotion sont des affects de la conscience.

Pour résumer on pourrait dire : une conscience « EST », rien d’autre ! Elle est dans l’immédiateté, le « ici et maintenant ». Elle ne raisonne pas. Elle est sa propre vérité. C’est un état stable. Les consciences communiquent entre elles : elles sentent; l’état de conscience d’une personne est ce que l’on ressent à son contact.

Pour faire une comparaison qu’on me pardonnera, mais la citation n’est pas de moi :

« Une femme qui n’est pas capable de réflexion trouve quelque soulagement dans la petitesse même de ses vues, elle ne sort point du tourbillon qui l’environne. Elle ne voit rien au delà du présent. En un mot, elle ne pense point. » Histoire de Clarisse ; Richardson

C’est cela une conscience : ce qui est présent dans le ici et maintenant !

Les deux premiers articles:

la-conscience-selon-Hegel

la-conscience-selon-Hegel-II

Conscience qui sélève

Conscience qui s'élève

Les sophismes d’intérêt, d’amour-propre et de passion

septembre 18, 2009

A apprendre par cœur parce que les gens qui confondent la vérité avec leur intérêt , leur amour-propre ou la passion dans laquelle ils se trouvent, sont fa-ti-gants.

Et en voilà le résultat:

Books.google.fr Logique de Port Royal;  Page 237

Le sophisme du menteur

septembre 18, 2009

Logique Port Royal

Les sophismes de la manière

septembre 18, 2009

Logique de Port Royal

Logique de Port Royal;  page 257

Séparer l’État de la gauche. Milliere Guy

septembre 17, 2009

Les deux républiques; Philippe Némo

Némo reprend la thèse selon laquelle il y a deux Révolutions françaises profondément antithétiques : 1789 et 1793.

La première, dit-il, a posé l’idéal de la démocratie libérale, la seconde le contre-idéal jacobin, étatiste et socialiste. L’histoire des deux derniers siècles a vu la seconde occulter graduellement la première et l’évacuer de l’espace public.

viaSéparer l’État de la gauche. Milliere Guy.

Milliere n’est pas clair, il se contredit dans la suite de l’article. Un commentaire intéressant :

«C’est bien ce qu’avançait déjà un certain Max Stirner, philosophe allemand de la première moitié du dix-neuvième siècle, dans sa critique de la gauche hégélienne, réunie dans le cercle de Bruno Bauer (dont il fit partie lui-même un certain temps…).  En effet , dans son ouvrage “l’unique et sa propriété”, il indique en conclusion de la lutte des hégéliens de gauche contre l’esprit théologique “nos athées sont de pieuses gens”, voulant signifier par là que ceux-ci n’ont eu de cesse de diriger la Critique vers les religions, mais qu’ils n’ont fait que remplacer une religion par une autre, annihilant ainsi le travail réalisé par les révolutionnaires de 1789. »

C’est dire que la croyance et la superstition sont passées à gauche, comme le dit Némo : les gauchistes sont la nouvelle église, au sens péjoratif du mot.

La conscience selon Hegel – II

septembre 17, 2009

Conscience libre

Conscience libre

Hegel était un professeur de philosophie, un aristotélicien ou péripatéticien : qui enseigne en marchant comme le faisait Aristote. L’intérêt de son étude à propos de la conscience : Page 1, ligne1, de l’introduction:

« C’est une représentation tout à fait naturelle de penser qu’en philosophie, avant d’aborder la chose elle-même, savoir, la connaissance effective de ce qui est en vérité, il est nécessaire de s’accorder préalablement sur la connaissance de ce que l’on considère comme l’outil qui permettra de s’emparer de l’absolu, ou comme le moyen au travers duquel on l’aperçoit. »

La conscience est l’outil de perception, d’appréhension de la réalité extérieure. C’est par la perception par la conscience, de la réalité extérieure que s’élabore la vérité de cette réalité du monde extérieur, ou la philosophie de la vie : les conceptions de l’homme. Or le problème est celui-ci : la conscience perçoit-elle la réalité, ou n’en perçoit-elle qu’une apparence à travers le filtre déformant de l’état de conscience dans lequel elle se trouve ? Un exemple d’état de conscience qui conduit à une vision déformée et absurde de la réalité, voir dans la catégorie : loi du cœur, l’état de conscience correspondant à « la loi du cœur et la folie de l’infatuation. »

