Archive pour août 4th, 2009

Les constitutions; Aristote; Politique

août 4, 2009

TROIS CONSTITUTIONS PURES

Nous appelons d’ordinaire royauté celle des monarchies qui a en vue l’intérêt général et aristocratie, le gouvernement d’un petit nombre, mais non d’une seule personne, soit parce que les meilleurs ont le pouvoir, soit parce que leur pouvoir a pour objet le plus grand bien de la cité et de ses membres; quand la masse gouverne la cité en vue de l’intérêt général, on donne à ce gouvernement le nom de politie, qui est commun à toutes les constitutions; et c’est avec raison, car il est possible qu’un individu ou un petit nombre se distingue par sa vertu, mais dès qu’il s’agit d’un grand nombre, il lui est bien difficile de viser la perfection en toute sorte de vertu, sinon tout au plus en vertu guerrière […].

Les déviations qui correspondent aux constitutions énumérées sont la tyrannie, déviation de la royauté, l‘oligarchie, de l’aristocratie, la démocratie, de la “politie. La tyrannie est une monarchie qui a pour objet l’intérêt du monarque; l’oligarchie a pour objet l’intérêt des riches; la démocratie, celui des pauvres; mais aucun de ces gouvernements ne vise à servir l’intérêt commun.”

Ci-dessous le même texte traduit différemment, à partir du §2 :


Les constitutions et leurs déviations.

août 4, 2009

Aristote ; Politique; Livre III; Chapitre IV et V

§ 7. Donc évidemment, toutes les constitutions qui ont en vue l’intérêt général sont pures, parce qu’elles pratiquent rigoureusement la justice. Toutes celles qui n’ont en vue que l’intérêt personnel des gouvernants, viciées dans leurs bases, ne sont que la corruption des bonnes constitutions ; elles tiennent de fort près au pouvoir du maître sur l’esclave, (1) tandis qu’au contraire la cité n’est qu’une association d’hommes libres.

§ 8. Après les principes que nous venons de poser, nous pouvons examiner le nombre et la nature des constitutions, et nous nous occuperons d’abord des constitutions pures ; une fois que celles-ci seront déterminées, on reconnaîtra sans peine les constitutions corrompues.

CHAPITRE V.

§ 1. Le gouvernement et la constitution étant choses identiques, et le gouvernement étant le maître suprême de la cité, il faut absolument que ce maître soit, ou un seul individu, ou une minorité, ou enfin la masse des citoyens. Quand le maître unique, ou la minorité, ou la majorité gouvernent dans l’intérêt général, la constitution est nécessairement pure ; quand ils gouvernent dans leur propre intérêt, soit dans l’intérêt d’un seul, soit dans l’intérêt de la minorité, soit dans l’intérêt de la foule, la constitution est déviée de son but, puisque de deux choses l’une : ou les membres de l’association ne sont pas vraiment citoyens ; ou, s’ils le sont, ils doivent avoir leur part de l’avantage commun.

§ 2. Quand la monarchie ou gouvernement d’un seul a pour objet l’intérêt général, on la nomme vulgairement royauté. Avec la même condition, le gouvernement de la minorité, pourvu qu’elle ne soit pas réduite à un seul individu, c’est l’aristocratie, ainsi nommée, soit parce que le pouvoir est aux mains des gens honnêtes, soit parce que le pouvoir n’a d’autre objet que le plus grand bien de l’État et des associés. Enfin, quand la majorité gouverne dans le sens de l’intérêt général, le gouvernement reçoit comme dénomination spéciale la dénomination générique de tous les gouvernements, et se nomme république. § 3. Ces différences de dénomination sont fort justes. Une vertu supérieure peut être le partage d’un individu, d’une minorité ; mais une majorité ne peut être désignée par aucune vertu spéciale, [1279b] excepté toutefois la vertu guerrière, qui se manifeste surtout dans les masses ; la preuve, c’est que, dans le gouvernement de la majorité, la partie la plus puissante de l’État est la partie guerrière ; et tous ceux qui ont des armes y sont citoyens.

§ 4. Les déviations de ces gouvernements sont : la tyrannie, pour la royauté ; l’oligarchie, pour l’aristocratie ; la démagogie, pour la république. La tyrannie est une monarchie qui n’a pour objet que l’intérêt personnel du monarque ; l’oligarchie n’a pour objet que l’intérêt particulier des riches ; la démagogie, celui des pauvres. Aucun de ces gouvernements ne songe à l’intérêt général.

