Archive pour juin 8th, 2009

6 – L’opinion publique est une foule

juin 8, 2009

La légitimité des médias

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La démocratie est conditionnée par le respect de la Déclaration des droits de l’homme. L’individu a des droits face aux pouvoirs en place : politiques, fonctionnaires, police, gouvernement. Ces autorités ne sont pas toutes puissantes, mais sont soumises au respect d’un certain nombre de règles ; La liberté d’expression et d’opinion est l’une de ces règles :

Art 11 de la DDH :de 1789  .- la libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’homme ; tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi.-

Actuellement la liberté d’expression est confisquée par quelques journalistes choisis à l’intérieur d’un petit groupe restreint ; Ils ne sont pas représentatif de la population mais disposent néanmoins d’un pouvoir énorme, celui de faire l’opinion. Or ces journalistes ont-ils été élus ? Sont-ils des représentants du peuple français ? Au nom de qui parlent-ils ? De quel droit imposent-t-ils des opinions ? De quel droit décident-t-ils qui à le droit de s’exprimer et qui ne l’a pas ?

Ainsi est posé le problème d’une société qui se dit démocratique tout en refusant à une partie de son peuple le droit à la parole. Il ne suffit pas de déclarer verbalement que chacun est libre de s’exprimer, sans lui en donner les moyens. Il ne suffit pas de déclarer que la liberté d’expression entre dans le cadre de : « l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi. » Car ce sont les mêmes politiques qui votent les lois.

–  Ils décident donc de ce qui peut se dire ou non

–  Ils nomment les journalistes

–  Ils orientent l’opinion publique dans le sens qui leur convient.

S’ils respectent la DDH dans la forme, ils n’en respectent pas l’esprit.

Par définition, une société qui ne respecte pas la liberté d’expression de ses citoyens, n’est pas une démocratie, mais une dictature ou une tyrannie.

La France, en reniant ses principes fondateurs, se délégitimise, et à travers elle ses représentants : hommes politiques, éducateurs, juges, policiers, journalistes. Lorsque le château de cartes médiatique s’effondrera, c’est toute la chaîne d’autorité qui suivra  le même chemin.

5 – L’opinion publique est une foule

juin 8, 2009

Les médias font l’élection

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Tout d’abord, ils imposent un discours dominant structurant la réalité par la répétition de certains mots ou leur interdiction. Les concepts connotés positivement sont privilégiés. Par  exemple on parlera de « diversité » et non d’« immigration »

Mais l’influence principale des médias s’exerce surtout dans le choix des personnes invitées sur les plateaux TV. Le seul fait de ces invitations influence l’opinion publique de deux façons ; D’abord elles « adoubent » les personnalités invitées, c’est-à-dire elles les rendent légitimes représentantes des français, et ensuite elles les « empowèrent », elles les revêtent d’un pouvoir qui semble légitime et naturel à l’opinion publique, celle-ci étant simpliste, primaire et binaire, comme déjà dit.

Le degré de popularité acquis est fonction de la fréquence des invitations TV ainsi que de l’accueil des journalistes, sympathie ou hostilité. Plus une personne est présente dans les médias et plus sa cote de popularité monte :

«  The more i see you the more i want you »

« Plus je te vois, plus je t’aime »

Les résultats électoraux sont une fonction mathématique du temps de  présence TV, la foule vote pour les gens QU’ELLE VOIT sans autre motif, pourrait-on dire.

Les médias disposent d’un autre pouvoir : celui de choisir à l’intérieur des partis, les responsables politiques qu’ils invitent. Des passages TV réguliers font monter les cotes de popularité et favorisent les prises de pouvoir à l’intérieur des partis respectifs.

La preuve « à contrario » de ce pouvoir se trouve dans  le  refus des médias d’inviter les représentants des partis qui leur déplaisent, le FN actuellement. Les journalistes ont bien compris que des invitations régulières adressées à Jean Marie Le Pen (ou un autre représentant de la même tendance politique), le ferait automatiquement monter dans les sondages et lui permettrait d’acquérir du pouvoir à travers les élections.

A ces refus d’invitation peuvent être associé des campagnes de dénigrement qui terrorisent la classe politique  et font sombrer les personnes visées dans les sondages.

Depuis trente ans, l’ensemble de ces manœuvres a tiré le pays, idéologiquement et politiquement, à gauche.

4 – L’opinion publique est une foule

juin 8, 2009

La création de l’opinion publique.

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A qui s’adresse les médias ? A qui parlent-ils ? Sinon à l’opinion publique !

