Les quatres constitutions.

Aristote   384-322 av. J.-C;  Rhétorique. Livre I, 8

« I. La condition la plus importante, la principale pour pouvoir persuader et délibérer convenablement, c’est de connaître toutes les espèces de gouvernement et de distinguer les moeurs, les lois et les intérêts de chacun d’eux.


II. En effet, tout le monde obéit à la considération de l’utile; or il y a de l’utilité dans ce qui sert à sauver l’Etat. De plus, l’autorité se manifeste de par celui qui la détient; or les conditions de l’autorité varient suivant la forme de gouvernement. Autant d’espèces de gouvernement, autant d’espèces d’autorité.


III. Il y a quatre espèces de gouvernement : la démocratie, l’oligarchie, l’aristocratie, la monarchie; de sorte que l’autorité qui gouverne et celle qui prononce des jugements se composent toujours d’une partie ou de la totalité des citoyens.


IV. La démocratie est le gouvernement dans lequel les fonctions sont distribuées par la voie du sort; l’oligarchie, celui où l’autorité dépend de la fortune ; l’aristocratie, celui où elle dépend de l’éducation;  […] La monarchie, comme son nom l’indique aussi, est le gouvernement où un seul chef commande à tous. Il y a [1366a] deux monarchies : la monarchie réglée, ou la royauté, et celle dont le pouvoir est illimité, ou la tyrannie.


V. On ne doit pas laisser ignorer la fin de chacune de ces formes gouvernementales, car on se détermine toujours en vue de la fin proposée. La fin de la démocratie, c’est la liberté; celle de l’oligarchie, la richesse; celle de l’aristocratie, la bonne éducation et les lois; celle de la tyrannie, la conservation du pouvoir. II est donc évident qu’il faut distinguer les moeurs, les lois et les intérêts qui se rapportent à la fin de chacun de ces gouvernements, puisque la détermination à prendre sera prise en vue de cette fin.


VI. Comme les preuves résultent non seulement de la démonstration, mais aussi des moeurs (et en effet, nous accordons notre confiance à l’orateur en raison des qualités qu’il fait paraître, c’est à dire si nous voyons en lui du mérite, ou de la bienveillance, ou encore l’un et l’autre), nous devrions nous mêmes posséder la connaissance du caractère moral propre à chaque gouvernement; car le meilleur moyen de persuader est d’observer les moeurs de chaque espèce de gouvernement, suivant le pays où l’on parle. Les arguments seront produits sous une forme en rapport avec les mêmes (moeurs). En effet, les moeurs se révèlent par le principe d’action; or le principe d’action se rapporte à la fin (de chaque gouvernement).

viaAristote 33 vmc : Démocratie, oligarchie, aristocratie, monarchie, tyrannie [Rhéto.L I, 8] – Archipope Philopolis.

Définition de la république: Googlebook Politique, Aristote; page 147 :

Un autre éditeur donne la traduction de politie à la place de république.

Aristote définie bien la politie comme un gouvernement en vue du bien général et non d’un seul, d’une minorité (comme dans l’oligarchie) ou d’une majorité.  ( relative ou au delà de 51%.)

http://books.google.fr/books?id=KzgLAAAAQAAJ&pg=PA517&dq=aristote+politique#v=onepage&q=&f=false

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