(1) un despote est un maître d’esclaves.

http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/politique3.htm#VII

Livre IV Chapitre II-1

« Dans notre première enquête sur les constitutions nous avons distingué, d’une part les trois constitutions correctes : royauté, aristocratie et politie; d’autre part, leurs déviations : la tyrannie : déviation de la royauté; l’oligarchie : déviation de l’aristocratie; la démocratie : (démagogie ?) déviation de la politie (république ?). »

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Comparaisons des traductions :

§ 2. Quand la monarchie ou gouvernement d’un seul a pour objet l’intérêt général, on la nomme vulgairement royauté. Avec la même condition, le gouvernement de la minorité, pourvu qu’elle ne soit pas réduite à un seul individu, c’est l’aristocratie, ainsi nommée, soit parce que le pouvoir est aux mains des gens honnêtes, soit parce que le pouvoir n’a d’autre objet que le plus grand bien de l’État et des associés. Enfin, quand la majorité gouverne dans le sens de l’intérêt général, le gouvernement reçoit comme dénomination spéciale la dénomination générique de tous les gouvernements, et se nomme république.

Autre traduction:

«3. Nous appelons d’ordinaire royauté celles des monarchies qui a en vue l’intérêt général et aristocratie, le gouvernement d’un petit nombre, mais non d’une seule personne, soit parce que les meilleurs ont le pouvoir, soit parce que leur pouvoir a pour objet le plus grand bien de la cité et de ses membres; quand la masse gouverne la cité en vue de l’intérêt général, on donne à ce gouvernement le nom de politie, qui est commun à toutes les constitutions

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remarque sur les traductions:

SUIVANT LES TRADUCTIONS on parle de politie ou de république, qui sont des synonymes, et de démocratie ou de démagogie, idem.

Une traduction dit : démocratie déviation de la politie.

Une traduction dit: démagogie déviation de la république.

Déviation : la traduction peut être corruption

Distinctions

août 4, 2009

§ 7. Mais la raison nous dit assez que la domination de la minorité et celle de la majorité sont choses tout accidentelles, celle-ci dans les oligarchies, celle-là dans les démocraties, parce que les riches forment partout la minorité, comme les pauvres forment partout la majorité. Ainsi, les différences indiquées plus haut ne sont pas de véritables difficultés. Ce qui distingue essentiellement la démocratie et l’oligarchie, c’est la pauvreté et la richesse ; et partout où le pouvoir est aux riches, majorité ou minorité, c’est une oligarchie ; partout où il est aux pauvres, c’est une démagogie. Mais il n’en est pas moins vrai, je le répète, que généralement les riches sont en minorité, les pauvres en majorité. La richesse n’est qu’à quelques-uns, mais la liberté est à tous. Ce sont-là, du reste, les causes des dissensions politiques entre les riches et les pauvres.

http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Aristote/politique3.htm#VII

Normalement nous serions en république ou politie:

«Quand la majorité gouverne dans le sens de l’intérêt général, le gouvernement reçoit comme dénomination spéciale la dénomination générique de tous les gouvernements, et se nomme république»

Mais :

«Partout où le pouvoir est aux pauvres, c’est une démagogie.»

=> Lorsque la droite est au pouvoir, sommes-nous en république, en démocratie ou en oligarchie ?

=> Lorsque la gauche gouverne, sommes-nous en république, en démocratie ou en démagogie ?

République : la masse gouverne dans l’intérêt général.

Oligarchie : les riches gouvernent.

Démocratie : le pouvoir appartient au peuple.

Démagogie : les pauvres gouvernent.

La république bananière Française

août 4, 2009

S’il n’y a jamais eu de menace fasciste en France, s’il n’y avait qu’un parti populiste représenté par le FN, comment se fait-il que  la France entière ait retenti du retour de la bête immonde, des Salauds du FN, de la résurrection du Nazisme ?

Comment cela est-il possible, si TOUS les médias ne s’en étaient fait l’écho auprès de l’opinion publique ?

S’il n’y avait pas de menace fasciste, faut-il en conclure que les journalistes, particulièrement ceux de France Télévision, sont des menteurs ?

Faut-il en conclure que nous ne sommes pas en démocratie, mais dans une république bananière  ?

Faut-il en conclure que les journalistes sont en réalité des hommes de paille des politiques, instrumentalisant les médias pour leur profit ?

En réalité, tout ceci a pour but de faire croire aux français que les patriotes sont un danger; de leur faire éprouver de la crainte afin qu’ils se détournent du FN, perçu comme une menace. Une menace, oui, mais une menace électorale, et pour la gauche uniquement.