Journalistes, politiques, philosophes, présentateurs télé, chanteurs, acteurs, ce sont les faiseurs d’opinion, les dieux dont la foule recueille pieusement la parole ; Ils font la pluie et le beau temps ;  Ils ont le pouvoir ; Ils sont légitimes (?) ; Ils ont du prestige ; Ils sont spécialistes ; Et surtout…ils occupent le terrain.

En démocratie le pouvoir est censé appartenir au peuple ; les médias devraient donc être les porte-parole du peuple. Or ce n’est pas le cas, car  on ne part pas du peuple pour recueillir sa pensée et s’en faire l’écho dans les médias, qui seraient alors représentatifs ; mais les médias reprennent une partie de l’opinion du public, la réinterprète dans le sens qui les arrange, puis la présente devant le peuple en lui disant : voici ce que tu penses ! Si cela fonctionne c’est que :

« La foule accède à la vérité en s’écoutant elle-même. »

L’opinion publique est donc la synthèse de la réalité quotidienne repeinte aux couleurs des médias.

Le peuple et les médias sont deux entités distinctes dont l’une se dit représentative de l’autre afin de faire croire qu’elles sont confondues, ce qui permet à l’une de se faire passer pour légitime et d’imposer au peuple une opinion en lui faisant croire que c’est la sienne.

Par cette substitution, par le contrôle de l’information, par l’imposition d’un discours dominant, les médias détiennent le pouvoir de faire l’opinion publique, de lui imposer de penser ce qu’ils désirent qu’elle pense.

Avec l’arrivée de la TV particulièrement, un nouvel intermédiaire ; un médiateur ; est apparut qui s’interpose entre le peuple et le pouvoir ; mais aussi entre le peuple et sa pensée.

3 – L’opinion publique est une foule

juin 8, 2009

La manipulation de l’opinion publique

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Elle obéit à quelques règles simples :

* S’adresser à ses sentiments :

« Les foules ne sont pas influençables par des raisonnements, et ne comprennent que de grossières associations d’idées. Aussi est-ce à leurs sentiments et jamais à leur raison que font appel les orateurs qui savent les impressionner. Les lois de la logique rationnelle n’ont aucune action sur elles. »

* Insister, se répéter :

« La foule n’étant impressionnée que par les sentiments excessifs, l’orateur qui veut la séduire doit abuser des affirmations violentes. Exagérer, affirmer, répéter, et ne jamais tenter de rien démontrer par un raisonnement. »

* Séduire ; promettre :

« On doit d’abord et avant tout leur plaire. L’homme en foule à qui l’on plait est déjà presque convaincu, et tout disposé à considérer comme excellentes les raisons quelconques qu’on lui présentent. »

« L’électeur tient à voir flatter ses convoitises et ses vanités ; le candidat doit l’accabler d’extravagantes flagorneries, ne pas hésiter à lui faire les plus fantastiques promesses….Les réformes les plus considérables peuvent être promises sans crainte. Sur le moment ces exagérations produisent beaucoup d’effet, et pour l’avenir elles n’engagent à rien. »

* Agiter les fétiches. Les fétiches sont les mots connotés dont les éducateurs inspirent le respect dès la petite enfance ;  « La démocratie, la république, les lois, les droits de l’homme » et ainsi de suite :

« La raison et les arguments ne sauraient lutter contre certains mots et certaines formules. On les prononce avec recueillement devant les foules ; et aussitôt, les visages deviennent respectueux et les fronts s’inclinent. »

* Utiliser des Slogans. Ce sont des promesses répondant aux aspirations élémentaires de tout citoyen :

« Le candidat qui peut découvrir une formule neuve, bien dépourvue de sens précis, et par conséquent adaptable aux aspirations les plus diverses, obtient un succès infaillible….

Le vague même qui les estompe augmente leur mystérieuse puissance. »

Exemple ; «  Un monde plus juste et plus humain » «  une répartition équitable des richesse »  «  mettre l’homme au centre »  « la responsabilité citoyenne » «  la justice sociale »

La manipulation de l’opinion publique est donc extrêmement facile à mettre en œuvre… Que tout un chacun s’imagine directeur de chaîne TV.

« Les foules ont des opinions imposées, jamais raisonnées. »

Les citations sont de Gustave  Lebon ;  Psychologie des foules

2 – L’opinion publique est une foule

juin 8, 2009

Le suivisme et l’opinion publique.

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La foule accède à la vérité de deux façons paradoxales, la première c’est en s’écoutant elle-même ; elle considère en effet l’air du temps comme une vérité d’église et celui qui ose la contredire est un blasphémateur.

En général, pour la foule, est vérité ce qu’elle entend le plus souvent, si donc une opinion est répétée inlassablement sans être contredite, elle prend un caractère de vérité. Lorsque cette opinion est admise par la majorité, elle devient un dogme sacré auquel la foule adhère et qu’elle défend avec acharnement : une doxa.