Voilà la problématique traitée par Hegel. La vie depuis son début, est une succession d’états de conscience, conditionnés par les sensations : ce qui vient des sens, puis par les perceptions : ce que l’on reçoit de la réalité et l’élaboration qui en résulte. Quelques-uns de ces états : la conscience vile, la conscience noble, la conscience raisonnable sans volonté, la raison, la loi du cœur et la folie de l’infatuation ; la vertu et le cours du monde : l’hypocrisie ; la conscience maître et la conscience esclave ; la conviction morale : la belle âme ; ensuite dans l’exposé de l’errance de la conscience à la recherche de la certitude d’elle-même, Hegel termine son livre par la conscience en relation avec la religion chrétienne et finit par le savoir absolu : « contenu simple du Soi-même comme étant l’être ; la science comme concevoir de soi par le Soi-même ; ou encore l’esprit dans son retour à l’immédiateté existante. »

Plus ou moins, la façon de procéder de la conscience est une forme de dialectique, la conscience pour progresser, pour dépasser un état de conscience, créé une autre conscience qui se regarde elle-même de l’extérieur. Mais selon Lacan : le psychanalyste, il semblerait que la conscience, le plus souvent soit dans une refente, c’est-à-dire un état de pétrification, de blocage dans un état de conscience dont elle ne peut plus bouger, dans un immobilisme morbide : « Après l’école….Leur vigueur mentale a fléchi ; la sève féconde est tarie ; l’homme fait apparaît, et, souvent c’est l’homme fini. Celui-ci rangé, marié, résigné à tourner en cercle et  indéfiniment dans le même cercle, se cantonne dans son office restreint ; il le remplit correctement, rien au delà. » Gustave Lebon. Un exemple de blocage dans un état de conscience : l’opiniâtreté, dans la catégorie : «  tante à Dany ».

Maintenant que nous avons établit des états de conscience dans lesquels existent des certitudes, une persuasion et vérité de soi-même, on peut noter que cette vérité de soi-même est projeté dans le monde extérieur, et pris pour la réalité de ce monde extérieur, car il y a une  subjectivité de l’état de conscience dans lequel on se trouve. Si par exemple on naît riche ou pauvre, dans un pays en paix ou en guerre, dans un pays riche ou sous-développé, la perception de la réalité ou la conception de l’homme en société ne sera pas la même. Ensuite on constate au quotidien que l’on a affaire à des personnes : des consciences, dans lesquelles existent un savoir suffisant, un devoir résultant de ce savoir, une conviction et une persuasion censées valoir pour tout le monde…A gauche, nous trouvons des personnes dont les convictions sont extrêmement fortes, des leaders : ces « convaincus énergiques » dont parle Gustave Lebon ; persuadés de tout savoir, d’agir pour le bien de l’humanité, d’avoir un devoir à remplir, une mission sur terre ; Mais si l’on questionne ces gens quant à connaître les raisons par lesquelles elles prétendent commander autrui, savoir ce qui est bon pour lui, savoir de quels droits elles imposent l’obéissance, ces personnes renvoient celui qui les questionne, à son intériorité dans laquelle il est censé trouver les mêmes évidences que celles qui se trouvent en eux, ces personnes sont incapables de verbaliser leur savoir, leur devoir, leur conviction intime : ces entités sont vides. Quel est le programme du parti socialiste ? Personne ne sait, personne n’est capable de le dire.

A droite on trouve des personnes sûres d’elles-mêmes, hautaines, suffisantes, qui en imposent. Ces personnes donnent l’impression de détenir un savoir inconnu du quidam; De ce savoir découlerait leur autorité et l’obligation pour le quidam de leur obéir comme à des supérieurs : c’est un dû qu’elles lui imposent. Ceci n’est qu’un leurre car ce savoir n’existe pas ! Mais pour le savoir encore faut-il connaître intimement ces personnes.

Regardez l’émission:  » Faites entrer l’accusé. » présentée par Christophe Hondelatte, dans laquelle il interviewe des personnes réelles à propos d’affaires réelles, ces personnes ont de la prestance, mais au-delà ……?

Belle âme

Belle âme

La conscience selon Hegel

septembre 16, 2009

Phénoménologie de l’esprit

Conscience aventureuse

Conscience aventureuse

Selon Hegel, la vie est une succession d’états de conscience résultant de l’errance de la conscience à la recherche de la vérité et certitude d’elle-même ; De son essence, de son être, ou du savoir absolu d’elle-même.

