Archive pour août 3rd, 2009

Buts de la rhétorique

août 3, 2009

Rhétorique à Hérénius

Car vraiment, il y a des avantages appréciables à savoir parler avec abondance, à être maître de sa parole lorsque c’est un jugement droit, (à être maître) du tact et de la méthode qui règlent l’emploi de ces qualités.

Le devoir de l’orateur est d’être en état de parler sur tout ce qui, de  par la coutume ou la loi, touche les rapports entre les citoyens, et de le faire en se conciliant, du mieux qu’il peut, l’assentiment de l’auditeur.

A compléter

Rhétorique à hérénius Ciceron

août 3, 2009

Synopsis du début du livre

Il y a trois genres de causes :

– Démonstratif – Délibératif – Judiciaire.

Cinq qualités de l’orateur :

– L’invention – La disposition –  L’élocution  – La mémoire-  L’action.

Trois moyens de les acquérir :

– Théorie – Imitation – Exercice.

Six parties dans un discours :

– Exorde – Narration – Division – Confirmation – Réfutation – Péroraison.

Quatre genres de la cause :

– Noble – Honteux – Douteux – Bas.

Deux sortes d’exorde :

– Direct – Par insinuation.

Trois cas où l’on ne peut employer l’exorde direct:

–  Si la cause a quelque  chose de honteux. – Si l’auditoire est gagné d’avance. – Si l’attention de l’auditoire est fatiguée.

Trois façons de préparer l’esprit des auditeurs :

– Eveiller leur attention, leur intérêt, leur sympathie.

Quatre moyen de se concilier leur sympathie :

– Parler de nous – Eloge – Parler de nos adversaires – Blâme. – Parler de nos auditeurs – Eloge. – Parler des faits même de la cause.

Trois genres de narration :

– 1) Exposé des faits – 2) Celle qui prépare à autre chose – 3)  Etrangère aux causes réelles :  elle a deux espèces: A) Relatives aux faits, elle a trois parties: le récit légendaire, l’histoire, la fiction, B) Relatives aux personnes : présenter les traits de caractère.

Trois qualités dans la narration:

– Brièveté – Clarté – Vraisemblance.

L’exorde

août 3, 2009

Cicéron; de l’invention :


«XV. L’Exorde est cette partie du discours où l’on essaye de préparer favorablement l’auditeur. On y réussit quand on parvient à lui inspirer de la bienveillance, de l’attention, de l’intérêt. Aussi l’orateur, pour faire un bon exorde, doit-il connaître parfaitement la nature de sa cause. Les causes sont honnêtes, extraordinaires, honteuses, douteuses ou obscures. La cause est honnête, quand l’auditoire est, de lui-même, et avant que nous prenions la parole, prévenu en notre faveur; extraordinaire, quand les esprits sont indisposés contre nous ; honteuse , si l’auditeur la dédaigne et n’y attache pas grand intérêt; douteuse, si le point à juger est incertain, ou si la cause, tout à la fois honnête et honteuse, prévient également pour et contre elle; obscure enfin, si elle se refuse à l’intelligence des auditeurs, ou si la multiplicité des incidents y répand de la confusion. Chacun de ces genres de causes si différents demande donc un exorde différent. Et d’abord, nous distinguerons en général deux sortes d’exordes : l’exorde direct, et l’exorde par insinuation. Le premier cherche ouvertement, et dès les premières paroles, à disposer l’auditoire à la bienveillance, à l’attention et à l’intérêt. L’insinuation se cache avec adresse, et, par des détours presque inaperçus, se glisse dans l’esprit de l’auditeur.
Dans une cause extraordinaire, si les esprits ne sont pas tout à fait indisposés contre vous, tâchez de vous les rendre favorables par l’exorde direct. Sont-ils violemment animés, vous êtes forcé de recourir & l’insinuation; car demander ouvertement à un homme encore irrité son indulgence et son amitié, c’est le plus sûr moyen, non seulement d’être refusé, mais de l’irriter encore et d’enflammer sa haine. Dans une cause honteuse, pour éloigner le mépris, il faut fixer l’attention de l’auditeur. La cause est-elle douteuse, si le point à juger est incertain, commencez par le point à juger; si elle est tout à la fois honnête et honteuse, pour vous concilier la bienveillance, ne la montrez que sous le jour le plus avantageux. Dans une cause honnête, vous pouvez omettre l’exorde, ou si vous le jugez à propos, commencer par la narration, par la citation de la loi, ou par quelque raisonnement solide pour appuyer vos paroles; ou, si vous voulez un préambule, employez les moyens de bienveillance pour achever de gagner votre auditoire. Dans une cause obscure, que l’exorde direct rende d’abord les esprits dociles et attentifs.»