Sa seconde façon d’accéder à la vérité est celle-ci :

« La plupart des individus, dans les masses populaires surtout, ne possédant en dehors de sa spécialité, aucune idée nette et raisonnée, sont incapables de se conduire. Le meneur leur sert de guide. Il peut être remplacé à la rigueur par ces publications périodiques qui fabriquent des opinions pour leurs lecteurs et leur procurent des phrases toutes faites les dispensant de réfléchir. »

Aujourd’hui, ce ne sont plus les journaux écrits qui fabriquent de l’opinion, mais les médias TV et ses leaders : journalistes, présentateurs, élus politiques les plus présents sur les plateaux TV. Ces leaders déterminent une morale, une considération du Bien et du Mal, un politiquement correct : une opinion majoritaire.

C’est cette opinion commune que la foule prend pour vérité.

En résumé, l’opinion publique est simpliste, conformiste, passive, suiviste, naïve comme «  le mouton qui va sur la foi d’autrui » et pourtant, extrêmement puissante :

« Quant aux hommes d’état, loin de la diriger, ils ne cherchent qu’à la suivre. Leur crainte de l’opinion va parfois jusqu’à la terreur et ôte toute fixité à leur conduite. »

C’est elle qui fait les hommes politiques, qui donne les postes de député, de sénateur, de maire. Sa puissance induit un transfert de pouvoir, des politiques vers ce qui leur est supérieur : les médias. Ceux-ci se retrouvent en tête des pouvoirs dans le champ politique car ils déterminent l’opinion qui fait et défait les hommes politiques.

Les citations sont de Gustave  Lebon ;  Psychologie des foules

1 – L’opinion publique est une foule

juin 8, 2009

Le simplisme de l’opinion publique.

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« Toutes les foules sont conservatrices, soumises et passives »

« La facilité avec laquelle certaines opinions deviennent générales tient surtout à l’impossibilité pour la plupart des hommes de se former une opinion particulière basée sur leurs propres raisonnements. »

La foule est un être collectif représenté par « la plupart des hommes » :

« On ne rencontre partout que des esprits faux, qui n’ont presque aucun discernement de la vérité ; qui prennent toutes choses d’un mauvais biais ; qui se payent des plus mauvaises raisons et qui veulent en payer les autres ; qui se laissent emporter par les moindres apparences ; qui sont toujours dans l’excès et dans les extrémités ; qui n’ont point de serres pour se tenir dans les vérités qu’ils savent, parce que c’est plutôt le hasard qui les y attache qu’une solide lumière ; ou qui s’arrêtent au contraire à leurs sens avec tant d’opiniâtreté, qu’ils n’écoutent rien de ce qui pourrait les détromper ; qui décident hardiment ce qu’ils ignorent, ce qu’ils n’entendent pas et que personne n’a peut-être jamais entendu ; qui ne font point de différence entre parler et parler, ou qui ne jugent de la vérité des choses que par le ton de la voix : celui qui parle facilement et gravement a raison ; celui qui a quelque peine à s’expliquer, ou qui fait paraître quelque chaleur, a tort. Ils n’en savent pas davantage.
C’est pourquoi il n’y a point d’absurdités si insupportables qui ne trouve des approbateurs. Quiconque a dessein de piper le monde, est assuré de trouver des personnes qui seront bien aise d’être pipées ; et les plus ridicules sottises rencontrent toujours des esprits auxquelles elles sont proportionnées » –  Logique de Port Royal -1664

La foule est donc composée de ces hommes : « qui n’ont point de serres pour se tenir dans les bornes de la vérité ». Ce n’est pas que ces hommes soient particulièrement stupides, c’est que leur intelligence est employée à d’autres domaines que la politique.
L’opinion publique est la voix de cette foule, c’est une entité simple facile à décrire :

« Plusieurs caractères spéciaux des foules, tels que l’impulsivité, l’irritabilité, l’incapacité de raisonner, l’absence de jugement et d’esprit critique, l’exagération des sentiments, et d’autres encore sont observables. »

Cette foule n’ayant aucun moyen pour se faire son propre jugement prend pour vérité ce qu’elle entend le plus souvent, c’est pourquoi :

« L’affirmation pure et simple, dégagée de tout raisonnement, constitue un moyen sûr et simple de faire pénétrer une idée dans l’esprit des foules. Plus l’affirmation est concise, dépourvue de preuves et de démonstration, plus elle a d’autorité. »

Cette simplicité de la foule la rend facile à manipuler !

Les citations sont de Gustave Lebon ; Psychologie des foules