Cette théorie de la vie : succession d’états de conscience, prévalait autrefois en psychologie. On constate en effet que la conscience évolue au cours de la vie, la conscience de l’enfant n’est pas celle du jeune homme, de l’homme mûr, puis du vieillard. Ce que décrit Hegel est une phénoménologie, une évolution sans cause connue de phénomènes sans liens logiques les uns avec les autres, comme des phénomènes météo.

Plus ou moins, car les auteurs sont ésotériques, la conscience évoluerait selon les schémas donnés par Hegel, dans lesquels on retrouverait des caractéristiques communes à toutes les consciences : savoir, devoir, persuasion, conviction intime, raison, vérité, bien et mal, croyance.

Après un feuilletage rapide on pourrait, pour simplifier et interpréter Hegel, noter les points suivants :

« La conscience est Je, rien d’autre. »    P 23

« Son critère de vérité est l’identité à soi-même. »  P 44

« Je suis Je »   P 103

« La conscience de soi est tout simplement désir. »  P 104

« Pour la conscience de soi est bon et en soi l’objet dans lequel elle se trouve, tandis qu’est mauvais celui dans lequel elle trouve le contraire de soi ; le bien est l’identité, et le mal la non – identité de la  réalité objectale avec elle. »                                              P 338

«  La relation de la conscience qui trouve identique est le bien, et celle qui trouve non identique est le mal. »                       P 340

Hegel précise que pour la conscience est le bien : l’universel, l’essence, l’être pour soi ; Est le mal : la singularité, le fait de suivre sa propre voie et Loi.

L’idéalisme :

Il semble qu’il y ait, dans chaque conscience, un savoir, un devoir, une croyance ou une conviction morale et un concept de la raison.

1°  La raison

Il semble, qu’à un moment donné une conscience s’aperçoive qu’elle a une RAISON, et que de ce constat découle un genre d’idéalisme :

« Sa vérité est ce qui, dans le syllogisme où les extrêmes se présentaient comme absolument disjoints l’un de l’autre, apparaît comme le terme médian qui …est l’unité qui sait immédiatement l’un et l’autre et les met en relation, et la conscience de leur unité, qu’il énonce à la conscience, et, partant, à lui-même, est la certitude d’être toute vérité. »                                                      Hegel / P 163

La raison serait donc cette chose qui fait l’union dans un raisonnement. Le « Je » est le mouvement de cette raison et ce « Je » est la certitude d’être toute vérité. Il s’agit d’un mouvement simple comme tout syllogisme, du style théorie des ensemble étudié au collège, par exemple si a > b et b > c alors : a > c.  Le monde que cette conscience croit comprendre à l’aide de cette raison lui devient alors familier :

« La pèrexistence du monde devient à ses yeux sa propre vérité et présence ; elle est certaine de ne faire en lui que l’expérience d’elle-même. La raison est la certitude qu’à la conscience d’être toute réalité ; c’est ainsi que l’idéalisme formule le concept de la raison. De même que la conscience qui entre en scène comme raison a immédiatement cette certitude en soi, de même l’idéalisme l’énonce également immédiatement : Je suis Je. »                         P 178

« Sa pensée est elle-même immédiatement l’effectivité ; elle se rapporte donc à celle-ci comme idéalisme. Pour elle, en ce qu’elle se saisit ainsi, c’est comme si le monde se mettait seulement à lui advenir ; auparavant, elle ne le comprend pas. »              P 163

Cet idéalisme est vide, puisqu’il ne s’agit que d’affirmer sa certitude que « Je suis-je » ;  Ce constat de la raison raisonnante qui se dit « Je suis Je »  tout le monde peut le faire :

« La conscience ne fait qu’assurer être toute réalité, mais ne conçoit pas cela elle-même….l’idéalisme qui commence par cette affirmation, n’est donc aussi bien que pure assurance qui ne se conçoit pas elle-même, ni ne peut se rendre concevable à d’autres…..c’est donc avec un même bon droit qu’à coté de l’assurance de cette certitude-là se dressent aussi les assurances de ces certitudes-ci. La raison en appelle à la conscience de soi de chaque conscience : Je suis Je ; mon objet et essence est ce Je ; et aucune conscience ne lui déniera cette vérité. »                                                                             P 166