http://remacle.org/bloodwolf/orateurs/invention1.htm

Rhétorique à Hérénius

IV. Il conviendra, par conséquent, que l’exorde soit approprié au genre de la cause. Il y a deux sortes d’exordes : le simple début, que les Grecs appellent προομιον, et celui qui se fait par insinuation, qu’ils nomment φοδος. L’exorde n’est qu’un simple début quand, dès l’abord, nous disposons l’esprit de l’auditeur à nous écouter; il a pour objet de nous le rendre attentif, docile, bienveillant. Si notre cause est douteuse, afin d’empêcher que ce qu’elle a de honteux ne puisse nous nuire, nous commencerons par attirer la bienveillance. Si elle est du genre bas, nous exciterons l’attention; si elle est honteuse, il faudra recourir à l’insinuation, dont il sera parlé tout à l’heure, à moins que nous n’ayons trouvé le moyen de capter la bienveillance en incriminant notre adversaire. Si elle est honnête, nous pourrons indifféremment faire usage du simple début, ou nous en passer. Si nous voulons l’employer, il faudra montrer en quoi la cause est honnête, ou bien exposer en peu de mots notre sujet. Si nous y renonçons, il sera nécessaire de faire valoir, en commençant, une loi, un écrit, ou quelque autre circonstance capable d’offrir à notre cause l’appui d’un argument irrésistible.

http://remacle.org/bloodwolf/orateurs/herennius1.htm

***

Les quatre genres de la cause : Noble – Honteux – Douteux – Bas.

Noble: honnête, louable, digne d’être défendu.

Honteux : extraordinaire ou malhonnête, indigne, ne pouvant être défendu publiquement.

Douteux : lorsqu’il y a un mélange de noble et de honteux.

Bas : humble, sans intérêt.

Il y a des contradictions ou des ambiguités suivants les livres et les traductions.

Buts de l’exorde

août 3, 2009

1) Capter l’intérêt

Puisque nous voulons captiver l’intérêt, la bienveillance et l’attention de l’auditeur, nous allons indiquer les moyens d’y parvenir. Nous pourrons captiver son intérêt, si nous savons exposer rapidement le fond de la cause, et fixer son attention; car c’est nous témoigner de l’intérêt que de consentir à nous écouter. Nous commanderons l’attention en promettant de parler de choses importantes, nouvelles, extraordinaires, ou de faits qui regardent l’Etat ou l’auditoire lui-même, ou bien le culte des dieux immortels, en priant que l’on nous écoute avec soin, et en faisant l’énumération des points que nous allons traiter. Quant à la bienveillance, il y a quatre moyens de se la concilier, c’est de parler, ou de soi, ou de ses adversaires, ou de ses auditeurs, ou de la cause elle-même.

http://remacle.org/bloodwolf/orateurs/herennius1.htm

Se concilier la bienveillance / la sympathie

août 3, 2009

Rhétorique à Hérénius

Quant à la bienveillance (1) , il y a quatre moyens de se la concilier, c’est de parler, ou de soi, ou de ses adversaires, ou de ses auditeurs, ou de la cause elle-même.

V. Pour attirer la bienveillance en parlant de nous-même, nous ferons un éloge modeste de nos services; nous rappellerons notre conduite envers la république, envers nos parents, nos amis ou ceux même qui nous écoutent, pourvu que tous ces souvenirs se lient à notre cause. Nous pourrons tracer aussi le tableau de nos disgrâces, de nos besoins, de notre abandon, de nos malheurs; supplier les auditeurs de nous prêter secours, en leur témoignant que nous n’avons pas voulu placer en d’autres nos espérances. Nous obtiendrons la bienveillance en parlant de nos adversaires, lorsque nous en ferons des objets de haine, d’envie ou de mépris : de haine, en signalant dans leur conduite quelque trait d’infamie, d’orgueil, de perfidie, de cruauté, de présomption, de malice, de perversité, d’envie; en produisant au grand jour leur violence, leur tyrannie, leurs intrigues, leur opulence, leurs dérèglements, l’abus qu’ils font de leur noblesse, le nombre de leurs clients, de leurs hôtes, leurs liaisons, leurs alliances, et en prouvant qu’ils mettent plus de confiance dans ces avantages que dans la justice de leur cause; enfin, de mépris, en dévoilant leur ignorance, leur lâcheté, leur mollesse, leurs excès. On pourra se concilier la bienveillance en parlant des auditeurs, par l’éloge du courage, de la sagesse, de la douceur, de l’éclat de leurs jugements; par la considération de l’estime qu’ils vont mériter, de l’attente qu’ils doivent remplir. Le sujet lui-même appellera la bienveillance, quand nous exalterons la bonté de notre propre cause en méprisant celle de nos adversaires.

(1) dans une autre traduction, la bienveillance est appelée sympathie

http://remacle.org/bloodwolf/orateurs/herennius1.htm