2 – L’opinion publique est une foule

Le suivisme et l’opinion publique.

*

La foule accède à la vérité de deux façons paradoxales, la première c’est en s’écoutant elle-même ; elle considère en effet l’air du temps comme une vérité d’église et celui qui ose la contredire est un blasphémateur.

En général, pour la foule, est vérité ce qu’elle entend le plus souvent, si donc une opinion est répétée inlassablement sans être contredite, elle prend un caractère de vérité. Lorsque cette opinion est admise par la majorité, elle devient un dogme sacré auquel la foule adhère et qu’elle défend avec acharnement : une doxa.

Sa seconde façon d’accéder à la vérité est celle-ci :

« La plupart des individus, dans les masses populaires surtout, ne possédant en dehors de sa spécialité, aucune idée nette et raisonnée, sont incapables de se conduire. Le meneur leur sert de guide. Il peut être remplacé à la rigueur par ces publications périodiques qui fabriquent des opinions pour leurs lecteurs et leur procurent des phrases toutes faites les dispensant de réfléchir. »

Aujourd’hui, ce ne sont plus les journaux écrits qui fabriquent de l’opinion, mais les médias TV et ses leaders : journalistes, présentateurs, élus politiques les plus présents sur les plateaux TV. Ces leaders déterminent une morale, une considération du Bien et du Mal, un politiquement correct : une opinion majoritaire.

C’est cette opinion commune que la foule prend pour vérité.

En résumé, l’opinion publique est simpliste, conformiste, passive, suiviste, naïve comme «  le mouton qui va sur la foi d’autrui » et pourtant, extrêmement puissante :

« Quant aux hommes d’état, loin de la diriger, ils ne cherchent qu’à la suivre. Leur crainte de l’opinion va parfois jusqu’à la terreur et ôte toute fixité à leur conduite. »

C’est elle qui fait les hommes politiques, qui donne les postes de député, de sénateur, de maire. Sa puissance induit un transfert de pouvoir, des politiques vers ce qui leur est supérieur : les médias. Ceux-ci se retrouvent en tête des pouvoirs dans le champ politique car ils déterminent l’opinion qui fait et défait les hommes politiques.

Les citations sont de Gustave  Lebon ;  Psychologie des foules

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