2 ° Dans toute conscience existe une croyance, définition :

« Il y a au-delà de ce monde, (de la culture) le monde non effectif de la pure conscience, ou de la pensée. Ce monde a pour contenu ce purement pensé, la pensée est son élément absolu. Mais dès lors que la pensé est d’abord l’élément de ce monde-ci, la conscience ne fait qu’avoir ces pensées, mais elle ne les pense pas encore, ou ne sait pas que ce sont des pensées ; celles-ci sont au contraire pour elles dans la forme de la représentation. »                                   P 475

Pour Hegel la croyance est cet ensemble de préjugés et de superstitions qui fut combattue par les lumières, il nous donne la raison pour laquelle l’idéaliste a tant de mal à abandonner ses croyances :

« Il semble que le comportement des lumières à l’égard de la croyance déchire la belle unité de la confiance et de la certitude immédiate, souille sa conscience spirituelle par de basses pensées de l’effectivité sensible, et détruise l’état d’esprit rassuré et sûr qui est le sien dans sa soumission, par la vanité de l’entendement, de la volonté propre et de l’accomplissement de sa propre visée. »          P 520

Aujourd’hui, la croyance : « l’ensemble des préjugés et superstitions »  est passée à gauche et présenté par celle-ci comme les nouvelles lumières devant éclairer le monde, avec la volonté de les imposer à tout un chacun…

La partie importante :

3°  Savoir/devoir/conviction morale/ persuasion :

« Son savoir incomplet, parce qu’il est son savoir, a pour la conscience consciencieuse valeur de savoir parfait et suffisant. »                                                                                                  P 592

« En outre, ce soi-même , en tant que savoir identique à soi, est l’universel pur et simple, de telle sorte que ce savoir, précisément en tant qu’il est son propre savoir, qu’il est persuasion, est le devoir. »                                                                                             P 588

« La conviction morale….est l’esprit certain de lui-même, qui a sa vérité chez lui-même et en lui-même, dans son Soi-même, dans son savoir en tant que savoir du devoir. »                              P 597

« Le contenu du langage de la conviction morale est le Soi-même qui se sait comme essence.»                                                   P 602

Le baratin de la conviction morale :

« « Je » suis l’essence. Je suis Je ; C’est  moi ! »

« Le savoir immédiat de Soi-même certain de lui-même est loi et devoir ; son intention par le fait même qu’elle est son intention, est ce qui est juste et droit ; il est seulement requis qu’il sache cela, et en outre qu’il dise qu’il est persuadé de ce que son savoir et vouloir est ce qui est juste. »                                                               P 603

La conviction morale se persuade de la façon suivante :

« La forme de la certitude immédiate de soi-même, sait son savoir ou son être pour soi comme l’essence, en la forme que l’assurance de la conscience est persuadée du devoir, et sait, en tant que conviction morale, le devoir à partir d’elle même ; cette assurance assure donc que la conscience est persuadée de ce que sa persuasion intime est l’essence. »

Mais tout ceci est vide, il ne s’agit que de l’errance de la conscience à la recherche d’elle-même :

« Pour la conviction morale c’est la certitude de soi-même qui est la vérité immédiate pure ; et cette vérité est donc sa certitude immédiate de soi-même représentée comme un contenu…….ce contenu a valeur, en même temps, d’essentialité morale ou de devoir. Le pur devoir….est tout simplement indifférent à l’égard de quelque contenu que ce soit, et supporte n’importe quel contenu. Ici, il a en même temps la forme essentielle de l’être pour soi, et cette forme de la persuasion individuelle n’est rien d’autre que la conscience de la vacuité du pur devoir » »                                                 P  594.

« L’esprit certain de lui-même repose, comme conviction morale en soi-même, et son universalité réelle, ou encore son devoir, réside dans sa pure persuasion du devoir, elle est pure au sens où rien en elle, aucun contenu, n’est devoir. »                                    P 593

Le pur devoir est donc…un pur devoir, il est vain, par conséquent la conviction morale est vide, conséquence :

« Les autres ne savent donc pas si cette conviction morale est bonne ou mauvaise, ou plus exactement, non seulement ils ne peuvent pas le savoir, mais ils sont au contraire obligés de la prendre pour mauvaise. De même, en effet, qu’elle est libre de la déterminité du devoir, et du devoir comme étant en soi, eux-mêmes le sont pareillement. Ce qu’elle vient leur exhiber, ils savent le contrefaire eux-mêmes : c’est quelque chose par quoi seul le Soi-même d’un autre, et non pas le leur est exprimé ; non seulement  ils s’en savent libres, mais ils doivent même dissoudre cette chose dans leur propre conscience, la réduire à néant par le jugement et l’explication, afin de préserver leur Soi-même. »                                             P 600

Définitions :

La pérexistence du monde : l’existence du monde dans sa pérennité, tel qu’il est, sera, a toujours été.

