Des mœurs considérées dans l’orateur.

89. Les mœurs considérées dans l’orateur consistent dans les qualités propres à lui concilier l’estime et l’affection, et à donner de son caractère une opinion favorable. Sans cette estime et cette affection, l’orateur court le risque d’échouer, même avec les meilleures raisons.

91. les principales qualités morales qui conviennent à l’orateur sont la probité, la prudence, la bienveillance et la modestie.

92. La probité consiste dans une certaine droiture de cœur qui fait que nous ne voulons tromper personne, Cicéron et Quintilien établissent en divers endroits la nécessité de cette vertu. Il importe beaucoup en effet, qu’on regarde l’orateur comme un homme vrai et sincère : c’est ce qui inspire la confiance et subjugue les cœurs. L’éloquence dit Fénelon, demande qu’on soit homme de bien et cru tel.

93. La prudence qu’on devrait plutôt nommer science ou sagesse, est un fond de bon sens et de lumières qui empêche l’orateur de tomber dans l’erreur et l’illusion.   [ Selon Aristote, la prudence est la disposition qui permet de bien choisir entre le bien et le mal pour soi-même. Elle est voisine de l’intérêt personnel ; La foule veut qu’on s’en préoccupe comme elle le fait elle-même.]

94. La bienveillance consiste dans le zèle que montre l’orateur pour les intérêts de ceux qui l’écoutent. Si l’orateur paraît nous vouloir notre bien et chercher notre avantage, il nous plaira et nous serons volontiers de son avis. Car nous sommes portés à croire ceux que nous aimons.

95. L’orateur est modeste lorsqu’il paraît s’oublier lui-même pour ne s’occuper que de son sujet.  ( Dans la partie sur l’exorde : 164. Vous pouvez montrer une certaine défiance de vos forces, et même de l’inquiétude en face du péril ; point de vanité ni d’ostentation. )

97. Pour montrer qu’il possède ces vertus, l’orateur se gardera bien de le dire en termes formels. Qu’il soit vraiment probe, prudent, bienveillant et modeste : ces vertus prêteront du charme à ses discours et viendront d’elles-mêmes se peindre dans son langage. «  Il y a, dit Chateaubriand, des délicatesses et des mystères de langage qui ne sont révélés que par le cœur et que n’enseignent pas les préceptes de rhétorique. »

Cours élémentaire de rhétorique. M l’abbé de Verniolles P 42 à 47

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