Les réfutations sophistiques – 2

Des différentes espèces d’arguments dans la discussion.

II

Il y a quatre genres d’arguments dans la discussion : les arguments didactiques,(1) dialectiques, (2) critiques et éristiques.

– Sont didactiques les arguments qui concluent à partir de prémisses propres à chaque discipline, et non des opinions de celui qui répond ; sont dialectiques les arguments qui concluent à partir de prémisses probables, à la contradictoire de la thèse donnée ; critiques ceux qui raisonnent à partir de prémisses qui semblent vraies à celui qui répond, et que doit nécessairement connaître celui qui se donne pour posséder la science(3) ; sont éristiques, enfin, les arguments qui concluent, ou paraissent conclure, à partir de prémisses, probables en apparence mais qui en réalité ne le sont pas (4) ; Les arguments démonstratifs ont été discutés dans les Analytiques, et les arguments dialectiques et critiques dans un autre traité (Topiques) ; parlons à présent des arguments litigieux et éristiques.

III

Les cinq buts de l’argumentation sophistique.

Il faut bien voir quels sont les buts que se proposent ceux qui luttent et qui s’étudient à vaincre dans les discussions. Il sont au nombre de cinq : la réfutation, l’erreur, le paradoxe, le solécisme, et en cinquième lieu, le fait de réduire son contradicteur à un pur verbiage. (5)

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1. Par exemple, les arguments politiques ici, sont didactiques.

2. La dialectique (dialogue) fonctionne par question – réponse, c’est typiquement les dialogues de Platon. Socrate, en effet, démontre à l’aide des prémisses probables concédées par ses adversaires, qu’ils ont tort.

Les prémisses probables sont du style : une mère aime ses enfants. Ceux qui ont souffert du mal haïssent toujours. Les amis se font toujours du bien. E c t

Socrate : une mère aime ses enfants ; es-tu d’accord ?

3. Critique « à partir de prémisses qui semblent vraies à celui qui répond » et uniquement à celui qui répond, non pas à tout le monde ; Ce sont donc des arguments « Ad Hominen ».

La critique aurait pour but de détromper. En transposant les choses aujourd’hui, on pourrait dire que la critique s’adresse à l’opinion publique : c’est le journalisme. Ceux-ci, en effet, argumentent – non pas en fonction de ce qui semble vrai à celui qui répond – mais en fonction de ce que croit l’opinion publique (c’est la même chose en raison des sondages), et dans le but avancé, prétendu, de détromper cette opinion.

Ce qui semble vrai à celui qui répond cela s’appelle :  son opinion.

4. Aristote fait un parallèle entre l’éristique et la sophistique. L’éristique cherche à vaincre dans une discussion par tous moyens : mauvaise foi, déni, mensonge…Le sophiste lui, s’il ment, veut surtout paraître sage.

5. Aristote fait ensuite une analyse en détail, mais c’est assez compliqué.

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