Archive pour août 13th, 2009

Analyse de l’élection Européenne 2009

août 13, 2009

Un FN à 6.5%

Malgré une présence Internet importante, un travail de terrain et d’affichage important, des déplacement en province, une politique Sarkoziste de gauche avec des gauchistes, la trahison de ses promesses par Nicolas Sarkozy, des rumeurs de «  trahison, mensonge et parjure », à L’UMP ; le principal opposant du système : le FN, n’a obtenu que 6.5 % des voix.

Il faut bien comprendre que le centre du pouvoir ne se trouve pas dans les hommes politiques, les institutions ou le peuple, mais dans l’écran que Monsieur et Madame Tout-le-monde regardent chaque soir ; Et ils ne sont pas très finaux, ils prennent les dires et les promesses pour argent comptant :

« Les peuples ont toujours pris les paroles pour les actes ». Protocoles de Sion

Encore et toujours les médias dominants que sont les TV, si vous n’y êtes pas présents ; si présents, vous y êtes accueilli avec hostilité ; si absents vous y êtes calomniés; Vos espoirs de résultats électoraux sont nuls ou à moins de 10 %, malgré tous les efforts que vous pourriez déployer. Si le FN a atteint les scores de 17 % lors de l’élection présidentielle 2002, c’est que, de longue date JMLP a été invité sur les plateaux TV et a pu acquérir cette  notoriété si nécessaire dont parle Lebon. Aucun des autres partis qui se sont créés par la suite, n’a eu de résultats électoraux notables, car aucun de ses leaders n’a eu d’accès aux médias nationaux.

Les points positifs de cette élection, une abstention à 60 %, dont 55 % d’abstention de protestation. Pour beaucoup c’est : « dans le doute, abstiens-toi ». Un électorat PS constitué à 43% de retraités. Une partie de l’électorat qui vote pour le « parti du Bien » :  un parti inattaquable qui lui sert de refuge et lui permet de se donner bonne conscience, tout en remplissant son « devoir citoyen » ; cet électorat Bobo votait autrefois PS, jusqu’en 2007 où il a migré au MoDem, a de nouveau migré en 2009 pour le parti Europe Ecologie. Il est probable qu’il n’y reste pas; Cohn Bendit ne devrait pas avoir une bonne image, et cet électorat conformiste et peureux n’y trouvera pas son refuge habituel.

Prédictions : les prochaines élections devraient être toujours aussi incertaines, peut-être un redressement pour le MoDem, les autres partis s’émiettant, l’abstention se maintenant et le FN stagnant à moins de 10 %.

Publicités

La statocratie, son outil principal.

août 13, 2009

Le corps enseignant

Pierre Bourdieu, le sociologue, disait qu’on héritait de sa famille trois « capital » : un capital économique, un capital culturel et un capital relationnel. Or si celui qui naît dans une famille de la bourgeoisie en bénéficie bien, celui qui naît dans une famille ouvrière n’en hérite d’aucuns et le système scolaire ne lui transmet rien.

L’école n’éduque pas. Le fait de passer son enfance le postérieur visé sur une chaise avec interdiction de bouger, interdiction de parler, interdiction de prendre aucune initiative, ne peut pas valoir pour une éducation. Le capital culturel transmis est un apprentissage de la discipline et de l’obéissance. Par contre on farcit la tête des enfants avec des choses qui se servent à rien:  les mathématiques, la physique. On les occupe en leur faisant croire que la résolution de  « ax²+bx+c=0 », est de la plus haute importante, et que de sa réussite dépendra leur avenir. Lorsque les enfants s’inquiètent de savoir : « A quoi ça sert ? », aucune réponse ne leur est fournie; ils doivent apprendre à obéir sans poser de question !

Le capital économique transmis par l’école est inexistant, mais encore, on n’apprend pas aux enfants dans quelle société ils vivent : ni le fonctionnement de cette société, ni les règles économiques de base : créer une société, la loi de l’offre et de la demande e c t. Le capital relationnel est peu important, il s’agit des amis d’enfance, le contexte en lui-même n’est pas vraiment favorable pour se faire des amis. On n’y apprend pas ce qu’est un réseau, ni aucune des nécessités de la vie en société. On n’y parle évidemment jamais d’argent, ce serait briser un tabou pour les fonctionnaires. L’enfant n’apprend que ce que le système a besoin qu’il sache, rien d’autre. Le système reproduit donc les inégalités sociales, le pauvre reste pauvre : confirmé par les statistiques.