Immédiateté : tout de suite, sans intermédiaire, au niveau du ressenti. Ici et maintenant.

Effectivité : fait de rendre réel, effectif, présent, réalisé.

Idéalisme

Idéalisme


Bilan

septembre 16, 2009

But : établir un diagnostic.

1) – Nous savons comment la faction qui gouverne manipule l’opinion publique afin que celle-ci vote dans le sens désiré : la faction n’invite que ses amis à s’exprimer dans les médias publics et refuse la parole à ses opposants.

2)  – Nous savons quel est le rôle des journalistes : ce sont des portes parole de l’oligarchie, ils sont chargés de présenter à l’opinion publique les réformes favorables à la bourgeoisie, et de les lui faire accepter.

Pour les points 1 et 2 => voir ici :

3) – Nous connaissons la constitution cachée ou réelle du pays : oligarchie avec quelques caractéristiques de tyrannie.

4) – Nous savons quel est le rôle réel de l’éducation nationale : faire croire aux enfants qu’ils vivent en démocratie, et non pas les éduquer, mais en faire des ignorants.

Pour les points 3 et 4 => voir ici et articles suivants :

5) – D’un point de vue historique, nous savons pourquoi nous sommes dans cette situation, c’est le fait d’une bourgeoisie qui a pris le pouvoir en 1789, et par le fait du traitre De Gaule, qui a remis le pouvoir, l’état,  dans les mains de cette même bourgeoisie, après guerre :

Point 5 => Voir ici et articles suivants:


Caractères en tyrannie

septembre 12, 2009

Tyran: usurpateur du pouvoir souverain

Définition par le Chevalier de Jaucourt dans l’Encyclopédie.

«   Tyrannie : tout gouvernement exercé sans le frein des lois.        Les grecs et romains nommaient tyrannie le dessein de renverser le pouvoir fondé par les lois, et surtout la démocratie : il paraît cependant qu’ils distinguaient deux sortes de tyrannie ; une réelle, qui consiste dans la violence du gouvernement ; et une d’opinion, lorsque ceux qui gouvernent établissent des choses qui choquent la manière de penser d’une nation. »                                           Appendice du « discours de la servitude volontaire » La Boétie; en 1553; Flammarion.

« Pourquoi parler de tyran et de servitude ?- Je demanderai à mon tour pourquoi les choses inévitables changeraient de nom et de valeur parce qu’elles sont inévitables, et pourquoi l’asservissement d’un peuple cesserait d’être un malheur et un crime parce que ses fautes, ses discordes,  sa mollesse, l’ont irrévocablement jeté sur cette funeste pente et l’ont précipité vers cet abîme ? »                                                                                Prévost-Paradol    P 200

En tyrannie, il n’existe pas de lois, la seule règle, c’est la loi du plus fort, le droit découle de la force, si vous êtes le plus fort, vous avez raison, point ! Il n’y est donc pas question de savoir qui dit la vérité ou qui ment, de savoir ce qui est juste ou injuste, ni même de se préoccuper de ce qui est légal ou non ; Le seul souci c’est d’acquérir suffisamment de force pour imposer sa loi aux autres :

« Comme il est dans la nature du milan de dévorer des petits oiseaux, c’est celle des personnes telles que Mme Wilkins d’outrager et de tyranniser les petites gens. C’est par ce moyen qu’elles ont coutume de se dédommager de leur servilité et de leur extrême complaisance envers leurs supérieurs ; rien en effet ne saurait être plus équitable que de voir les esclaves et les flatteurs exiger de tous ceux qui sont au dessous d’eux le même tribut qu’ils paient eux-mêmes à tous ceux qui sont au dessus. »                                                                                              Tom Jones ;  Fielding

En tyrannie, la valeur c’est la force, le plus fort pense qu’il mérite le respect d’autrui :