FRANCE nouveau drapeau

Les insinuations qui font le plus de mal

août 4, 2009

Les déclarations de Pierre Moscovici

« Marine veut participer à la droitisation de la vie politique française »

Convaincu que « Marine Le Pen est plus dangereuse que son père », Pierre Moscovici met en garde contre l’avancée de l’extrême droite dans le pays : « Elle a moins de talent que lui, moins de facilité oratoire, une rhétorique plus plate. Mais ce n’est pas du tout la même logique. Jean-Marie Le Pen a vécu, en près de 60 ans de politique, dans la marge ; il assumait la fonction « tribunicienne » : je râle, je gueule, je proteste contre le système… Elle, est très différente : elle se débarrasse de certaines outrances, négationniste par exemple. Elle est tout aussi extrémiste sur le plan des idées. Et par ailleurs, elle a envie de participer au pouvoir et à la droitisation de la vie politique française. Et de ce point de vue là, je me réjouis que l’UMP ne tombe pas dans le panneau et ne dise pas : PS, FN, blanc bonnet, bonnet blanc.
Bien sûr, je souhaite ardemment une victoire de la gauche. Et aussi des républicains. Mais si ça se produit, il ne faut pas se dire : ouf, c’est fini, c’est un soulagement, un épiphénomène. Attention, les idées d’extrême droite ne sont pas mortes en France. »

http://www.rmc.fr/edito/info/82490/moscovici-marine-le-pen-plus-dangereuse-que-son-pere/

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Pour Pierre Moscovici, Marine Le Pen serait dangereuse, même « plus dangereuse que son père. » Il insinue qu’elle serait plus dissimulée, perfide, extrêmiste, elle cacherait son jeu, et serait une menace.

En réalité ni le FN ni Marine Le Pen ne sont des dangers pour personne, ha si, pour leurs adversaires politiques, ils pourraient les priver de leurs mandats et de leurs ambitions. Tout ceci n’est que le « cinéma antifasciste » qui continue; Rappelons les règles de Rhétorique  :

« Nous obtiendrons la bienveillance en parlant de nos adversaires, lorsque nous en ferons des objets de haine, d’envie ou de mépris : de haine, en signalant dans leur conduite quelque trait d’infamie, d’orgueil, de perfidie. »

«Le sujet lui-même appellera la bienveillance, quand nous exalterons la bonté de notre propre cause en méprisant celle de nos adversaires.»

«V. Pour attirer la bienveillance en parlant de nous-même, nous ferons un éloge modeste de nos services; nous rappellerons notre conduite envers la république, envers nos parents, nos amis ou ceux même qui nous écoutent, pourvu que tous ces souvenirs se lient à notre cause.»

Cet article plus bas:  https://antidragon.wordpress.com/2009/08/03/se-concilier-la-bienveillance/

Si le FN et ses leaders sont extrêmistes, alors Monsieur Moscovici doit aussi condamner l’état d’Israel et les Israéliens !

Les idées dîtes d’extrême droite n’ont rien d’extrême, Monsieur Moscovici défend certainement l’état d’Israel : un territoire dont les juifs ont fait une patrie, un endroit où vivre en paix et en sécurité; et  il voudrait retirer ce même droit aux Français ?

Liste des passions

août 4, 2009

Voici selon Aristote la liste des passions qu’il est utile d’exciter, le détail de chacune de ces passions et la façon de l’exciter sera exposé selon les recherches ultérieures :

Le titre du paragraphe qu’il consacre à chacune d’entre elles :

De la colère

Du calme

De l’amitié et de la haine

De la crainte de de la confiance

Quelle sorte de choses, quelles personnes, en quel habitus (1) l’on craint, voilà qui deviendra évident par ce qui suit. Admettons donc que la crainte est une peine et un trouble consécutifs à l’imagination d’un mal à venir pouvant causer destruction ou peine : car on ne craint pas tous les maux, par exemple d’être injuste ou lent d’esprit, mais seulement ceux qui peuvent amener peine graves ou destructions, encore faut-il que ces maux apparaissent non pas éloignés, mais proches et imminents. Car l’on ne craint pas ceux qui sont très lointains, tous les hommes savent, en effet, qu’ils mourront; mais la mort n’étant pas proche, ils n’en ont aucun souci.

(1) habitus: Etat d’esprit, façon d’être habituelle.

De la honte et de l’impudence

De l’obligeance

De la pitié

De l’indignation

De l’envie

De l’émulation et du mépris

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Aristote traite à part l’épidictique, le discours qui traite de la façon de faire un éloge ou un blâme, (le beau et le laid; le vice et la vertu), on pourrait ajouter :

La passion de l’honneur et de la honte.

Ou pour dire les choses autrement : comment flatter, quels ressorts doit-on faire agir pour flatter ? Pour la honte ce sera l’inverse, les deux mots sont des inverses, même racine.