Mais aussi, l’action de l’éducation nationale est délétère sur les esprits, le ton comminatoire n’a pour but que d’impressionner les enfants et leur inspirer crainte et respect pour les représentants de l’état, pour le reste de leur existence, et ceci sous couvert du « Bien » des gens.

Ici l’esprit fait un paralogisme, ce qu’il voit : des gens qui disposent de l’autorité et qui savent, alors que lui ignore, s’imprime à vie, de telle sorte qu’il réagisse dans la suite de sa vie comme s’il avait acquis un réflexe de Pavlov d’obéissance vis-à-vis des représentants de l’état :

C’est le but principal recherché !

A la sortie, la seule  » instruction nationale » qui leur soit donné est : « cherchez un employeur », l’unique possibilité de  » living » pour eux est le salariat (comme leurs professeurs), ils sont livrés pieds et poings liés aux employeurs, serfs obéissants ne sachant rien.

Bourdieu

août 13, 2009

1. Bourdieu, une approche holiste

Comme nous avons vu l’hérédité a son importance dans la mobilité sociale, à travers le processus de socialisation primaire les parents transmettent une culture. La famille fait également profiter ses enfants d’un patrimoine économique et d’un environnement relationnel, Pierre Bourdieu évoquera à cet égard la transmission d’un « capital économique, culturel et social ». À partir de ce constat, Bourdieu expliquera les inégalités entre les enfants de familles ouvrières ou bourgeoises, capital culturel et un capital social c’est-à-dire relationnel. Il s’agit là d’une approche holiste qui ne tient pas compte des calculs et des choix individuels. Il définira le capital relationnel comme des connaissances, des références culturelles et des compétences de nature intellectuelle ainsi que des goûts comme ceux de la lecture, de la poésie, du théâtre, lesquels seraient valorisés par l’école bourgeoise. Bourdieu accuse donc l’école de propager la culture de la « classe dominante » et d’imposer l’acculturation comme condition de réussite aux enfants d’ouvriers. Il parle là d’une violence symbolique consistant à obliger un enfant à assimiler des codes complexes qu’il n’utilise pas naturellement dans son milieu, comme l’affirme un disciple de Bourdieu : « ce qu’exige l’école de l’enfant prolétaire, c’est moins, en soi, d’apprendre à construire une phrase et à maîtriser le vocabulaire des bourgeois qu’à adopter une forme de langage qui le nie profondément, lui, comme sujet » (J.P. Terrail Destins ouvriers, la fin d’une classe ? Puf  1990). non tant par des moyens financiers différents, mais par un héritage accumulable de générations en générations, non taxable celui-là, en

On peut reprocher à Bourdieu d’émettre des théories auto-réalisatrices, en effet en considérant que l’école n’a pas à véhiculer une culture bourgeoise il ne permet plus aux strates les plus pauvres de s’élever alors que la culture bourgeoise passe par la famille donc avantage les enfants de la bourgeoisie. Ceci est aussi cocasse quant on sait l’influence que Bourdieu a eu sur la transformation de l’école et la valorisation de disciplines et de contenus plus accessibles aux ouvriers avec les résultats désastreux en terme de passeport pour la réussite que l’on sait. Mais au-delà de l’école Bourdieu explique l’effet de dominance par le capital social, il s’agit surtout des relations utiles, celles qui peuvent permettre de bénéficier de quelques avantages comme la cooptation ou le népotisme (piston) ou qui permettront de repêcher l’héritier pas trop doué.

Mais le capital culturel détenu par les ouvriers n’est pas seulement inégal à celui des PCS +, il est aussi différent et implique des façons de s’exprimer,codes sociaux propres à l’origine sociale, ceux-ci sont discriminants lors des barrages d’entretien pour entrer dans des écoles ou pour un recrutement en entreprise. On en revient à la notion d’habitus dans laquelle même à capital économique plus important, le fils d’un gros commerçant devrait posséder un désavantage vis-à-vis d’un fils de cadre supérieure pour intégrer l’ENA, capital culturel et social font encore la différence.

http://libertariens.chez-alice.fr/mobila.htm

Ce qui différencie au premier abord un fils de bonne famille d’un ouvrier est visuel : on ne s’habille pas de la même façon. C’est un habitus différent, les codes de comportement ne sont pas les mêmes, on ne parle pas de la même façon, le ton de la conversation est différent, on n’emploie pas les mêmes mots, les  sujets de préoccupation ne sont pas les mêmes.