« Ce n’est donc pas les simples effets extérieurs de l’obéissance des hommes, séparés de la vue de leurs pensées, qui sont l’objet de l’amour des ambitieux; ils veulent commander à des hommes et non à des automates, et leur plaisir consiste dans la vue des mouvements de crainte, d’estime et d’admiration qu’ils excitent dans les autres. C’est ce qui fait voir que l’idée qui les occupe est aussi vaine et aussi peu solide que celle de ceux qu’on appelle proprement hommes vains, qui sont ceux qui se repaissent de louanges, d’acclamations, d’éloges, de titres et des autres choses de cette nature. La seule chose qui les en distingue est la différence des mouvements et des jugements qu’ils se plaisent d’exciter; car au lieu que les hommes vains ont pour but d’exciter des mouvements d’amour et d’estime pour leur science, leur éloquence, leur esprit, leur adresse, leur bonté, les ambitieux veulent exciter des mouvements de terreur, de respect et d’abaissement sous leur grandeur, et des idées conformes à ces jugements par lesquels on les regarde comme terribles, élevés, puissants. Ainsi, les uns et les autres mettent leur bonheur dans les pensées d’autrui; mais les uns choisissent certaines pensées, et les autres d’autres. »                                      Logique de Port Royal

Chacun voulant être Calife à la place du Calife pour dominer, asservir et tyranniser; et chacun jugeant autrui d’après lui-même, un mépris général en résulte. C’est l’hommage du vice à la vertu, car chacun reconnaît que cette fin : devenir tyran, est méprisable ! Le désir du tyran passe par autrui, par la domination et l’avilissement qu’il leur inflige, c’est pourquoi le tyran est esclave, il ne peut se passer des autres. Il est méprisé et haït car il cherche à avilir : à retirer aux hommes ce qui fait d’eux des hommes. Il y a une contradiction car si sa valeur était juste, il devrait être honoré et respecté, or c’est le contraire : son système est faux. Pour éviter d’être rabaissé lui-même, il doit être craint, sa respectabilité passe par la crainte qu’il est en mesure d’inspirer et si sa devise est : «  qu’il me haïssent pourvu qu’il me craignent » c’est qu’il a bien compris que sans crainte, il serait en butte aux injures publiques. Le système du tyran est donc simpliste, toutes ses pensées sont tournées vers un seul objectif : acquérir de la force, il raisonne toutes choses en matière de fort ou de faible. Puisque la valeur c’est la force, en tyrannie, on respecte, à défaut d’estimer, les forts, et on n’a que mépris pour les faibles, et un peu plus car on voit la gentillesse et la générosité comme des marques de faiblesse. Le tyran voulant obtenir des honneurs publics dont les signes sont : « des mouvements de terreur, de respect et d’abaissement sous sa grandeur, et des idées conformes à ces jugements par lesquels on le regarde comme terrible, élevé, puissant. » et ces marques d’honneurs lui étant refusées alors qu’il pense qu’elles lui sont dues, il voit ces refus comme des dédains dont le but est de l’outrager, et il en est conduit à une guerre de tous contre tous, dans laquelle pour s’élever, il faut affaiblir et avilir les autres :

Avilir : rendre vil, méprisable. Abaisser.  Ex : on cherche à l’avilir par des calomnies.  Un roi qu’on avilit tombe.  (Hugo)

En tyrannie, on considère que ces objectifs sont naturels et résulte simplement de la nature humaine ; Le marquis de Sade dans les Prospérités du vice :

« J’affirme que le premier et le plus vif penchant de l’homme est incontestablement d’enchaîner ses semblables et de les tyranniser de tout son pouvoir.»

« En faisant du mal, il éprouve tous les charmes que goûte un individu nerveux à faire usage de ses forces ; il domine alors, il est tyran. Et quelle différence pour l’amour propre ! Ne croyons pas qu’il se taise en ce cas. »

« La luxure gagne à l’oppression et à la tyrannie, et les passions s’enflamment bien plus fortement de tout ce  qui s’obtient par la contrainte que de ce qui s’accorde de plein gré ! »

« La plus grande dose de bonheur possible consistera donc dans le plus grand effet du despotisme et de la tyrannie : d’où il résultera que l’homme le plus dur, le plus féroce, le plus traître,  le plus méchant, sera nécessairement le plus heureux. »

Sade ; Philosophie dans le boudoir :

