La Loi du cœur

La Loi du cœur est une Loi qui détermine une culpabilité par transgression.

Cette Loi présente trois aspects, l’une est une passion : le sentiment de pitié que chacun éprouve face à des malheurs survenant à des personnes ne les méritant pas. L’autre est une sensiblerie, une faiblesse de cœur face à une souffrance ressentie par empathie. La Loi du cœur étant incapable de surmonter cette souffrance, procède à une inversion de la charge de l’obligation ; d’elle-même aux pouvoirs publics qui doivent immédiatement faire cesser la souffrance dont elle est témoin.

Cette loi du cœur est bien pratique pour nos journalistes. Il leur suffit de montrer à la TV des personnes dans des situations de détresse avec des enfants, pour qu’aussitôt « les lois du cœur » du pays se mobilisent et exigent de la puissance publique qu’elle mette tout en œuvre pour apporter une réponse  » humaine » à la souffrance constatée.

Pour la Loi du cœur, c’est aussi le devoir de chaque citoyen, et gare à qui s’y refuserait car cette Loi impose l’obligation d’aider et de compatir à toute souffrance humaine. Celui qui s’y refuse est  un salaud indigne du nom d’homme ou de femme, qui DOIT être traité comme le dernier des  scélérats sur terre.

Vous DEVEZ, c’est un impératif catégorique, être non seulement en empathie, mais mettre en œuvre toute votre énergie pour faire cesser la souffrance que vous constatez.

La Loi du cœur est dans l’immédiateté de son ressenti, le ici et maintenant, elle ne réfléchit pas : elle voit une situation qu’elle juge insupportable et elle exige la cessation immédiate de cette situation. Elle ne cherche pas à connaître les raisons qui ont conduit à la situation déplorée, elle ne se pose pas la question de la possibilité ou de l’impossibilité des moyens à mettre en  œuvre pour la réalisation de ses exigences, non IL FAUT et c’est tout !

Elle ressemble à la Loi chrétienne:  » Ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrai pas qu’il te fasse. » Car la loi du cœur s’imagine à la place de la personne souffrante, et s’indigne qu’on ne fasse rien pour elle. Mise en face d’un criminel ayant commis d’horribles crimes, elle ne pourra ni le juger ni le condamner parce qu’elle s’imaginerait à sa place sur la chaise électrique : le pauvre homme !

C’est un concentré d’inepties puisqu’elle ne tient aucun compte des réalités. Lorsqu’elle est mise face à ses contradictions, à sa folie, elle réagit comme Chistine Angot se mettant la tête entre les mains:  » Mais c’est pas possible de dire ça, mais c’est pas possible ! » : Elle s’infatue !

C’est l’abbé Pierre se scandalisant des situations de pauvreté sans égard de considération économique, de couleur de peau, de nationalité ou d’origine : «  Mais c’est pas possible de dormir dehors au XX° siècle ».  Bové, Conh Bendit, Charlotte C, Clémentine Autain, Balasko, les philosophes allumés, les défenseurs des petits oiseaux, ont quelque chose qui tient de la loi du cœur dans l’infatuation dans laquelle on les voit

Dans son troisième aspect, cette Loi du cœur s’imagine en Robin des bois, en justicier du peuple, en redresseur de torts. Elle est capable de commettre des crimes pour faire cesser les injustices qu’elle constate, les extrémistes de gauche pourrait s’y trouver : les Ménigon, Jean Marc Rouillan et autres brigades rouges, peut-être aussi les premiers Bolchevicks….

Selon Lacan «  le fou ne reconnaît pas ses propres productions comme étant siennes »,  c’est une révolte violente contre un désordre qu’on a mis en place tout en se plaignant, le dénonçant et s’en indignant.

Les personnes qui sont dans la loi du cœur sont sincères et convaincantes, elles sont très utiles aux journalistes lorsqu’elles vont dans le sens de leur idéologie : en faveur des immigrés illégaux, des sans papiers. Elles finissent discréditées, mais le temps durant lequel le public s’étonne et comprend, est mis à profit pour manipuler l’opinion. La Loi du cœur qui se prend pour une belle âme, généreuse et désintéressée, en lutte contre ce monde cruel, pour cette humanité souffrante et abusée, contre ces méchants capitalistes : «ces prêtres ripailleurs qui se dédommagent de leur abaissement en pratiquant eux-mêmes l’abaissement et l’oppression», n’a pas conscience de servir leurs intérêts.

C’est une Loi impérieuse qui tyrannise ceux qu’elle occupe, et les pousse à tyranniser ceux qui n’en sont pas l’objet, en s’indignant de l’injustice d’y être soumis alors que d’autres n’y sont pas.

« Animum rege qui nisi paret , imperat »

Domine ton cœur, qui, s’il n’obéit pas commande.

Virgile cité par Casanova qui ajoute, le cœur est comme un tyran qui s’il n’obéit pas….

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