La révolution française et l’éducation Nationale

I. La France est une oligarchie.

« La révolution en ouvrant un débat nécessaire sur la nature de l’acte judiciaire, avait conclu à la dangerosité d’une justice instrumentée par la rhétorique du barreau. Dans la même visée rationaliste qui affecta l’enseignement des belles-lettres, et qui substitua la logique à la rhétorique, l’éloquence de la défense judiciaire fut simplement mise hors circuit. »

« Lorsque eut lieu la première session du baccalauréat ès lettres, en 1809, la rhétorique fut au programme. Elle y restera jusqu’en 1902. […]

Mis à part la période 1852 à 1863 [..], la rhétorique verrouilla le premier baccalauréat dans les collèges royaux ou lycées impériaux, et plus encore les collèges privés qui avaient derrière eux tout l’héritage rhétorique des Jésuites et des Oratoriens.[…]

En 1890 le discours est remplacé par la dissertation, une forme écrite nouvelle. […] Cette permutation a deux effets : on ne place plus l’adolescent dans la position d’un futur citoyen délibérant, avocat ou homme politique, mais dans celui d’un critique littéraire fictif ; on installe la philosophie, fortifiée par les réformes successives de l’agrégation qui en étendent toujours plus le domaine, au sommet de l’enseignement des lettres. Le programme rationaliste de d’Alembert et de Condorcet est finalement en place. La rhétorique sort de la république. » Salazar;  Entologie de manuels d’éloquence

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Ainsi la rhétorique ne fut plus enseignée en France dès 1902, ce fut l’œuvre de Jules Ferry ; cet art de parler et de penser fut enseigné sous la royauté, et supprimé par la révolution. On aurait pu penser que l’intérêt des Rois était de laisser le peuple dans l’ignorance, et celui des révolutionnaires de l’instruire ; d’autant plus qu’ayant eux-mêmes bénéficié des cours de rhétorique, ils pouvaient en saisir l’utilité ; Mais tout au rebours, ces révolutionnaires montrèrent une volonté et une constance dans le temps afin de supprimer l’éloquence de l’instruction publique. Avaient-ils peur que le peuple ne s’instruisant comme ils l’avaient fait, ne les renverse à leur tour ? Ou pensaient-ils comme le prétendait Condorcet que la Raison seule devait conduire les hommes ? Mais dans ce cas la rhétorique ne pouvait-elle être raisonnée, – comprise avec la raison -si la Raison devait être toute puissante ?

Etrange non ?

En supprimant la rhétorique, les républicains ont fait plusieurs choses, d’abord, ils ont dégénérés les français, car il y eut une coupure dans la transmission du savoir d’une génération à l’autre ; Ils ont retirés aux français les moyens de se défendre, de comprendre les procès, d’éviter les manipulations par les discours politiques, de juger de ces discours.

Les hommes se fient à leur raison et se défient des arguments du cœur, ceux-ci jouent sur les sentiments et prêtent à la manipulation, mais ils sont néanmoins  indispensables pour se faire comprendre. Ce cœur, chez les hommes n’est donc pas inné, l’éducation leur apprenait à en jouer, en supprimant la rhétorique, on les a affaiblit, handicapés.

La suppression de la rhétorique a produit une décadence de l’art de parler que seuls les catholiques, les Jésuites et les Oratoriens ont notés et déplorés, encore une fois, il est étrange que la royauté ait eut plus de souci de l’éducation du peuple que les républicains.

Si on doit mettre cette décadence sur le compte de la république et si on la voit aujourd’hui se tourner en ennemie de son peuple, il est légitime de se poser des questions et de repenser ce système.

Si, en plus, on constate une éducation nationale qui n’en a plus que le nom, qui n’est plus qu’une forme dépourvue de contenu = > rien sur les sciences humaines : psychologie ou rhétorique, rien sur la religion, rien sur le fonctionnement de la société, rien sur l’économie ; une formation qui vise uniquement l’intérêt du futur employeur, en lui fournissant un employé qui ne sait que le minimum utile. (Si le système a besoin d’un mécanicien, depuis l’école maternelle jusqu’à sa sortie de l’EN, l’enfant ne connaîtra qu’une chose : la mécanique.)

Pire, des professeurs qui prétendent donner aux enfants l’éducation dont ils ont besoin pour leur vie d’adulte, ils ne le font que très partiellement, mais de plus, ils leur inculquent des réflexes de Pavlov qui les conditionneront toute leur vie : le besoin de se lever le matin, de rencontrer du monde, d’être occupé, d’avoir des supérieurs, d’obéir sans discuter, d’être en position subalterne, passive, de ne pas prendre d’initiative. Dans un livre, on trouve cette phrase d’Alain Geismar :

« Les écoles sont des prisons où la bourgeoisie dresse les enfants des travailleurs à la soumission à la hiérarchie dans la société. Bons élèves, pions, professeurs, administration, l’école produit une société en miniature, où l’on apprend à monter dans la hiérarchie, où l’on apprend à accéder au pouvoir par le savoir. Pour garder cet univers concentrationnaire : les flics et le pouvoir de l’état. »                        La cause du peuple 1969

Et c’est bien l’éducation nationale que l’on a ! Ce qui est grave ici, c’est la trahison des professeurs qui mentent à leurs élèves et leur enseignent des principes  contraires à leurs intérêts.

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