«… Mais les autres vous dit-on à cela, peuvent se venger….à la bonne heure, le plus fort seul aura raison. Hé bien, voilà l’état primitif de guerre et de destruction perpétuelle pour lequel sa main nous créa, et dans lequel seul il lui est avantageux qui nous soyons. »

Ou  Madame de Staël :

« Les hommes sont là pour craindre, s’ils ne sont pas là pour aimer ; la terreur qu’on inspire flatte et rassure, isole et enivre, et, avilissant les victimes, semble absoudre leur tyran. »

Un certain type d’ambitieux veut être craint, dit Port Royal, il veut voir des gens dont il est méprisé s’abaisser à des courbettes, être obligés de le solliciter,  par crainte ou pour des raisons économiques : c’est la même chose, la différence est dans le rapport de force, ici c’est la force, là: la richesse…

« L’appât d’une charge de peu d’importance l’avait rendu esclave d’un certain homme qui exigeait de lui une basse soumission, une obéissance aveugle, et un respect qui allait jusqu’à souffrir ses caprices et ses mépris sans oser sourciller. »                                                                                           Joseph Andrews,  Henry Fielding

C’est la certitude de son pouvoir, de sa valeur, on rampe à ses pieds, on s’avilit devant lui. Mais le tyran révèle ainsi sa faiblesse par la recherche de l’estime publique, celle-ci lui est accordée à contrecoeur, mais le but final c’est cette reconnaissance, non méritée et accordée par force :

« Le tyran voit les autres qui sont près de lui, coquinant et mendiant sa faveur : il ne faut pas seulement qu’ils fassent ce qu’il dit, mais qu’ils pensent ce qu’il veut, et souvent, pour lui satisfaire, qu’ils préviennent encore ses pensées. Ce n’est pas tout à eux que de lui obéir, il faut encore lui complaire ; il faut qu’ils se rompent, qu’ils se tourmentent, qu’ils se tuent à travailler en ses affaires et puis qu’ils se plaisent de son plaisir, qu’ils laissent leur goût pour le sien, qu’ils forcent leur complexion, qu’ils dépouillent leur naturel ; il faut qu’ils se prennent garde à ses paroles, à sa voix, à ses signes et à ses yeux ; qu’ils n’aient ni œil, ni pied, ni main, que tout ne soit au guet pour épier ses volontés et pour découvrir ses pensées. Cela est-ce vivre heureusement ? » La Boétie.

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Voir également: caractère en oligarchie :

https://antidragon.wordpress.com/2009/09/01/caracteres-en-oligarchie/

Et caractère en Statocratie:

https://antidragon.wordpress.com/2009/08/29/caracteres-en-statocratie/


L’utilité des sondages

septembre 11, 2009

Le système pour sa gestion propre, dispose de deux moyens, l’un d’action, l’autre de vérification des effets de l’action : les médias pour l’action et les sondages pour la vérification.

D’abord, vous passez à la TV : vous faites un discours; puis vous lancez un sondage pour connaître les effets de votre prestation, ou de votre discours.

Lors du premier contact avec les sondés, les sondages ne sont pas présentés pour ce qu’ils sont, une raison, autre que politique, est avancée; sans quoi la plupart des sondés refuseraient de répondre; C’est la théorie de l’engagement qui postule qu’une action engage à la poursuite. C’est-à-dire si l’on accepte de répondre à quelques questions présentées comme anodines, on se sent obligé, par la suite de continuer à répondre, par l’effet de l’acceptation, le « oui », et le fait d’avoir commencé; Alors même que l’on s’aperçoit que les questions vont au-delà de ce à quoi l’on accepte de répondre; et au-delà de ce à quoi le sondeur s’était engagé. Mais le rythme des questions est mené tambour battant et ne laisse pas le temps au sondé de se reconnaître.

Evidemment, les politiques ont besoin de savoir ce que pense les Français, il leur faut connaître leur degrés de confiance dans l’électorat : ce qui plait et déplait, enfin de modifier leur communication.

La règle de base de toute manipulation c’est de se déterminer d’après les autres, APRES les autres. Il faut donc d’abord savoir ce que les Français pensent : l’état de l’opinion publique, pour savoir ce qu’on va dire afin d’obtenir l’accord, l’assentiment, le suffrage.

J’ai été plusieurs fois sondé, personnellement, mais le but est de ne sonder que le minimum de Français, de telle sorte qu’ils restent dans l’ignorance des moyens par lesquels on leur arrache leurs pensées. Quelques personnes suffisent pour connaitre l’état de l’opinion, pour une raison simple, c’est que les lois, l’éducation, les médias sont les mêmes pour tout le monde, en France.

Le système repose sur la confiance qui lui est accordée. Si les Français en venaient, un jour, à postuler la malveillance du système à leur égard: ou ils ne répondraient plus aux sondages ou ils mentiraient aux sondeurs, et une donnée essentielle manquerait à la conduite du pays : la connaissance de « l’opinion » de l’opinion publique; Encore celle-ci pourrait-elle être connue par d’autres moyens, mais aussi longtemps que le système est obligé de respecter la démocratie, uniquement dans les formes, il doit faire avec l’opinion publique et lui donner l’impression qu’elle est libre.

Dessin de Konk :



L’Elysée fait la pluie et les sondages

septembre 11, 2009

Source ; Polémique Info :

L’Elysée a participé au financement de certains sondages via un cabinet secret. C’est l’une des conclusions que l’on peut tirer du rapport de la Cour des comptes sur la gestion des services de la Présidence de la République.

Une enquête vient d’être demandée par le Parti Socialiste dans un communiqué de presse :

« Des sondages payés et commandités par l’Elysée ou l’officine qui agit pour son compte ont été régulièrement publiés par des médias bien peu scrupuleux comme s’il s’agissait de sondages réalisés en toute indépendance. Ces sondages étaient bien évidemment expurgés de toutes les données gênantes pour Nicolas Sarkozy. C’est un proche conseiller du président qui servait d’intermédiaire et construisait les questionnaires. Tout cela a été réalisé sur fonds publics pour des montants considérables. »

Ce lien présenté – même indirect – entre l’Elysée et le petit monde du sondage est contre-nature : il peut en découler d’évidentes manipulations vis-à-vis de l’opinion publique. Notamment lorsque le lecteur ignore que l’enquête qu’il consulte a été en partie impulsée par… le pouvoir en place.

Peut-on vraiment être étonné ? Lorsqu’on devient fanatique de l’utilisation de sondages pour faire sa politique principalement basée sur la communication, il y a des tentations auxquelles il est difficile de résister.

Voilà une nouvelle polémique qui ne manquera pas de faire réfléchir sur les liens entre le pouvoir politique et les médias.

viaL’Elysée fait la pluie et les sondages – polémiques.info.

Voir ici aussi pour les petits arrangements :

« au prix du marché : 1200 € par question par téléphone, 800 pour la question dans une enquête réalisée par Internet. A titre de comparaison, le budget annuel que le Service d’information du gouvernement (SIG) consacre aux enquêtes d’opinion s’élève à 4,5 millions d’euros. »

http://www.marianne2.fr/Sondages-de-l-Elysee-Buisson-s-explique-avec-moderation_a181963.html


Pourquoi la guerre d’Irak

septembre 10, 2009

Le président George W. Bush a déclaré à à Jacques Jacques Chirac, début 2003, que l’Irak devait être envahi pour déjouer les plans de Gog and Magog, les serviteurs de Satan dans l’Apocalypse.

Ce n’est pas une blague, au cours d’un entretien téléphonique secret, le président des Etats –Unis a demandé que les troupes françaises se joignent aux troupes américaines, comme une mission reçue de Dieu.

Aujourd’hui, hors poste, Chirac a raconté que le leader américain en a appelé à leur foi commune, le christianisme, et lui a dit : « “Gog and Magog sont à l’œuvre au moyen-orient… les prophéties bibliques se réalisent, …cette confrontation est voulue par Dieu, qui se sert de ce conflit pour éliminer ses ennemis avant une nouvelle ère. »

Chirac s’est dit stupéfait et « s’est demandé comment une personne pouvait être si superficielle et fanatique dans ses croyances »

Après cet appel de 2003, Chirac n’a pas donné suite aux demandes du président Bush.

Bizarrement, les grands médias ignorent cette révélation alarmante, Bush devait être à moitié cinglé quand il a commencé sa guerre en Irak.

La ferveur apocalyptique suintait des murs de la Maison Blanche.

Pendant six ans, les Américains n’ont pas vraiment su les raisons de cette guerre.

davidduke./crazy-christian-zionist-bush-started-needless-wars-on-behalf-of-israel-french-president-chirac-confirms_

Traduction Google